mardi 15 octobre 2013

Mise en scène

Les séries télé nous captivent parce qu’elles racontent, en plus des énigmes momentanées, des histoires humaines auxquelles nous pourrions toutes et tous nous identifier. Les séries américaines j’aurais du préciser, parce que les productions policières françaises cassent pas des briques.
Le cinéma, lui, c’est du spectacle. Du grand spectacle ! Le kino c’est top quand on veut se faire décérébrer pendant 120 minutes. Il y a une année ou deux, des spécialistes de nos neurones prétendaient que les zones qui s’illuminent dans notre boîte crânienne lorsqu’on regarde un film bourré d’effets spéciaux sont les mêmes que celles des bébés qui découvrent les lueurs et les images du monde qui l’entoure. Sauf que le bambin ‘’apprend’’ quelque chose de toutes ces ‘’images’’, ce qu’il touche ou découvre lui est et sera utile sa vie durant. Nous ? A part en causer derrière une bière ou essayer de savoir pendant des heures si la fin d’ Inception est ‘’vécue’’ en ‘’vrai’’ ou en ‘’rêve’’, je vois pas trop l’utilité.
Par contre cela devient inquiétant quand ce que nous visionnons, sur grand ou petit écran, a la capacité de nous influencer dans nos choix, sur notre manière d’être.

Dès qu’il l’a vu, le petit Nono voulait le Kart télécommandé de Mario ; son père ne serait pas contre la Camaro qui ne se transformera jamais et peut toujours fantasmer sur l’Aston Martin de Jimbo. Quand aux meufs de 007, on n’y pense encore moins.
On va faire les Golgoths au fitness, s’inscrire dans des clubs de sport, passer au solarium parce que les U.V « donnent… la même couleur aux gens » et chez le tatoueur histoire de finaliser le relooking.
Ensuite, le tout s’exhibe fièrement sans la moindre conscience d’avoir mis un masque sur le visage de Dieu.

La trente-neuvième semaine de cette année c’était la sortie en DVD-Blu-ray-HD-Full-3D de « Fast & Furious 6 », l’occasion pour les fans de Cars de voir  Strip Weathers, dit : « Le King », en vrai et dans une autre teinte que son bleu Dinoco. Est-ce pour marquer zi événement que W9 a rediffusé les 5 et 4 de cette franchise en tout début de semaine? Un déballage de grosses mécaniques bruyantes et rutilantes, des explosions de tous les côtés, de la musique, de la meuf. Et le choc !!! Riddick vs Le Roi Sorpion ; Testorettone Man vs Samoan Thor.
Le pire, c’est qu’au lieu de rester sur le happy end du sixième opus, Hollywood va nous en remettre un septième de « Furious » ! Et là Dom va prendre de vilains coups, parce que le probable méchant-méchant c’est pas n’importe qui ! C’est le Transporteur himself (pas le ringard de la série sur M6), celui qui fout la raclée à toutes les pègres du monde ! Le vainqueur de la Death Race, première édition! L’Expendable Jason Statham ! Si toute l’histoire n’était pas déjà ficelée, les bookmakers seraient aux anges.
Mais bon, c’est quoi la suite ? Parce qu’après avoir bousillé un tank et crashé un gros, très gros, Antonov Russe sur la plus longue piste d’aéroport de la terre et de l’univers, qu’est-ce qu’ils vont bien pouvoir casser cette fois ? Le Missouri, un porte-avions, une station orbitale ?
Et après !? « Furious 8 » : La Famille Toretto vs de méchants aliens ; le numéro « 9 » : Nick Fury enrôle Toretto dans le SHIELD et l’épisode « 32 » sera le drift à l’EMS, tandis que le rejeton de Brian aura piqué une invention à pépé Stark et roulera en Iron Skyline.. ?
Le lendemain (le 24.09) de la redif’ une succursale de l’UBS s’est fait braquer à Genève par une bande de malfrats, peut-être gonfler à bloc par le rush final de Dom et de Brian (qui sait ?!), mais avec des scooters. [Des scooters qui pourraient aussi profiter du « tourne à droite », en grillant les feux rouges si l’expérience rhénane est positive avec les vélos].
Le Matin publiait le 30 septembre un autre article sur le casse genevois de l’UBS, vendu en première page par cette petite phrase : « La police savait qui serait pris en otage. »
Lu comme ça en vitesse j’ai pensé à « Médium », « Numbers », « Déjà vu » ou encore « Minority report »… Je me doutais bien que nous étions sous surveillance, mais pas à ce point.

