Le 3 octobre 2013 un bateau de migrants coule au large de Lampedusa. 374 victimes mortes noyées.En une bonne dizaine de jour Lampedusa se retrouve sous le feu des projecteurs médiatiques internationaux, Lampedusa devient « le mouroir de l’Europe, le miroir de l’Europe » (http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/lampedusa-mouroir-de-l-europe-miroir-de-l-europe_1289103.html)
Selon l’article le gouvernement italien considère que «1'500 personnes essaient d’accoster chaque semaine sur les rivages du Sud de la Botte» et que près de 25'000 migrants auraient déjà trouvé refuge en Italie depuis le début de l’année (quatre fois plus qu’en 2012 à la même époque); chiffre auquel Frontex additionne quelques 37'220 migrants qui ont franchi la frontière gréco-turque.
Frontex l’agence de surveillance des frontières européennes a décidé de râcler les fonds de tiroirs pour donner «deux millions d’euros de [son] budget à l’Italie, lui donnant la priorité sur d’autres missions, afin de prolonger l’opération Hermès jusqu’à novembre.» La Marine italienne pourra envoyer plus de matériel pour l’interception des migrants en pleine mer et faire en sorte que leurs cadavres ne viennent plus s’entasser sur les contreforts de la forteresse européenne.
Une semaine plus tard, c’est un autre bateau transportant quelques 250 migrants qui se retourne entre Malte et la Sicile. 50 personnes trouveront la mort, dont une dizaine d’enfants. Les survivants ont été accompagnés à Malte. Après? Ils seront certainement réexpédiés chez eux.
Le récent drame de Lampedusa fut titré, par certain quotidien, comme étant le drame qui faisait «honte à l’Europe». Sauf que ce n’est pas la première embarcation qui sombre dans la Méditerranée avec des miséreux auxquels d’ignobles passeurs ont séquestrés leurs dernières économies.
La honte se révèle quand les cadavres se découvrent sur des plages européennes, parce que dans le silence de la Méditerranée, il n’y a personne pour vous voir mourir.
Les marins s’entraident et il y a un honneur certain à ne pas laisser une personne en détresse au milieu de ces vastes étendues d’eau qui recouvrent une bonne partie de notre globe. Mais un migrant est-il un marin? Un migrant est-il un touriste en perdition?
Il y a quelques jours ce sont plus de 250 migrants qui furent recueillis en pleine mer. La cause de ces personnes fuyant la misère et les conflits de leur pays étant, pour l’instant, médiatisée, le sauvetage est filmé avant d’être diffusé par nos journaux télévisés. Il faut faire croire à l’opinion publique que le sort de ces migrants importe à nos dirigeants si bien costumés. Dans un mois, tout cela sera oublié et nous commencerons à songer aux cadeaux inutiles que nous offrirons à Noël.
Un article paru dans le 24 Heures du mardi 10 mai 2011 nous révélait une grave accusation lancée par le journal britannique The Guardian : L’OTAN et des effectifs militaires européens non identifiés auraient laissé une soixante de migrants mourir de faim et de soif en Méditerranée.
Suite à son enquête, le Guardian estimait que le porte-avions pouvait être le navire français Charles-de-Gaulle, «qui opérait en Méditerranée à ces dates».
L’Alliance et le commandement Français démentirent toutes accusations :
«Nous n’avons pas croisé ce type d’embarcation. Nous nous serions évidemment portés à son secours», a affirmé un porte-parole de l’état-major au site Rue 89.
«Un seul porte-avions était sous commandement de l’OTAN à cette date, le navire italien Garibaldi, et il se trouvait à plus de 100 milles nautiques au large», a affirmé Carmen Romero, porte-parole de l’organisation. «Par conséquent, toute déclaration affirmant qu’un porte-avion de l’OTAN a repéré puis ignoré le navire en détresse est fausse.»
Cela a-t-il amené plus de sécurité pour celles et ceux qui tentent la traversée sauvage de la Méditerranée?
Non...
Mai 2007, en Méditerranée à 150 kilomètres au sud de Malte. Un avion d’observation de l’organisation Frontex repère un zodiac surchargé de cinquante-trois passagers qui- probablement à la suite d’une panne moteur- dérive sur les flots agités. Abord du zodiac, les caméras de l’avion identifient des enfants en bas-âge et des femmes. Revenu à sa base, à La Valette, le pilote en informe les autorités maltaises (la radio de l’avion était en panne…), qui refusent d’agir, prétextant que les naufragés dérivent dans la « zone de secours libyenne ». La déléguée du Haut-commissariat des Réfugiés des Nations-Unies Laura Boldini intervient, demandant aux maltais de dépêcher un bateau de secours. Rien n’y fait. L’Europe ne bouge pas. On perd toutes traces des naufragés.
[Article de Jean Ziegler Lu dans Manière de voir N° 108/ Indispensable Afrique.]
Moi ce que j’aimerais savoir, c’est comment l’officier qui retient l’information qui condamne à la noyade des dizaines, des centaines d’êtres humains justifie son silence ? Comment ces gros pontes de l’UE qui se pavanent dans leurs belles limousines de service, se rencontrent dans les plus beaux palaces d’Europe et bouffe en un week-end l’équivalent de la consommation mensuelle d’un village somalien justifient leur inaction qui envoie à la mort hommes, femmes et enfants?
NEMo.
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