Petites pensées en retardataire.
La "Loi Création et internet" qui vise principalement à mettre un terme aux partage de fichiers sur internet (peer to peer), en infraction avec les "Droits d'auteur", fut mise sous "coupole" française à la mi-2009.
Pour le plaisir d'un gouvernement Français qui ne cherchait qu'à préserver les revenus de l'industrie du loisir.
Dès lors, l'Etat devait se doter d'un "bureau" pour gérer les dénonciations, la répression et les plaintes; ce fut chose faite le 31 décembre 2009 avec la "Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet", Hadopi, et un budget initial annuel annoncé à 12 millions d'euros.
A un niveau plus global cela par la suite donne un truc du genre "ACTA" (Anti-Counterfeiting Trade Agreement, Accord commercial anti contrefaçon pour les francophones). Un traité dont la Suisse, que Washington considère comme un refuge de à "Pirates du net", a contribué à l'élaboration, et que 22 pays de l'UE auraient déjà signé.
Avec la décision prise au début juillet par le Parlement européen, et après trois ans de lutte, les détracteurs du traité "ACTA" ont gagné une bataille contre la Commission européenne, et certaines multinationales, qui voulait signer le dit traité "au nom de la défense des intérêts économiques des entreprises victimes du piratage et de la contrefaçon".
Mais il ne faut pas se leurrer. Vous virez le contrôle "officiel" du Net par la porte, il reviendra par la fenêtre…
Petit "Flashback":
Un des nombreux sujets de discorde fut (l'absence) de crise économique du secteur du divertissement.
Les ventes de CDs étaient en chute libre (on parle de -50% dur dix ans) et il fallait absolument garantir les revenus des grands Managers.
Accuser et criminaliser une jeunesse adolescente qui téléchargeait illégalement ses hits favoris sur le Net était facile et permettait surtout de ne pas balayer devant sa porte.
Le secteur du disque n'a jamais vraiment évolué dans le choix des supports qu'il présentait à ses clients.
Si le CD a carrément supplanté le vinyl et la bonne vieille cassette à bande magnétique il y a presque 30 ans (la première commercialisation du CD remontant à 1983), on ne peut pas dire que depuis nous avons été les témoins d'une franche évolution dans les supports "musicaux".
Mais le nœud du problème est à chercher ailleurs: Dans le porte-monnaie de cette jeune et critiquée clientèle, ainsi que dans la multiplication des spectacles et des festivals.
Sur la multiplication des festivals, le "24 Heures" du 22 juin y consacrait une page entière:
"Victimes de leur succès, les festivals jouent leur avenir", et de nous faire partager quelques chiffres comparatifs qui nous apprenaient que si entre 2005 et 2011 l 'augmentation (en%) du nombre de festivals et de concerts suivait la même courbe ascendante que l'augmentation du prix du billet (respectivement +25,3% et +24,5%), le nombre de billets vendus ne variait que de +8,44%.
En regardant mieux le mini tableau* publié par le même quotidien chiffrant "l'offre et la demande" en matière de spectacles musicaux, avec une escale en 2009, on constate que l'offre musical prend l'ascenseur depuis 2 ans (+19% de 2005 à 2009 et +12% de 2009 à 2011); par contre, le prix moyen du billet qui a connu une explosion entre 2005- 2009 (+32%), n'augmente que de 30 centimes les deux années suivantes.
Quant au nombre de billets vendus, l'augmentation peine à faire les trois pourcent sur les quatre premières années de calculs, tandis que la stabilisation des prix par billet pourrait expliquer l'évolution des ventes de +6% entre 2009 et 2011.
Concernant les chiffres d'affaires totaux bruts, la tendance est à la baisse depuis 2009 (-10% environs), malgré l'augmentation globale de 38,3% sur les six dernières années.
Ajoutez à cela les chaînes musicales sur l'écran du salon et les stations radios qui se concurrence à coup de "Hits" en exclusivités sur Débile FM et des Hits qui tournent en boucle de la chambre d'ado au WC du centre commercial, en passant par les transports publics.
Grâce au mini lecteur MP3-4, 18 ou 24, les Smart-i-Phones, etc… cette jeunesse n'a plus besoin de débourser une petite trentaine de franc pour avoir les trois minutes et quelques du dernier tube de son iDole.
