mercredi 19 décembre 2012

Biobanque


Les biobanques officielles existent depuis plusieurs années déjà.
Le HUG a écrit un rapport en 2006 précisant le mode de fonctionnement d’un tel recensement de données médicales, l’approche des patients, les motivations des prélèvements organiques, la conservation des tissus, l’aspect éthique et/ou moral d’une telle source de renseignements.
Je crois que depuis 2007 le Centre Hospitalier Universitaire Vaudois (CHUV) de Lausanne possède déjà une biobanque dont l’utilisation est réservée à leur département d’Oncologie.

Il y a quelques jours, les médias romands ont annoncé que le CHUV allait commencer, dès la rentrée de janvier prochain, la collecte de tissus organique auprès des patients hospitalisés dans  leur établissement, et que ces prélèvements seraient conservés dans une biobanque unique en Suisse, et peut-être dans le monde.
Lors d’une interview menée par un des journalistes de l’émission "On en parle", Monsieur Vincent Mooser (Chef du département des laboratoires du CHUV) y a présenté son projet ainsi:
« Le but très spécifique de cette biobanque est de nous donner les outils, les structures, qui nous permettrons de comprendre quels sont les liens qui existent entre les données génétiques, individuelles, et les maladies. L’idée étant à terme, évidemment, de mieux pouvoir diagnostiquer ces maladies, de mieux pouvoir les traiter aussi, et ce de façon personnalisée ».
Cette argumentation rejoint celle mise en avant dans la présentation du "Nestlé Institute of Health Science"  qui inaugurera son nouveau centre de recherche à l’EPFL en janvier prochain également.
Pure coïncidence me direz-vous.
Monsieur Mooser, lors de son entretien radiophonique, a aussi précisé que « les analyses génétiques vont générer beaucoup de données, et nous travaillons actuellement déjà avec l’EPFL pour imaginer un système d’encryptage qui permettra » une meilleure protection des données, et de souligner l’"effort considérable [fourni] de la part de l’Université de Lausanne et de la Direction du CHUV pour soutenir ce projet."
Monsieur Mooser a aussi émis l’idée que le principe de la future biobanque lausannoise soit repris dans d’autres grandes villes de Suisse possédant des centres hospitaliers universitaires.
Que cette annonce suive de quelques jours la nouvelle du projet genevois "Campus Biotech" dans lequel sont impliqués Monsieur Bertarelli (ancien boss de Serono), et l’EPFL, n’est qu’un malencontreux hasard de calendrier.
Les coïncidences ne sont-elles pas la somme de nos ignorances ?

Durant l’émission il a également été fait mention de la protection des données, et de la possibilité laissée au patient pour que son don, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit, demeure anonyme. Une possibilité que l’intervenant ne semble pas approuver car, et toujours dans son intervention du jour, il dit aux auditeurs de la Première que l’« anonymisation reviendrait à perdre la clé qui  relie le patient à un échantillon biologique, cela peut avoir un impact potentiellement négatif dans le futur. »

En gros le milieu hospitalier, soutenu par des entreprises pharmaceutiques, nous réclame un don généreux (donc sans bénéfices directs) d’une partie de  nos organes, fait de notre vivant, pour la recherche future.
Un don généreux disais-je afin que le milieu médical (pharma inclue) puisse mieux nous soigner et nous renvoyer la facture après.
Dans certains pays, des parents vendent leurs organes pour nourrir leur famille ou rembourser la banque ; chez nous on le donne. Il est pas généreusement con le Suisse…

Il a aussi été fait allusion à de possibles essais cliniques. Du genre : Nous avons un bout de votre foie malade pour lequel nous avons trouvé/inventé une médication susceptible de le guérir, seriez-vous d’accord de venir tester ce médicament chez nous ? Cela serait dommage de rater une occasion de vous soigner, non ?
Vous aurez droit à une chambre privée au dernier étage de notre établissement en pension complète, avec vue sur le lac, et une jolie infirmière pour vous servir un café Nespresso de votre machine à café personnelle ou vous administrer une violente fellation, entre deux vomissements.

