Nous revenons tous vers ce lieu que nous avons aménagé, décoré et entretenu selon nos propres goûts personnels, voire intimes.
Dans ce lieu il y a une chaise, un pouf, un sofa, un canapé, un fauteuil, un rocking-chair, un hamac, un lit ou même la cuvette des wc sur lequel le corps se relâche et se détend ; un endroit où le corps expire les contrariétés, les difficultés et les emmerdes de la journée.
Dans chaque maison il y a cet endroit particulier qui vous signifie ‘’physiquement’’ que vous êtes rentré à la maison.
Un corps qui se calme, se repose et se détend c’est également un cœur qui se calme, se détend, se repose et qui peut aussi rentrer à la maison. Un cœur qui rentre à la maison est un cœur qui peut retrouver un confident, pourquoi pas un chien ou un poisson rouge, une femme, un enfant, une famille. Un cœur qui peut se repaître d’un sentiment d’Amour partagé à l’infini ; un cœur qui se sent ‘’à la maison’’ parvient à apaiser un corps qui court et se stresse.
Pour que nous nous sentions bien dans notre Etre, il faudrait que le corps, le cœur et l’esprit soient en harmonie, qu’ils ‘’cherchent’’ la même chose.
Comment se détendre si notre esprit est hanté par les fantômes de notre journée ? Comment faire rentrer à la maison cet esprit s’il ne laisse pas s’envoler les souvenirs de clients insatisfaits, d’un patron mécontent, d’automobilistes ne conduisant pas de la même manière que nous, de cette grand-mère qui nous a passé devant dans la file au supermarché ?
Laisser rentrer l’esprit à la maison se peut être lâcher l’emprise qu’à l’ego sur notre manière de penser ; se peut être laisser partir l’autosatisfaction et les frustrations.
Puis, sans s’affaler, c’est prendre place confortablement sur un fauteuil ou un sofa, s’étaler sur un lit de tout son corps ; c’est aussi ressentir le poids de ce corps qui veut s’enfoncer dans un matelas et apprécier la composition de ce support qui s’y oppose ; c’est ressentir cette force qui vient du Ciel pour nous pousser vers
Maintenant, il y a ce corps qui bouge tout seul. Qui se gonfle et se vide au rythme de notre respiration. La cage thoracique, l’abdomen. Il y a ce mouvement devenu inconscient de vie qui nous insuffle de la chaleur et de l’énergie. D’abord c’est tout le corps qui enfle avant de s’aplatir ; nous pouvons jouer avec : respirer dans nos poumons, puis dans le ventre ; nous pouvons alterner : Inspirer dans le thorax, expirer par le ventre. Puis l’inverse.
Nous finissons par ressentir une énergie qui voyage dans notre corps, comme nous le faisons dans notre appartement, et que nous pouvons la ‘’guider’’. Nous inspirons par le bassin et nous expirons au travers de nos mains. Amplifiez. Les genoux peuvent être difficiles à passer. Ralentissez...
Vous inspirez par la plante de vos pieds et relâcher cette énergie par le sommet de votre crâne…
‘’Je’’ suis rentré, bienvenue à la maison.
Cet apaisement mène vers une quiétude qui tutoie la sérénité. Dès lors c’est le Monde qui vient vers vous, qui s’invite en vous.
Une voisine qui, perchée sur ses talons, fait toujours autant de bruit dans le corridor, même quand elle ressort de l’ascenseur deux étages plus haut ; la plomberie est indiscrète des besoins des autres locataires. Puis c’est le mécanisme de l’horloge de la cuisine; la respiration de la personne qui dort dans l’autre pièce (sans ronfler). Il y a un scooter qui monte sur la route principale, une voiture qui la descend, un chat dans les buissons et, pourquoi pas, le cœur qui bat dans votre poitrine...
« Nous sommes loin de ce que nous fûmes à l’origine », disait le Furyan. Comme cela est vrai.
Que de terres arpentées en long et en large depuis nos premiers grognements au fin fond des cavernes ; que de découvertes depuis notre premier levier, depuis Prométhée, depuis la roue ; que de questionnement, parfois sans réponse, depuis nos premières frayeurs face à la foudre, depuis nos premières prières adressée à un bout de bois ou à un rocher.
Peut-être qu’un jour les astrophysiciens perceront les secrets des 95% de l’Univers restant à découvrir ; peut-être connaîtrons-nous un jour tous les ‘’Comment’’ de
L’homme peut déménager, changer de domicile, au gré de ses envies et de ses besoins ; l’Humanité n’a qu’une seule maison. Des sociétés peuvent se divertir de tout ce que l’industrie des loisirs a à proposer, l’esprit de l’Homme sait qu’il ne trouvera sa sérénité que dans une communion avec
Une communion qui nous époustoufle de beauté et de puissance ; une puissance qui, malgré l’humilité qu’elle nous impose, nous dit :
« Tu fais partie de tout cela, Tu es tout cela. »
Une petite voix, qui pourrait être l’enfant que nous étions, pourrait nous confronter à tous ces choix de vie qui nous ont tant éloigné de ce que nous étions à l’origine ; cet enfant qui nous questionne obtient des réponses dont la rationalité n’a aucune logique.
La voix de cette conscience que l’on désire muette nous dit la même chose que cet enfant que nous tenons par la main et qui en a marre de ‘’courir’’ dans un urbanisme stressant :
« Papa, je veux rentrer à la Maison ».
NEMo
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire