mercredi 9 octobre 2013

Cette route qui tue.

2 ans de réclusions pour un chauffard qui a renversé et tué une fillette de neuf ans (avec délit de fuite) et 6 mois fermes pour le passager. Le chauffeur qui ne semblait pas vraiment comprendre pourquoi il a comparu au tribunal a dit :
« Heureusement que je me suis arrêté, sinon vous ne m’auriez jamais retrouvé .»
Et il a décidé de faire appel du jugement parce qu’il n’est « pas un tueur ». 2 octobre 2013.
C’est vrai quoi ! Ce jugement va envoyer en prison un homme innocent parce que techniquement c’est sa fourgonnette qui a tué la petite fille ; une fillette qui est allé voler des pommes dans les champs de l’autre côté de la route. Fille, pomme, reste plus qu’à faire intervenir le divin châtiment pour libérer cet homme. Pis quoi encore !!!
Deux ans de prison c’est vraiment cadeau pour la vie d’une petite fille et la douleur des parents.
Mais depuis le temps, nous savons qu’une vie humaine ne vaut pas grand chose face à la calandre d’un véhicule.

3 ans de prison dont 8 mois ferme pour un chauffard français de 29 ans, informaticien, qui au volant d’une voiture de location, a tué un ouvrier de 24 sur l’autoroute en novembre 2011.

Contresens mortel près de Chavornay, un chauffard de 53 ans sous le coup d’un retrait de permis, multirécidiviste et avec 1,89g d’alcool dans le sang, tue en août 2011, le conducteur d’un véhicule circulant normalement sur l’autoroute. Trois ans de réclusion dont 18 mois avec sursis.
Un des gros titres en relation avec ce drame apprenait aux lecteurs que le chauffard n’avait pas attaché sa ceinture de sécurité, et qu’il a aussi été sanctionné pour cela. Ouh le vilain !
Le code de la route, tel qu’il est appris aux élèves conducteurs, n’accepte aucune ‘’perte de maîtrise’’ du véhicule, rend responsable le conducteur du véhicule qu’il met en mouvement ; vous devez même être capable d’anticiper les erreurs des autres usagers de la route afin d’éviter tout accident.
La théorie est claire mais la pratique, encouragée par la technologie embarquée, autorise les inattentions et les avocats se chargent de déresponsabiliser les conducteurs fautifs.
« Mon client venait d’apprendre une très mauvaise nouvelle, il a bu quelques bières pour oublier quand malheureusement sa femme sur le point d’accoucher l’a appelé pour se rendre à la maternité. Il était presque arrivé à son domicile quand son patron l’a appelé sur son portable, et c’est en cherchant son téléphone qu’il n’a vu que trop tard l’enfant qui se lançait sur la route… Son intention n’était pas de répondre à l’appel, juste de voir qui cherchait à le joindre ».

En gros si vous avez les moyens pour vous défendre c’est zéro prison, comme cet automobiliste zurichois qui a écrasé, et tué, non pas une, mais deux personnes. A cause d’une crise d’épilepsie.
Une vedette sportive est responsable d’un violent carambolage quasi en pleine ville d’Aigle et la justice le laisse s’envoler vers l’étranger une fois remis de ses blessures ; un étudiant d’une école hôtelière sur les hauts de Montreux peut envoyer sa voiture dans les décors, tuant au passage sa passagère, et quitter la Suisse sans encombres.
Et pourtant… En juillet 2003 un homme jette volontairement sa voiture du haut du Grand-Pont à Lausanne, en roulant sur le trottoir. Il a entraîné 10 victimes dans sa chute folle : « 3 d’entres-elles décèderont, les autres seront blessées à des degrés divers, dont une fillette de deux ans. »
Il faudra attendre deux ans pour qu’il soit condamné à 10 ans de réclusions. Un jugement qui sera cassé par les juges cantonaux quelques mois plus tard, estimant le conducteur irresponsable. Ce qui change ? Au lieu de croupir en prison, le conducteur est depuis interné en unité psychiatrique et ne retrouvera pas « sa liberté tant que la Commission interdisciplinaire consultative, qui évalue les délinquants nécessitant une prise en charge psychiatrique, n’aura pas la certitude qu’il ne représente plus un danger pour la société. » [on line, 24 Heures du 06.07.2013.]