Il a souvent été reproché à l’industrie pharmaceutique de pratiquer des tests grandeur nature auprès des populations démunies du tiers-monde.
Les sociétés, dites développées, qui s’emmerdent intellectuellement comme un rat mort atteint d’hémiplégie, se sont mises en tête de sauver tous les petits animaux de compagnie et de laboratoire.
L’Afrique c’est trop loin ; les petites souris sont trop attachantes ; Mais il y a, gratuitement à disposition, toute la marchandise nécessaire sous leurs fenêtres. Pourquoi s’en priveraient-ils ?

Je dérape un peu, je vous l’accorde. Mais dans cet entretien avec le chef de laboratoire du CHUV, ce dernier a répété, trois fois au moins, qu’il « obtiendrait le consentement des patients » pour fournir, en matériel biologique, sa biobanque.
Dans ma pratique simpliste et douteuse du Français, je demande une permission, je demande le consentement et la police obtient des aveux.
Dans le dictionnaire, "Obtenir" se définit entre autre par : « Parvenir à se faire accorder quelque chose que l’on désire ».

Si j’étais parano, j’y verrais une mise en place d’un système tentaculaire qui veut répertorier le vivant humain dans une sorte de musée ; je pourrais y voir une tentative sournoise de contrôle des populations par le biais du fichage des codes génétiques ; il pourrait y avoir un contrôle des populations par son alimentation et sa médication.
Le ciblage génétique, le contrôle des émotions, de la fertilité ou du système immunitaire n’est pas de la science-fiction. L’armée de l’air américaine envisageait en 1994, déjà, de mener des recherches sur un concept « déplaisant mais complètement non létal d’aphrodisiaques forts, surtout s’ils provoquent des comportements homosexuels ».
« US ‘’non lethal’’chemical (and biochemical) weapons research : A collection of documents detailing a dangerous program », www.sunshine-project.org

Du 21 au 23 mai 2007 à Ettlingen en Allemagne, lors du 4è symposium européen sur les armes non létales, la Dresse Jitka Schreiberova (Cheffe anesthésiste du département de neurochirurgie de l’université de Karlova de Prague) a présenté le résultat de ses expériences concernant l’utilisation sur des singes macaques cette fois, d’une combinaison vétérinaire de médétomidine et de kétamine, conduisant à une perte d’agressivité : « Ces résultats, se félicita-t-elle, peuvent servir à pacifier des personnes agressives durant leur traitement médical ou au cours d’une attaque terroriste, en attendant la production de nouvelles armes pharmacologiques non létales .»
La doctoresse en question avait déjà été citée dans un rapport du Conseil pour la recherche et la technologie de l’OTAN en 2006. Y était présenté en images : L’utilisation de pistolets de paintball pour administrer des drogues (anesthésiants et antidotes ultra rapides), et les visages ravis d’enfants réanimés avec succès, après y avoir été exposés.
« Armes de guerre pharmacologiques », article de Steve Wright, Août 2007

Je ne veux pas transformer le milieu médical helvétique en une fabrique de Mengelenstein, ou de tueurs sans morales, mais nos toubibs nous maintiennent juste en bonne santé pour que nous soyons aptes au travail. Et si les recherches médicales vont dans le sens de l’amélioration de vie de nos vieux jours, c’est d’abord parce que les aînés coûtent chers aux assureurs-maladie et ensuite parce que la retraite prend des airs d’illusions perdues, comme cela se murmure du côté de Bruxelles.

De plus, quand vous discutez avec votre toubib, il est le premier à vous encourager à changer de rythme de vie, vos habitudes alimentaires, à vous parler d’une vie saine. Mais les avez-vous déjà vu massivement s’engager dans une cause écologiste ? Avez-vous déjà vu "Swissmédic" partir en guerre contre "Mac Donald", "Nestlé", "Monsanto" ou les pollutions atmosphériques ?
J’en doute.

Le corps médical est cet ami qui nous veut du bien. Cet ami qui se paye une BM ou une Maserati et un appartement coquet dans un quartier que vous ne verrez que d’en-bas, ou au travers d’un grillage de sécurité. Cet ami qui vit et s’enrichit parce que nous sommes gardés en mauvaise santé.

Mais ne dit-on pas que le malheur des uns fait le bonheur des autres ?

NEMo.

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