jeudi 6 décembre 2012

Puissant côté obscur


Il y a quatre ans, une bonne partie d’entre nous avait imaginé, à défaut d’y croire naïvement, que le monde allait changer ; que les conflits s’apaiseraient, que le monde financier serait mis à la diète, que les inégalités seraient moins… inégales, qu’une sorte de Justice humaine animerait les esprits les plus retors et, qu’enfin, nous prendrions soin de notre seule planète habitable, à des milliards de milliards de kilomètres à la ronde.
Que nenni que point.

Voitures et nouveaux conducteurs se reproduisent plus vite que des Gremlins faisant la nouba après minuit ; La viande de volaille utilisée dans la charcuterie préemballée vendue par nos gros distributeurs provient des pays de l’Est, ou du Brésil pour les préparations surgelées. Un Brésil qui clone ses animaux de rentes…
L’Allemagne (à moins que cela ne soit l’Autriche) a mis en route une exploitation de gaz de schiste, tandis que le continent Nord-Américain deviendra prochainement le leader des énergies fossiles grâce à la ‘’fracturation’’ ; Les énergies renouvelables ‘’made in Europa’’, seraient aux portes de l’agonie.
Le processus de réchauffement climatique étant officiellement et irrémédiablement enclenché, pourquoi devrions-nous nous privé de toutes ces bonnes choses que l’industrie de consommation nous met dans les vitrines, et que nous pouvons nous offrir, trop souvent, à l’aide de micros crédits ?
Les grands organismes financiers qui gèrent nos misères ont introduit leur nouveau produit : Le Crédit SUD, qui nous octroie, aujourd’hui, un crédit illimité que nous ferons rembourser à nos enfants dès leur naissance.
Comme tout le reste, nous laissons à l’intelligence future la responsabilité de nettoyer notre merdier. C'est notre "côté obscur".

Cela me rappelle l’histoire de cet homme à l’agonie (atteint de deux cancers et diabétique) qui refusa de se soigner, alors que le corps médical n’était pas pessimiste sur l’issue du traitement (plus tard sa fille parlera de « refus de l’acharnement thérapeutique »). Le jour de son anniversaire, alors qu’il était hospitalisé, cet homme s’envoya une bonne rasade de Whisky, et quelques pâtisseries bien sucrées.
Deux jours plus tard, il demanda à son ex-femme, ainsi qu’à sa fille, de finir ce qu’il avait été incapable de commencer, soit : de ‘’rassembler la famille’’. Puis, le troisième jour, il mourut.
Sauf que nous, nous ne mourrons pas dans trois jours. Ni même dans deux semaines.

Il y a quatre ans, disais-je, une lueur d’espoir de voir le monde s’humaniser est apparue. Brièvement,
Les States s’orientaient à gauche, suivi par la France avec un Président peu convaincant qui doit penser à des inserts de pubs pour combler les silences de ses discours.
Nos voisins gaulois sont dans la gadoue politique : Le pouvoir en place se tire dans les pattes à la Kalach et l’opposition s’oppose à elle-même. Sarko repointe le bout de son nez, et le FN doit certainement compter les blessés en attendant son heure.
Le coq n’est-il pas le seul animal à pouvoir chanter les pattes dans la M… ?
Chez nous, en Suisse, c’est beaucoup mieux : Il n’y a pas d’oppositions. Le peuple suit bêtement ce que lui ‘’conseille’’ son gouvernement…
Ailleurs, d’autres gouvernements étatiques exsangues ont vu un changement de ‘’couleur’’ du parti dominant.
De ‘’nouvelles’’ mouvances politiques qui ont entériné leur entrée en fonction par des mesures d’austérités encore plus sévères que les précédentes.