Est-ce mieux ou pire ? Ce qui est sûr ce que les psys se sont confortablement installés dans les allées des tribunaux locaux, installent leurs cellules de soutien psychologique au moindre drame et facturent les honoraires qui vont avec, of course.
Lors d’un drame récent où un écolier de six ans s’est fait écraser, presque devant son école, par le bus qui venait de le déposer, une cellule psy fut mise immédiatement en place pour que les enfants n’aient pas peur de revenir à l’école ou de reprendre le transport mis en place par la direction. Une mère se dira même satisfaite que sa fille lui soit rendue, en fin de matinée, souriante.

En France le Code pénal prévoit de cinq à sept ans d’emprisonnement en cas d’homicide involontaire pour les chauffards. Mais même chez nos voisins la peine maxi est rarement appliquée. Trois ans ferme pour un chauffard de 23 ans qui, en voulant échapper à un contrôle de police, s’est engagé à contresens dans un tunnel avant de percuter un motard de plein fouet et de le tuer (Val d’Oise, octobre 2012) ;
Dans le Loir et Cher une sexagénaire ayant consommé alcool et antidépresseur s’engage en contresens sur l’A71, la gendarmerie parviendra à mettre en place un barrage que l’automobiliste forcera avant d’encastrer frontalement un autre véhicule, tuant son conducteur, un père de famille d’une quarantaine d’année. Six mois plus tard le tribunal correctionnel du coin condamne la femme à une peine de deux ans d’emprisonnement, dont une année avec sursis. L’auteure du drame est une personne psychologiquement fragile qui vit très mal ses difficultés conjugales.
Un homme a écopé de quatre ans pour avoir tué quatre personnes, et la plus lourde condamnation que j’ai trouvée a été prononcée en juin 2013 : Dix ans de prison dont deux années assorties du sursis, soit huit ans fermes pour un chauffard récidiviste. Multirécidiviste dans la consommation d’alcool (l’accusé avait été contrôlé une semaine avant le drame pour lequel il a été jugé avec un taux d’alcoolémie à plus de 2g d’alcool dans le sang), récidive pour avoir roulé sans permis mais surtout la récidive pour avoir déjà été condamné pour accident mortel en 2004.
http://www.aisnenouvelle.fr/article/actualites/accident-mortel-la-juste-pein%0F

Comme je le disais plus haut, le conducteur doit être maître de son véhicule (la perte de maîtrise est punissable) ; le conducteur doit aussi renoncer à prendre le volant si son état de santé ne lui permet pas de conduire. Mais l’homme se croit tellement plus fort que tout.
Personne ne nous oblige à boire ; personne ne nous oblige à enfreindre les règles de la circulation routière, fussent-elles trop contraignantes ; personne n’appuie sur l’accélérateur à notre place. Mais quand survient l’accident, ça couine : « Je ne le voulais pas… ». Pourtant tout ce qui a mené à l’accident était ‘’volontaire’’.
Une Droite libérale qui s’oppose à toutes mesures visant à limiter les ventes de produits en tous genres, alcool inclus, clame qu’il faut « faire confiance aux consommateurs », que le consommateur Suisse est une grande personne qui sait prendre ses responsabilités. Oui, quand tout va bien.
Mais quand les choses vont mal : « Je ne me souviens plus » ; « J’ai eu un trou noir » ; « Ce n’est pas de ma faute… ». On fête une promotion, on arrose un nouveau job, on est en retard au travail ou chez un client, et que sais-je encore de toutes ces excuses qui vont nous déresponsabiliser dans l’acte fautif que l’on vient de commettre, parce que nous avons toujours une bonne raison pour enfreindre les règles que l’on nous impose. Mais le plus imparable reste encore le problème de santé passager ou la crise d’épilepsie.

Je ne dis pas qu’il faut que nous nous pliions aux règles établies, sans réagir, tels de vulgaires moutons. Je pense juste que lorsqu’une vie est prise, qu’un enfant est enlevé à ses parents, le coupable devrait avoir le courage de reconnaître ses fautes et de demander avec sincérité le pardon des survivants.

NEMo.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire