samedi 1 décembre 2012

Notre numéro Un mondial.


(Selon wikipédia)
En 1875, après une soixantaine d’années de travail, Henri Nestlé vend son bébé à des gens du coin.
Une S.A. est constituée, et la société devient : « Farine lactée Henri Nestlé ».
L’essor est considérable et très vite les petites boîtes de lait en poudre se vendent comme des petits pains. 500'000 par année, essentiellement dans les pays européens.
En 1905 la Société fusionne avec l'Anglo-Swiss Condensed Milk Co. Cette fusion sera la première d'une longue et interminable série de rachats, d’absorptions de fabriques et de sociétés soit concurrentes, ou pouvant permettre au futur ogre d'accroître son contrôle sur l'alimentation mondiale

En Suisse, l’implantation tentaculaire du groupe est modestement résumée par wiki en 10 sites différents :
Vevey pour le siège principal et mondial ;
Bursins, Orbe, Broc, Konolfingen, Wangen, Bâle, Hirzel et Rorschach étant présentés comme des sites de production-vente avec un zeste d’administratif, et un site de recherche installé à Vers-Chez-Les-Blancs sur les hauts de Lausanne.
A cela vous pouvez rajouter des bâtiments à : La Tour-de-Peilz (Nestlé Suisse avec agrandissement prévu prochainement et un centre de formation construit sur les ruines de la villa ‘’Cailler’’) et Clarens ; Pully, Paudex et Bussigny (qui cacherait un centre informatique). Une construction agendée du côté de Romont et certainement une adresse quelconque du côté de Zoug, vu que c’est dans ce canton qu’une plainte pénale a été déposée récemment contre la Société !
Rien qu’entre Vevey et Montreux, il n’y a pas moins de sept bâtiments squattés par les Nescafards. Un par kilomètre, en gros…

En essayant de trouver le nombre de place de travail que Nestlé offrait sur Vevey, je suis tombé sur un pdf de la société datant de 2010 (1). On y apprend, parmi tous plein de choses, que Nestlé est présent dans 16 cantons de Suisse ; que la société employait plus de 6'600 collaborateurs en Romandie, en 2010 ; mais  surtout que Nestlé se donne le titre de « Société multinationale payant le plus d’impôts en Romandie ».
Comprenez : Nestlé engage du personnel helvétique, qui touche un salaire et paie un impôt sur le revenu ; il est possible que la colonie d’expatriés qui fait escale quelques temps dans notre région soit taxée ‘’à la source’’ ; et enfin tous les commerçants, qui ont la chance et l’honneur de recevoir des nescafards dans leur modeste échoppe, payent également un impôt communal, cantonal et fédéral.

Sauf que quand vous faites des affaires avec la grande Société, vous n’êtes pas toujours gagnant.
Un pote garagiste, et petit concessionnaire installé à un jet de pierre du ‘’siège principal’’, a été contacté pour fournir à la vente un certain nombre de petit véhicule de complaisance pour les mercenaires chocolatiers. En calculant rapidement les conditions/prestations demandées par la grande boîte, mon pote devait faire une remise de près de 28% sur le prix de vente des véhicules… ! D’autres concessionnaires parlent eux de leasing à 0%.
C’est bien connu qu’en Suisse on se fait entuber avec le sourire, et que l’on paie pour ça.

Pour la majorité de nos autochtones veveysans, la présence du numéro Un de l’agroalimentaire mondial sur leur territoire serait une aubaine en ces temps difficiles. Les bâtiments de Nestlé accueilleraient environ 3'000 employés, soit un bon quart des places de travail recensées sur la commune de Vevey (+ de 11'000 postes). Sauf qu’en y regardant d’un peu plus près, ce ne sont pas 3'000 veveysans qui bossent pour la Tribu de Brabeck.
L’hôtellerie du coin affiche souvent complet (mauvais pour le tourisme) ; l’immobilier idem (mauvais pour le logement des indigènes qui, trop souvent, sont en concurrence avec la grosse boîte qui n’hésite pas à rajouter un petit quelque chose sur le loyer demandé) ; le tertiaire est content (à 100% moins la remise quasi ‘’obligatoire’’).

Après avoir laissé mourir et/ou délocaliser toutes les entreprises qui faisaient la diversité du tissu économique local, et permis que Vevey devienne ‘’Nestlé City’’ aux yeux du monde, notre Mune est aux anges. Nos élus sont ravis d’avoir une société multinationale richissime qui ne ‘’paie’’ pas d’impôts (en comparaison avec leurs bénéfs annoncés).
Même si historiquement parlant Vevey serait Nestlé-City, le sous-entendu des mercenaires étrangers du chocolat ne si réfère pas vraiment.

Aujourd’hui, dans un pays qui veut défendre ses valeurs patriotiques, tout comme son précieux patrimoine national et culturel, 40% des dirigeants et des présidents des conseils d’administrations de grandes sociétés, seraient des étrangers.
Nestlé n’échappe pas à la règle. Peter Brabeck-Letmathe (Autriche), Paul Bulcke (Belgique) et Andreas Koopmann ont remplacé Jules Monnerat, Pierre-Samuel Roussy et Gustave Marquis, les pères fondateurs (si j’ose dire…) de la Société Nestlé.
La Suisse se veut pionnière dans l’excellence mais, n’en déplaise au PLR, elle importe ses compétences.

En 2009, selon Bilan, 97% des employés Nestlé se trouvaient à l’étranger. Si les proportions sont gardées, j’estime entre 9’000 et 10'000 le nombre de salariés Suisses travaillant pour Nestlé.
En 2012, selon wiki, Nestlé se situe au 48éme rang mondial des plus grandes entreprises ;
Elle comptait pratiquement un site de production dans chaque pays du monde, employait 328'000 personnes et a réalisé un chiffre d’affaire de 110 milliards de francs en 2010. Un chiffre qui progresse chaque année.
La multinationale recenserait 257 marques différentes en sa possession, du café aux lentilles de contact en passant par les pharmas (2 marques) et les cosmétiques (6), incluant l’Oréal dont la Société Suisse détiendrait 29,6% du capital. Faisant de Nestlé le second actionnaire de la famille Bettencourt.

Dans le trio de tête des possessions Nestlé, en nombre de marques différentes,  nous trouvons :
1 : Le chocolat et les biscuits (55) ; 2 : Le commerce le plus rentable de la planète, l’Eau (29) ; et en troisième, les boissons et sodas (21 marques). Le café arrive en sixième position (18).
Nestlé c’est aussi une attention particulière portée à la bonne santé de ses clients/consommateurs.
Ne se sont-ils pas décidé à retirer dernièrement la taurine de la composition des laits en poudre destiné aux nourrissons?
Nestlé c’est aussi des produits étiquetés ‘’Complément santé’’ et ‘’Diététique’’. Respectivement 5 marques différentes pour le premier cité et UNE seule gamme diététique.
Mais les choses vont changer…
*****

En Suisse, nous sommes les champions pour « cacher la merde au chat », comme on dit. Nous vivons dans un petit paradis où il n’y a jamais de problèmes. Parce que les problèmes ne ressortent que très rarement des sphères d’influences. Les contentieux se règlent en privé, entre quatre yeux. En général…

En 1981 l’OMS vote un code international pour la commercialisation du lait en poudre interdisant toute publicité incitant la substitution du lait en poudre au lait maternel. Cette décision fait suite à la conduite plus que douteuse, dans les années 1970, de Nestlé qui vantait la supériorité de son produit lacté dans les pays en développement et, à fortiori, dépourvu d’eau potable en quantité suffisante.
En 1977 un boycott est lancé contre la société.

En 2002, il a été découvert en Colombie que Nestlé a procédé au réétiquetage de 200 tonnes de lait périmé et de produits laitiers importés d’Amérique Latine tout aussi data.
Nestlé aurait eu recours à des méthodes d’intimidation pour que ses employés ne dénoncent les pratiques illicites de celle-ci.
En Mars de cette année, une ONG et un syndicat colombien ont déposé une plainte pénale contre Nestlé et 5 de ses dirigeants pour l’assassinat, en 2005, d’un ancien employé de la firme par des paramilitaires.
Un employé reconnu pour ses activités syndicales (2).
L’ombre de Ballarin plane toujours en Amérique du Sud…

Depuis 2007, Nestlé est en conflit avec un syndicat Indonésien. La firme Suisse refuserait d’intégrer ses employés de l’usine de Panjang (Bandar Lampung – Indonésie)  dans une convention collective en cours d’élaboration. En Indonésie toujours, et suite à une campagne menée par Greenpeace en 2010, Nestlé devra revoir sa copie sur la déforestation locale et son utilisation de l’huile de palme (wiki).

