Comme d'habitude la Suisse est l'élève parfaite de l'Europe, géographique, en matière de chômage.
Alors que le nombre de personnes sans emploi ne cesse d'exploser en Espagne, en Grèce, en Italie, au Portugal, en Irlande ou augmente timidement en France et en Allemagne, la Suisse affiche fièrement la baisse de son taux de chômage.
De 3,4%, nous sommes passés à 3,2%. Toujours mieux que l'Autriche qui affiche le taux le plus bas de l'UE avec son 4%.
"L'économie Suisse a surmonté tous les tsunamis de 2011", disaient en substance une majorité des éditorialistes, ce qui laisse augurer d'une "bonne" année 2012. On verra…
Le job de l'assurance chômage, via les ORPs régionaux, est de remettre le plus vite possible les gens au travail. A des conditions qui commencent sérieusement à ressembler à ce que nous pourrions trouver dans les pays en crises qui nous entourent (une connaissance s'est vue proposer, par l'ORP, un job à temps plein pour un salaire de chf 1'400.-).
Plans foireux à deux balles, missions à l'autre bout du canton, etc… Un temps, une tendance à encourager l'indépendance des "chercheurs d'emploi" se dégageait même, quand l'Etat faisait "cadeau" de quelques mois de cotisations sociales aux chômeurs décidant de créer de nouvelles entreprises. Le coup de pouce d'un nain de jardin pour aider à démarrer une nouvelle carrière.
Ces personnes pleines d'énergies et de motivations gonflent le chiffre statistique de la "Création d'entreprise" dont nos élus locaux se réjouissent. Normal.
"En 2010 se sont pas moins de 37'682 nouvelles entreprises qui se sont inscrites au registre du commerce. Soit une augmentation de 7% par rapport à l'année précédente. Pour relativiser un peu, le chiffre net des nouvelles entreprises (nouvelles inscriptions moins radiations d'anciennes entreprises) est de: 12'188 sociétés.
Toujours pour 2010, 6'204 entreprises ont fait faillite (+ 23%); et 1'873 autres étaient en procédure de faillite sans ouverture de faillite. Et là, l'augmentation était de 75%."
"Le Matin" du 11 avril nous dévoilait que, sur une période allant de Mars 2011 à Mars 2012, le nombre de Sociétés ayant fait faillite en Suisse avait progressé de 28% et correspondait, ramené au premier trimestre de l'année en cours, à une augmentation de 10,1%.
Mais où passent donc toutes ces personnes qui se retrouvent sans emploi? Dans quelles statistiques sont-elles cachées? Sont-elles absorbées par les entreprises nouvelles qui se créent, ou bien finissent-elles dans les chiffres de l'Aide Sociale?
Un employé qui se fait virer s'inscrit au chômage. Ayant acquis une certaine expérience, il décide de monter sa propre boîte. Si tout va bien, tant mieux. Si tout va mal et qu'il part en faillite, il ne peut réintégrer l'Assurance chômage. Et nous avons une personne qui vient de perdre son travail qui ne rentre pas dans la stat' "Chômeur". Ne me demandez pas pourquoi…? C'est comme ça.
On nous annonce de temps en temps qu'il y aurait 10% de la population Suisse que nous pouvons considérer comme "pauvre". Nous avons donc 3,2% de chômeurs, et en fin d'année passée les journaux lâchaient que 3% de la population Suisse aurait eu recourt à l'aide sociale en 2010, soit 231'046 personnes selon l'Office Fédéral de la statistique (Dans le canton de Vaud, ce taux s'élevait à 5% de la population).
La Confédération faisant bien les choses en classant, triant, comptant et séparant les multiples bureaux administratifs, nous pourrions bêtement nous dire qu'un peu plus de 16% des Suisses sont dans une situation financière précaire.
Même si 16% paraît beaucoup dans un pays "riche" comme la Suisse, ce chiffre est relativement faible, et nous pouvons toujours nous laisser convaincre par des PLR que ce chiffre correspond à tous ces SDF drogués, bourrés qui vivent grâce à nos salaires.