Outre-Atlantique, le Président (re)sortant a gratifié le monde, après de belles promesses, de son côté obscur de la Force… de frappe aérienne états-uniennes. Si ‘’La Guerre des Drones’’ a débuté en 2004, elle s’est intensifiée il y a quatre ans, pour le plus grand malheur des populations civiles pakistanaises. Entre autre. Mais c’est loin le Pakistan.
Un bilan établi au mois de septembre de cette année fait état de plus de 2'500 morts causés par des attaques d’avions sans pilote depuis 2004.
En 2008, 38 attaques de drones ont tué 268 personnes ; en 2010, plus de 900 victimes pour 128 frappes.
J’ai lu à quelque part que la formation d’un pilote de drone était estimée à 135'000 dollars. Juste un peu plus de 5% de ce que coûte la formation d’un pilote de chasse de l’US Air Force. Et les tests d’admissions sont simples : Un bon score sur ‘’Farcry’’ ou ‘’Call of Duty’’.
En plus de cela, la CIA aurait une implication non négligeable dans la prise de décision et de l’exécution de ces attaques. Rendant les opérations encore plus secrètes et inaccessibles à tous débats publics.
Durant son premier mandat, Monsieur Obama aurait ordonné près de 300 attaques secrètes de drones. Et pas seulement au Pakistan. L’Irak, le Yémen, la Libye et, bien sûr, l’Afghanistan ont servi de zones de tirs pour des accrocs du ‘’Joystick’’, bien planqués quelque part dans le Nevada.
A cela vous pouvez ajouter une participation dans la conception du virus ‘’Stuxnet’’ sensé neutraliser le programme nucléaire iranien, en parallèle à l’élimination physique de quelques scientifiques locaux. Participation officiellement reconnue lors d’une certaine campagne de réélection américaine.
Aux côtés des Allemands, des Anglais et d’Israël, le Pentagone passe à la phase offensive de la guerre cybernétique.
Drones, cyberguerre, systèmes de défenses automatisée qui ‘’analysent’’ le comportement humain, projectiles capables d’identifier, tout seul, sa cible et bientôt des médicaments comme agents offensifs très meurtrier.
Obama avait promis de mettre un terme aux conflits dans le monde. Il a oublié de préciser : dans lesquels seraient engagée physiquement l’Armée des Etats-Unis. Les règles de la guerre ont changé. Point positif pour les familles des soldats US: Le ‘’0K’’ du Vietnam est redevenu d’actualité (Zero Killed), pour un maximum de dégâts collatéraux chez les lointains terroristes barbares ennemis. Pour le moment.

Car ne nous y trompons pas. Alors que hier un mouvement d’activistes écologiques était condamné, sur le sol américain, pour terrorisme, aujourd’hui chaque excès de colère, de ras-le-bol, contre un gouvernement néolibéralement ultra pourris, pourrait se retrouver classifié et répertorié sous : ‘’Terrorisme individuel’’. En Europe aussi.
Chaque manifestation est un trouble de l’ordre public et pourrait devenir un danger potentiel pour la stabilité d’un quartier, d’une commune, d’un district, d’un Etat et pourrait nécessiter une répression policière musclée, de l’envoi de la troupe puis, quand celle-ci exprimera des remords, des drones policiers survolant les manifestants de la dignité, de la faim. Si ce n'est pas déjà le cas...
Le plus ironique là-dedans, c’est que le salaire de toutes ces marionnettes, déguisées en représentants de l’ordre, est prélevé sur les impôts de chaque citoyen. Quand toutes les polices du monde jouent de la matraque, elles bastonnent leurs patrons… ! Des pères de famille sont virés pour beaucoup moins que ça.