En 2009, la bactérie E.Coli 0157 (habituellement associée à des contaminations fécales) se retrouve dans la pâte à cookie que Nestlé utilise pour l’élaboration de certain de ses produits. 65 personnes seront intoxiquées aux USA (wiki).

En 2010 j’apprenais, dans mon tacot et par des clients concernés, que Nestlé et Unicef avaient quelques points de ‘’désaccord’’ au Vietnam.

En Mai 2012, la RTS nous apprend qu’ «une ancienne sous-directrice de Nestlé attaque la multinationale pour harcèlement et dysfonctionnements dans la gestion de la sécurité alimentaire » (3).

Et c’est à ça que l’EPFL ouvre grand ses portes.
Dès janvier 2013, la célèbre Ecole lausannoise verra défiler dans ses murs les chercheurs et scientifiques du « Nestlé Institute of Health Science », contre un investissement de 500 millions de francs sur les cinq prochaines années. Un investissement qui devrait permettre au monstre agroalimentaire veveysan de devenir le « leader de la nutrition basée sur les sciences de la santé ».
Les objectifs mis en avant dans cette entreprise sont de mettre un frein à l’obésité mondiale, lutter contre les problèmes de vieillissement ou Alzheimer. Assurer un bon vieillir à nos futur grands-parents. Un élan philanthropique, doublé d’une pensée altruiste de la part des dirigeants de Nestlé ? Vous n’y songez quand même pas, Rappelez-vous, les secteurs ‘’Complément santé’’ et ‘’Diététique’’ ne comptent qu’une toute minuscule dizaine de marques et son chiffre d’affaire annuel, que l’on nous présente à 1,6 milliards de francs, ne pèse pas lourd face au 110 milliards de francs qu’engrange le groupe…
« Interrogé sur la manière de distribuer ces produits, le directeur général désigné (Luis Cantarell) a indiqué que tout était possible. Certains pourraient être vendus en pharmacie sur ordonnance, mais une vente libre est aussi envisageable ». Selon les propos rapporté récemment par le ‘’24 heures’’, extrait de ses archives du 27.09.2010 !
Par contre, en actu plus récente, ce que nous pouvons lire sur : actu.epfl.ch/news/nestlé-inaugure-ses-locaux-sur-le-campus-2/ a de quoi inquiéter un tantinet.
 « Le développement d’une nutrition plus ciblée, capable d’apporter des solutions à ces maladies (obésité, diabète,,,), exige une compréhension approfondie de la santé humaine et de ses pathologies, jusqu’au niveau moléculaire. C’est pour acquérir ces connaissance que le NIHS a mis en place des capacités de pointe, notamment dans les domaines de la biologie systémique, du séquençage ou de le lipidomique ».
Et, quelques lignes plus bas :
« (…) L’école mène d’ores et déjà des recherches avec la multinationale dans le domaine neurologique (…) et comptent mettre en commun certaines de leurs infrastructures de recherche, en génomique fonctionnelle et en bio-imagerie ».
Bref, ces types (les Nescafards) sont des génies. Ils vont réussir à nous faire bouffer des trucs bourrés de chimies conservatrices, saupoudrés d’exhausteurs de goût, auxquels ils vont rajouter, avec la bénédiction de l’Etat et les vivas du monde scientifique, une autre chimie qui nous empêchera de grossir, de choper le diabète ou du mauvais cholestérol et, cerise sur le gâteau, de se faire payer par les assureurs maladies.
Génies malsains, mais génies quand même.

Mais cela ne s’arrête pas là. Toujours avec le même souci de prendre soin de sa consommatrice de clientèle, Nestlé investit dans la médecine chinoise, et a fondé avec le groupe chinois ‘’Chi-Med’’ une nouvelle société appelée Nutrition Science Partners Limited.

« Dans dix ans, nous serons le leader incontesté de ce nouveau secteur », disait Luis Cantarell dans les archives du ‘’24 Heures’’. Je veux bien le croire.

En 2005 : Une chinoise tentait pour la troisième fois un procès contre Nestlé pour l’utilisation d’OGM dans la poudre de lait chocolatée Nesquik, encouragée en cela par les résultats d’une expertise menée par un labo allemand, et indépendant, qui en a confirmé la présence…
Elle demande juste que Nestlé lui rembourse sa boîte de Nesquik à 2 balles (4).

NEMo.

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