Et il peut emmener avec lui TOUTES ses idoles, pour les faire "chanter" quand ses potes et potesses l'appellent sur son natel.
Grâce aux multiples events de concert, la jeunesse peut accéder à son artiste favori en direct Live; grâce à la nuée de festivals en tous genres les jeunes peuvent accéder à leurs artistes favoris en direct Live…
Mais tout cela a un prix.
Une soirée banale au "Montreux Jazz Festival" vous coûte pas loin de trois entrées dans d'autres festivals; et si l'artiste de la soirée est une "Légende", c'est votre budget de la saison qui est grillé pour "payer" tous les petits cadeaux gratuits que Monsieur Claude offre à ses invités…
Tout cela mis bout à bout nuira forcément à l'industrie qui fabrique les disques.
Mais c'est plus facile de taper sur les internautes que de mettre un frein à cette surenchère de spectacles copiés-collés.
De l'autre côté, l'industrie cinématographique ne s'est pas endormie sur ses lauriers.
Pour faire simple: le "VHS" était en concurrence avec entre autre le Betamax et les systèmes de lecture étaient aussi variés que les continents.
La rumeur prétend que si le "VHS" c'est imposé comme support vidéo mondial, c'est grâce à l'industrie du porno. Léger, petit, maniable, utilisable dans toutes les positions…
Le VHS fut en concurrence avec le "Laser Disc", sans que ce dernier parvienne vraiment à s'imposer.
Puis le DVD est arrivé en 1995.
Un film, des bonus, un choix de langage, choix des scènes, des bandes annonces… Et des sous-titres en Croate, en Arabe, ou accessible à tous les pays européens… Le cinéma à la maison quoi.
Le tout premier "Le Roi lion" vendu sous ce format proposait une bonne douzaine de langages différent pour deux fois plus de sous-titrages… La Bande-son chantée en Hébreux était impressionnante.
La succession du Disque optique sera une lutte acharnée entre Toshiba allié à Microsoft qui voulaient commercialiser le HD-DVD, et Sony avec son Blu-Ray.
Toshiba abandonnera au début 2008 et Sony présente son premier lecteur B.D. en 2009.
Les systèmes de projections/lectures d'images ont aussi évolué: B&O, le Match Line de Philips, l'écran Trinitron de Sony, les rétroprojecteurs, les écrans plats, la H.D., le "Home Cinéma" en 5.1 puis en 7.1, j'en pase et j'en oublie…
Et on (re)plonge gentiment dans la 3D.
Depuis quelques temps qui durent, et pour encourager la clientèle à se mettre au Blu-Ray, les distributeurs se la jouent "Père Noël": Avec un coffret Blu-Ray acheté vous recevez, suivant le film commandé, une version DVD sur un deuxième disque, et un code alphanumérique pour le téléchargement du film acheté. Trois possibilités de voir le dernier film de Mort Cuise pour une quarantaine de francs…
On peut difficilement faire mieux, et les copies DVD légales offertes sont du pain béni pour un second marché en sous-main.
Je n'ai plus de lecteur DVD, et il est hors de question que j'en installe un dans la voiture ou dans la chambre du petit.
Donc que faire de ce deuxième disque…? Le jeter?!? Vous n'y pensez pas…
En omettant volontairement l'avarice des gros producteurs, le monde du disque est en péril à cause d'une surenchère de production "Live" et de possibilités miniaturisées, sélectives et officielles de téléchargement; tandis que le monde de l'image, en se servant de ces nouveaux supports technologiques pour promouvoir ses productions, peut continuer à s'enrichir aux détriments des petites salles de cinéma qui tirent la langue parce qu'elles n'ont pas forcément le budget nécessaire pour rénover, transformer et passer à la 3D. C'est un poil paradoxal.
La bonne surprise dans tout cela, c'est le retour en grâce du vinyl et des pochettes oniriques d'une beauté approchant parfois le sublime. La tendance serait, pour celui qui est accroc à ce support, de trouver une sorte de petit cadeau "bonux" à l'achat de certains disques. Un petit cadeau qui ne serait rien d'autre qu'une clé d'accès alphanumérique permettant de télécharger, officiellement, un titre supplémentaire qui n'est gravé dans le microsillon…
A malin, malin et demi.
NEMo
* source: Swiss music promoters association
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