Toutes les grandes armées s’entraînent à la ‘’Guerre urbaine’’. Dans de vieux camps de prisonniers datant de la seconde guerre mondiale, dans des villes fantômes ou construites de toutes pièces, ou encore en menant parfois des exercices semi-réels au cœur même de certaines agglomérations.
Pour justifier ce changement stratégique, en faisant abstraction des données démographiques, les échecs flagrants des armées conventionnelles en Irak, puis en Afghanistan sont mis sur le devant de la scène. Au même titre que les multiples révolutions issues du ‘’Printemps Arabe’’.
Si une armée de libération démocratique veut chasser le méchant tyran qui règne en Gagaouasie, elle ne pourra pas tout raser comme dans les années 1940 (opinion publique oblige), elle devra vaincre sur le terrain, quartier après quartier.
Sauf que quelques décennies de guerres inutiles et d’occupation de territoires lointains et hostiles ont laissé des trous béants dans les budgets militaires respectifs, et marqués dans le sang l’esprit de l’opinion publique. Quelle soit Américaine, Anglaise, Française ou autre, l’Armée n’a peut-être plus les moyens financiers de se permettre des missions simultanées de pseudo maintien de la paix aux quatre coins du monde, et de garantir le renouvellement de son matériel militaire de pointe.
Dès lors, l’ennemi n’est plus au-delà des limites territoriales de la nation, ou du continent. Le danger est ramené dans nos rues. Chaque manifestation pourrait cacher des extrémistes de tous poils, du néo-nazi à l’intégriste musulman, devenir une poudrière et transformer les rues en champ de bataille.
Un scénario contre lequel les polices municipales ne sont pas préparées.

Il y a huitante ans l’armée Suisse tirait sur des manifestants à Genève. C’est presque de l’archéologie.
Il y a 23 ans, des étudiants chinois se sont retrouver face-à-face avec les chars de l’armée chinoise. C’est loin de chez nous, et de toutes manières c’était de la barbarie communiste
Il y a quelques mois des mineurs Sud-Africains sont morts pour avoir osé faire la grève. C’est loin de chez nous et de toutes façons, ils étaient noirs (pardon).
Le 22 décembre 2011, un média Romand publiait :
«La police pourra tirer à balles réelles sur les émeutiers »
L’article mentionnait la police londonienne. Presque à côté…. Silence… De toutes façons c’étaient des voyous de hooligans.

Depuis 2008, toutes les brigades de l’armée de terre française sont tenues de se familiariser avec l’« Action en Zone Urbaine » (Mandat Azur instauré en 2005).
Le principal danger dans des affrontements de ‘’quartier’’ est bien celui de ne pas se tromper de cible en direct ‘’Live’’ sur ‘’CNN’’ ou ‘’Euronews’’, et de savoir aborder une foule parfois hostile, mais pas forcément dangereuse.
A cet exercice-là, il y a en France une force intermédiaire, de statut militaire, entre la police et l’armée, qui s’estime mieux formée à un emploi modulé de la force et dans l’utilisation d’armes non létales, et qui participe de plus en plus à des OPEX (Opérations Extérieures) : la gendarmerie mobile.
En 2009, la Gendarmerie Nationale fut rattachée au ministère de l’Intérieur. Ce qui illustre, selon Philippe Leymarie auteur en 2009 de l’article ‘’Comment les armées se préparent au combat urbain’’, « le brouillage croissant des frontières entre défense et sécurité ». Il y a aussi les militaristes hystériques qui redoutent une sorte de confusion de rôles, et de missions, dans ce mélange des Corps. Qu’ils se rassurent, l’Armée sera toujours aux commandes lors de ses déploiements. Même officieusement.

L’article de Monsieur Leymarie se conclut sur une sorte de petite anecdote : « Hasard du calendrier devenu symbole : c’est un certain 11 septembre 2001 que le premier groupe de l’armée de terre française avait commencé à être entraîné au combat urbain nouveau style ».

Il n’y a plus d’ennemis à nos frontières.
La plus belle armée du monde, l’armée Suisse, squatte les bistrots, fait des acrobaties dans le ciel alpin, accomplit des tâches de ‘’génie civil’’, tue ses recrues dans des exercices mal préparés, s’achète des vélos et des avions de chasses au rabais, vide ses munitions inutilement pour justifier les quotas, et s’imagine repousser un flux important de migrants. Bref, elle s’emmerde comme un rat mort, et nous coûte encore trop cher.
Mais, et ce dans n’importe quel pays du monde (excepté le Costa Rica) l’Armée se doit d’exister, et de nous prouver que nous ne pouvons pas nous passer d’elle.
Et c’est là que l’on nous fait ressurgir ‘’La Menace fantôme’’ du terrorisme individuel.
Des tireurs isolés, un brin psychopathes, sont activés dans des contrées perdues (ou le sud de la France), quand ce ne sont pas carrément des terroristes qui se font péter, tout seul, maladroitement au milieu de personne.
De temps en temps des complots sont déjoués et de petits terroristes arrêtés. De temps à autres une alerte fait sortir des casernes les fantassins, histoire de leur faire un peu de pub et prendre l’air. La Scandinavie, la Belgique, la France, et d’autres, ont eu droit à la mise en scène de la terreur pour justifier, dans un premier temps, l’existence des divers corps d’armées, mais aussi pour accélérer et finir la mise en place du contrôle des populations.

Je vais me la faire un brin parano.
Par l’intermédiaire des multiples médias mondiaux, nous croyons que le pouvoir est installé dans les grandes capitales du monde. Rome, Paris, Berlin, Madrid, Washington, etc… Nous pensons que les chefs d’Etats respectifs sont les représentants de ce pouvoir. Erreur.
Tandis que l’UMP se déchire pour se retrouver un leader, Mme Merkel a été reconduite à la tête de son parti, le CDU, en obtenant tout juste pas 98% des suffrages. Mieux que Poutine dans son pays ; mieux que n’importe quel dictateur Africain. Mais c’est normal. Angela Merkel est impératrice dans son pays, mais elle doit rendre des comptes. A qui ? Au peuple Allemand ?
De Bilderberg aux Illuminatis, en passant par le Club de Rome, nous pouvons les appeler de quelque manière que ce soit, il y a quelque part, tapit dans l’ombre, un obscur Pouvoir  qui réclame la pleine et entière soumission des populations. Un Pouvoir qui choisit ses élites économiques, politiques et militaires avant de les installer aux plus hauts postes décisionnaires.
Ce Pouvoir serait composé de personnalités d’une richesse difficilement quantifiable, faisant preuve d’une intelligence supérieure et qui ont une grande connaissance des comportements humains.
Ils savent nous pousser à consommer tel produit et rejeter un autre ; ils savent quelle teinte attirera l’œil de la clientèle féminine, quelle odeur pousse à la consommation, quelle musique inhibe le bon sens chez les jeunes, et comment nous faire bouffer de la merde chez Mac Do, ou du transgénique chez Monsanto. Ils savent nous attendrir, mais surtout ils savent comment nous faire peur, et comment nous faire projeter cette peur sur des minorités trop souvent innocentes.
Ce Pouvoir observe les multiples manifestations contre les mesures d’austérités Sud-Européennes ou celles des indignés, les aboiements des ONGs dénonçant je ne sais quel scandale dans un pays en voie de développement. Il ne les craint pas, tout au plus s’en méfie-t-il.
Si l’être humain dans son individualité demeurera toujours imprévisible, Ils savent comment nous réagissons en groupe, et leur temps de réaction et d’adaptation aux événements imprévus sera toujours plus rapide et efficace que n’importe lequel des organismes gouvernementaux ou humanitaires officiellement en place.
Ils ne nous craignent pas, parce qu’en jouant très intelligemment avec les envies légitimes, les rêves, les besoins futiles de chaque être humain, ce Pouvoir nous a laissé quelque chose à perdre.
L’opposition quant à elle, elle est juste là pour nous faire croire que, à quelque part, le choix existe encore.

Pourtant, ce Pouvoir obscur qui brille aux yeux de tous nous a montré une fois son point faible. Quand les Indignés de Wall Street ont décidé de vider leurs comptes dans les banques, quelqu’un a ordonné aux forces de l’ordre de leur interdire l’accès aux banques. Le Pouvoir a décidé que ces personnes ne devaient pas accéder à leur argent, à leurs économies.

Demandons-nous pourquoi ? Et agissons.

NEMo.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire