Les biobanques officielles existent depuis
plusieurs années déjà.
Le HUG a écrit un rapport en 2006 précisant le
mode de fonctionnement d’un tel recensement de données médicales, l’approche
des patients, les motivations des prélèvements organiques, la conservation des
tissus, l’aspect éthique et/ou moral d’une telle source de renseignements.
Je crois que depuis 2007 le Centre Hospitalier
Universitaire Vaudois (CHUV) de Lausanne possède déjà une biobanque dont l’utilisation
est réservée à leur département d’Oncologie.
Il y a quelques jours, les médias romands ont
annoncé que le CHUV allait commencer, dès la rentrée de janvier prochain, la
collecte de tissus organique auprès des patients hospitalisés dans leur établissement, et que ces prélèvements seraient
conservés dans une biobanque unique en Suisse, et peut-être dans le monde.
Lors d’une interview menée par un des
journalistes de l’émission "On en parle", Monsieur Vincent Mooser (Chef du
département des laboratoires du CHUV) y a présenté son projet ainsi:
« Le but très spécifique de cette
biobanque est de nous donner les outils, les structures, qui nous permettrons
de comprendre quels sont les liens qui existent entre les données génétiques,
individuelles, et les maladies. L’idée étant à terme, évidemment, de mieux
pouvoir diagnostiquer ces maladies, de mieux pouvoir les traiter aussi, et ce
de façon personnalisée ».
Cette argumentation rejoint celle mise en
avant dans la présentation du "Nestlé Institute of Health Science" qui inaugurera son nouveau centre de recherche
à l’EPFL en janvier prochain également.
Pure coïncidence me direz-vous.
Monsieur Mooser, lors de son entretien radiophonique,
a aussi précisé que « les analyses génétiques vont générer beaucoup de
données, et nous travaillons actuellement déjà avec l’EPFL pour imaginer un
système d’encryptage qui permettra » une meilleure protection des données,
et de souligner l’"effort considérable [fourni] de la part de l’Université de
Lausanne et de la Direction du CHUV pour soutenir ce projet."
Monsieur Mooser a aussi émis l’idée que le
principe de la future biobanque lausannoise soit repris dans d’autres grandes
villes de Suisse possédant des centres hospitaliers universitaires.
Que cette annonce suive de quelques jours la
nouvelle du projet genevois "Campus Biotech" dans lequel sont impliqués Monsieur
Bertarelli (ancien boss de Serono), et l’EPFL, n’est
qu’un malencontreux hasard de calendrier.
Les coïncidences ne sont-elles pas la somme de
nos ignorances ?
Durant l’émission il a également été fait
mention de la protection des données, et de la possibilité laissée au patient
pour que son don, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit, demeure anonyme.
Une possibilité que l’intervenant ne semble pas approuver car, et toujours dans
son intervention du jour, il dit aux auditeurs de la Première que l’« anonymisation
reviendrait à perdre la clé qui relie le
patient à un échantillon biologique, cela peut avoir un impact potentiellement
négatif dans le futur. »
En gros le milieu hospitalier, soutenu par des
entreprises pharmaceutiques, nous réclame un don généreux (donc sans bénéfices
directs) d’une partie de nos organes, fait
de notre vivant, pour la recherche future.
Un don généreux disais-je afin que le milieu médical
(pharma inclue) puisse mieux nous soigner et nous renvoyer la facture après.
Dans certains pays, des parents vendent leurs
organes pour nourrir leur famille ou rembourser la banque ; chez nous on
le donne. Il est pas généreusement con le Suisse…
Il a aussi été fait allusion à de possibles
essais cliniques. Du genre : Nous avons un bout de votre foie malade pour
lequel nous avons trouvé/inventé une médication susceptible de le guérir,
seriez-vous d’accord de venir tester ce médicament chez nous ? Cela serait
dommage de rater une occasion de vous soigner, non ?
Vous aurez droit à une chambre privée au
dernier étage de notre établissement en pension complète, avec vue sur le lac,
et une jolie infirmière pour vous servir un café Nespresso de votre machine à
café personnelle ou vous administrer une violente fellation, entre deux
vomissements.
Il a souvent été reproché à l’industrie
pharmaceutique de pratiquer des tests grandeur nature auprès des populations
démunies du tiers-monde.
Les sociétés, dites développées, qui s’emmerdent
intellectuellement comme un rat mort atteint d’hémiplégie, se sont mises en
tête de sauver tous les petits animaux de compagnie et de laboratoire.
L’Afrique c’est trop loin ; les petites
souris sont trop attachantes ; Mais il y a, gratuitement à disposition, toute la
marchandise nécessaire sous leurs fenêtres. Pourquoi s’en priveraient-ils ?
Je dérape un peu, je vous l’accorde. Mais dans
cet entretien avec le chef de laboratoire du CHUV, ce dernier a répété, trois
fois au moins, qu’il « obtiendrait le consentement des patients »
pour fournir, en matériel biologique, sa biobanque.
Dans ma pratique simpliste et douteuse du
Français, je demande une permission, je demande le consentement et la police
obtient des aveux.
Dans le dictionnaire, "Obtenir" se définit entre
autre par : « Parvenir à se faire accorder quelque chose que l’on
désire ».
Si j’étais parano, j’y verrais une mise en
place d’un système tentaculaire qui veut répertorier le vivant humain dans une
sorte de musée ; je pourrais y voir une tentative sournoise de contrôle
des populations par le biais du fichage des codes génétiques ; il pourrait
y avoir un contrôle des populations par son alimentation et sa médication.
Le ciblage génétique, le contrôle des
émotions, de la fertilité ou du système immunitaire n’est pas de la science-fiction. L’armée de l’air américaine envisageait en 1994, déjà, de
mener des recherches sur un concept « déplaisant mais complètement non
létal d’aphrodisiaques forts, surtout s’ils provoquent des comportements
homosexuels ».
« US ‘’non
lethal’’chemical (and biochemical) weapons research : A collection of
documents detailing a dangerous program », www.sunshine-project.org
Du 21 au 23 mai 2007 à Ettlingen en Allemagne,
lors du 4è symposium européen sur les armes non létales, la Dresse Jitka
Schreiberova (Cheffe anesthésiste du département de neurochirurgie de l’université
de Karlova de Prague) a présenté le résultat de ses expériences concernant l’utilisation
sur des singes macaques cette fois, d’une combinaison vétérinaire de
médétomidine et de kétamine, conduisant à une perte d’agressivité : « Ces
résultats, se félicita-t-elle, peuvent servir à pacifier des personnes
agressives durant leur traitement médical ou au cours d’une attaque terroriste,
en attendant la production de nouvelles armes pharmacologiques non létales .»
La doctoresse en question avait déjà été citée
dans un rapport du Conseil pour la recherche et la technologie de l’OTAN en
2006. Y était présenté en images : L’utilisation de pistolets de paintball
pour administrer des drogues (anesthésiants et antidotes ultra rapides), et les
visages ravis d’enfants réanimés avec succès, après y avoir été exposés.
« Armes de
guerre pharmacologiques », article de Steve Wright, Août 2007
Je ne veux pas transformer le milieu médical
helvétique en une fabrique de Mengelenstein, ou de tueurs sans morales, mais
nos toubibs nous maintiennent juste en bonne santé pour que nous soyons aptes
au travail. Et si les recherches médicales vont dans le sens de l’amélioration
de vie de nos vieux jours, c’est d’abord parce que les aînés coûtent chers aux
assureurs-maladie et ensuite parce que la retraite prend des airs d’illusions
perdues, comme cela se murmure du côté de Bruxelles.
De plus, quand vous discutez avec votre
toubib, il est le premier à vous encourager à changer de rythme de vie, vos
habitudes alimentaires, à vous parler d’une vie saine. Mais les avez-vous déjà
vu massivement s’engager dans une cause écologiste ? Avez-vous déjà vu "Swissmédic" partir en guerre contre "Mac Donald", "Nestlé", "Monsanto" ou les
pollutions atmosphériques ?
J’en doute.
Le corps médical est cet ami qui nous veut du
bien. Cet ami qui se paye une BM ou une Maserati et un appartement coquet dans
un quartier que vous ne verrez que d’en-bas, ou au travers d’un grillage de
sécurité. Cet ami qui vit et s’enrichit parce que nous sommes gardés en
mauvaise santé.
Mais ne dit-on pas que le malheur des uns fait
le bonheur des autres ?
NEMo.
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