Cinéma et télévision ont aussi la mission de nous vendre, et surtout de nous faire ‘’accepter’’, les technologies de demain. Des Experts (toutes les séries) aux NCIS  en passant par Esprits criminels accèdent à des technologies informatiques quasi révolutionnaires, ainsi qu’à des fichiers référençant tout ce qui peut exister de vivant ou non sur notre planète, en plus des informations persos sur toutes les personnes ayant, de près ou de loin, un quelconque lien avec leur affaire en cours.
Si le fichage et la surveillance servent à arrêter de vilains criminels ou de dangereux terroristes, toute cette technologie fonctionne quand même 24 heures sur 24 et peut enregistrer nos moindres faits et gestes. Ce qui n’est pas pour plaire à tout le monde. Alors comment faire passer la pilule ? Person of interest répond à la question. Là ce ne sont plus les méchants qui sont surveillés, mais les innocentes victimes (la plupart du temps). Les victimes potentielles sont étroitement épiées, leur ordinateur fouillé et leur téléphone cloné juste pour découvrir QUI leur veut du mal. On nous surveille pour notre bien. Fallait y penser…

L’homme et la machine.
La machine est sous contrôle (fini les Matrix, les Terminator et, dans une moindre mesure, I, Robot) et l’homme qui y accède ne nous veut plus du mal (exit Ennemi d’Etat ou L’œil du mal). La machine devient notre alliée, ou l’arme ultime, pour combattre de dangereuses menaces extra-terrestres (Transformers ; Pacific Rim) ou plus simplement cette extension de nous même qui nous permet de vaincre l’adversité (Real Steel). Le robot peut devenir cette armure philanthropique qui ressemble à ces exosquelettes qui permettront aux handicapés de re-marcher.
Avec Iron Man on explose tous les standards dans les domaines de l’informatique, de la robotique et de la domotique (Jarvis, le majordome de l’hôtel des vengeurs, devenu le laquais informatisé de Tony Stark). Tony Stark est Iron Man, l’homme est la machine. Un ‘’robot’’ aux dimensions humaines qui n’a rien à voir avec l’arme de destruction d’Avatar ou le monstrueux Samouraï d’argent qui fit la manucure à Wolverine, et pourrait très bien être un équipement de l’US Army pour les gentils Marines.

Comme les amalgames de métal et d’informatique ont la cote, les robots vont revenir dans le prochain épisode des X-men sous l’apparence des Sentinelles. Une invention financée par le gouvernement US pour protéger les faibles humains de la menace que représentent les mutants. La machine qui sortait des numéros prend corps et devient autonome. Les Sentinelles veillent sur les gentilles familles américaines en neutralisant l’ennemi qui se cache sur le sol américain. Le délit de faciès automatisé, l’eugénisme programmé, la mise en place possible d’un système autonome qui pourrait, pourquoi pas, contrôler les flux migratoires et couler les boats-peoples avant qu’ils ne pénètrent dans les eaux territoriales.
Cela paraît extravagant !? Pourtant des systèmes d’armements autonomes qui analysent les comportements avant de définir si l’humain analysé représente une menace pour la sécurité, ou pas, existent déjà.
Et contre cela il n’y a pas de héros ; pas de héros non plus pour régler les problèmes récurrents de notre monde. Mais la petite graine implantée dans nos subconscients peut permettre d’imaginer, après environ 220 minutes d’effets spéciaux, que le salut descendra du ciel, qu’un messie extra-terrestre body-buldé viendra nous montrer le chemin de l’Espoir…

NEMo.
 

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