lundi 16 mai 2011

Parole de singe

Ces derniers temps, une tendance "verte" semble renaître dans les esprits humains. Dommage colatéral de Fukushima pour notre élite dirigeante...
Pour s'opposer à cette prise de conscience, pour préserver leur sacro-sainte "croissance" et leurs mirobolants revenus, rentes, salaires, primes et autres bonus(s),  les apôtres du PIB (complices des Faux Monnayeurs Internationaux), tentent de nous rassurer en nous démontrant que notre comportement égocentrique et suicidaire serait NORMAL. Normal et en parfaite adéquation avec notre nature humaine, et que notre consumérisme aveugle ne serait autre que le fruit de milliers d'années d'évolution.

Les premiers à avoir ouvertement (re)lancé l'offensive, en réactualisant le fameux slogan l'Oréal "Parce que vous l'avalez bien!", serait le SECO (Secrétariat à l'économie, en Suisse): Son secrétaire général, devant s'exprimer sur les écarts de prix (et de qualité) des diverses denrées alimentaires vendues sur nos étals, concluait, en substance: "Je m'achète des produits de qualité parce que j'en ai les moyens..."
Traduisez populairement: "Les pauvres n'ont cas bouffer de la merde!"

Le pavé lancé, les principaux acteurs économiques ne se sont pas gêné de s'enfiler dans la brèche et de reprendre joyeusement cet argument pour ne pas revoir leurs marges bénéficiaires, et leurs salaires à la baisse (industries pharmaceutiques et agro-alimentaires en tête, et on parle même pas des banquiers...).

Certains scientifiques, sociologues et autres professeurs, par l'intermédiaire d'expérimentations, d'études comportementales humaines (dans un premier temps), volents au secours de nos partisans cités plus hauts et, au passage, s'assurent de maintenir le financement de leurs prestigieuses "écoles".

"Que faut-il changer? La science économique ou la nature humaine?" Telle est la réflexion soulevée, en fin d'analyse, par un professeur de l'université de Provence (24 heures du 7 avril ct). Article qui au passage fait remarquer que l'acquisition d'objects à valeurs élevées activait une certaine zone de notre cerveau, associée à la récompense et au plaisir.

Quant à l'accaparement des ressources alimentaires et des richesses, cette tendance serait un comportement inné hérité de nos lointains et simiesques ancêtres. Mme L. Santos démontre, expérimentation à l'appui à voir sur www.ted.com/talks/lang/fre_fr/laurie_santos.html , que le comportement des singes capucins (en captivité) devient identique au notre dès qu'on leur apprend l'usage de l'argent.
Si l'apprentissage du singe consiste à échanger 1 grain de raisin contre 1 jeton, celui-ci n'hésitera pas à prendre 2 grains si l'occasion lui en donnée (choix entre deux plateaux: un contenant 1 grain et l'autre 2).
Les singes finissant même par se voler les jetons entre eux ou à les subtiliser à leurs géôliers humains.

Que devrions-nous comprendre dans tout cela?
Que les singes capucins sont aussi capable que nous de s'adapter à une économie de marché, ou que malgré nos milliers d'années d'évolutions nous sommes restés aussi "cons" que des singes?
Que nous pourrions devenir (comme s'interroge Mlle Santos) une espèce "noble", ou que nous sommes condamnés à demeurer cette sale bestiole mutante, issue d'un hypothétique croisement génétique, entre un loup affamé, un Taz et un Bonobo niqueur, et qui en plus vote PLR ou UDC?

Pour ma part je ne crois pas que le mode de vie ultra-consumériste des pays riches, et soi-disant civilisés, soit le fait exclusif d'une quelconque programmation génétique.
Oui certaines espèces font des provisions pour passer l'hivers, ou stocke de la nourriture qu'elles mangeront plus tard. Il ne me semble cependant pas qu'elles ravagent systématiquement leur écosystème.
Par la connaissance de notre passé, et les récits de nos proches ancêtres, nous savons que presque toutes les populations du globe ont connus (au moins une fois dans leur histoire) une période de famine.
Notre corps fait des "réserves"; nos grands-parents faisaient des réserves.
Papy et Mamy faisaient leurs provisions de manière rationnelle, sans gaspillages; et les aliments se conservaient beaucoup mieux à leur époque (certainement une conséquence involontaire du progrès...!)

La seule vérité (je suis borgne) que semble démontrer l'expérience des singes capucins, c'est que lorsque vous retirez une créature vivante et pensante de son milieu naturel, que vous l'enfermez dans un prison et que vous conditionnez son approvisionnement alimentaire, cette créature sera prête à toutes les concessions pour assurer sa survie. Un certain W. Towsend l'avait déjà démontré au début du XIXe siècle (ref: Ti coup de gueule (2), du 23 mars 2011).

Si l'instinct de survie est quelque chose de tout ce qu'il y a de plus naturel, les comportements, qu'induit le conditionnement à l'argent, ne le sont pas!

Comme le dirais si bien mon ami M.V.: "L'argent est devenu l'une des plus grosses saloperies que l'homme ait inventé sur cette terre...!"  Et certainement le premier tueur en série de l'humanité.
Mais voilà... Nous n'aurons jamais assez de couilles pour nous en débarrasser définitivement.

NEMo

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