En fait, nous sommes un petit plus nombreux, en Suisse, à avoir de la peine à boucler les fins de mois, et à prier pour qu'une tuile ne vienne amputer notre petit budget familial, à ne pas squatter les salles d'attente des toubibs devenu trop chers ou parce que nous ne pouvons assumer l'exorbitante "franchise" qui nous maintient à un niveau de "prime", à ras la ligne de flottaison.
Toujours le 11 avril, et toujours dans "Le Matin", mais en tout juste quatre lignes, une info "SMS" informait qu'en "2010, 30% des assurés ont obtenu une subvention pour leurs primes maladie".
En France, il semblerait que les PME (contrairement aux Très Petites Entreprises et aux Grandes Entreprises) résistent mieux à la "défaillance" (un peu l'équivalent des faillites en Suisse).
Chez nos voisins Gaulois, comme partout ailleurs d'ailleurs, ce sont les T.P.E qui payent le plus lourd tribut social quand s'instaure l'austérité. Sur la masse totale des entreprises rencontrant de GROSSES difficultés de paiement, la proportion concernant les TPE a passé de 87% des entreprises en "défaillance" en 2010, à 92% pour 2011.
Si les "jeunes" entreprises (moins de trois ans depuis leur création) ont payé les pots cassés durant les années 2007 à 2010, la répartition des défaillances les concernant à passé de 33,7% en 2008 à 28,1% pour 2011. A l'inverse, la proportion touchant les sociétés de plus de 20 ans a augmenté de 3,2% en quatre ans, frisant actuellement la barre des 10%.
L'Espagne a vu sont nombre de faillite exploser pour progresser de 187% en 2009
Alors qu'en Allemagne, les faillites ont reculé de 5,9% en 2011.
En Italie, depuis l'avènement Monti, ce sont 11'600 entreprises qui ont fait faillite, mettant au chômage près de 50'000 personnes. Et depuis le premier janvier de cette année, ce sont 23 entrepreneurs italiens qui se sont suicidés.
Selon une amie qui a fouiné sur les sites italiens, il y aurait eu 4'000 suicides en Italie depuis le début de la crise (de 2008 à 2010), et ce chiffre serait en augmentation depuis que Monti à pris les rênes du pays.
Le taux de suicide en Grèce, depuis le début de la crise (2008-2010) est passé de 2,8 à 6 pour 100'000 habitants, et à augmenté de 40% au premier semestre 2011 par rapport à la même période en 2010.
Tandis qu'au sommet de la pyramide des gains, les oligarques se brûlent les mains avec leurs millions de millions, l'ouvrier de la "base" s'immole parce qu'il a tout perdu, et que l'Etat, qui le rendait si fier, n'a plus la capacité de "protéger" dignement son Peuple.
Cela n'est certainement pas "approprié" du tout, mais il y a bien une profession qui ne connaîtra jamais la crise: Les Pompes Funèbres.
Je vais essayer un parallèle avec un accident de la circulation impliquant de nombreuses voitures.
Si les secouristes s'occupent de tout le monde sans discrimination, ils savent que tant qu'un "blessé" crie, appelle ou hurle, c'est qu'il est conscient et que sa survie n'est pas fortement menacée. Ce qui n'est pas le cas des "blessés" ayant perdu connaissance…
Là, nous avons les proprios des belles et puissantes Mercedes, Audi, BMW, Ferrari et les autres qui s'époumonent pour que les "Premiers secours" s'occupent des épaules démises, des "traces" d'airbag sur les visages, de coupures sans gravités, des fractures d'orteil, de chocs psychologiques et de l'ongle retourné de la maîtresse.
Ils repartiront, lui et ses amis, dans les premières ambulances disponibles, alors que compressé entre les luxueuses berlines, le conducteur de la "Logan" se bat pour ne pas sombrer dans l'inconscience, pour trouver une solution qui lui permettra d'attirer l'attention des pompiers, et délivrer sa famille de la carcasse de sa voiture…
Quand les véhicules de secours reviendront, les ambulanciers expliqueront aux autres victimes qu'ils doivent payer l'essence pour se rendre à l'hôpital le plus proche.
Quand l'ambulance arrivera enfin à l'hôpital, Monsieur "Logan" pourra voir Monsieur "Mercedes" repartir pour une clinique privée dans une Bentley avec chauffeur…
NEMo.
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