mardi 24 juillet 2012

"Lou solen me fait canta."

Voilà ce qui est écrit sur les ailes de la cigale en céramique que le petit Nono a voulu offrir à sa maman, en souvenir des vacances. Pour se souvenir de cette période loin de tous nos petits, et grands, appareils électroniques; un temps qui nous a emmené dans l'ignorance de tous ces "tracas" internationaux qui nous oppressent; un temps qui nous a permis de profiter de la "Vie dans chaque soupir" et demeurer dans l'illusion que tout va pour le mieux.

Les premières news du retour furent en gros: "Les gros sont fiers de l'être", Mac Do approuve; "un adepte de la varappe s'aplatit mortellement dans une carrière"; "Une imprimerie Lausannoise met à terre la carrière de ses employés": Super Leuba ne laissera pas faire; "Un iceberg de plus de 120 kilomètres carrés a décidé de fuguer du Groenland": Les scientifiques s'inquiètent du réchauffement climatique qui n'existe officiellement pas, tandis que les oligarques du pétrole se frottent les mains (moins il y aura de glace là-haut, plus facile sera le futur forage et la navigation des supertankers), et se réjouissent de pouvoir achever notre planète qui agonise officieusement; "Un étudiant en neuroscience fait un carnage pas loin de Columbine lors de la première du dernier Batman".
Et le "Messie techno", David Guetta, était au Paléo de Nyon ce dimanche passé (le 22.07). C'est con… J'étais à Nîmes le 19, lui le 20, il aurait pu me dire de l'attendre et faire le voyage avec nous. Il aurait économisé un billet de train.

Et puis il y a la Syrie qui, au rythme des massacres qui se succèdent, plonge chaque jour un peu plus dans la guerre civile, rendant inéluctable départ de Bachar.
Un pote/collègue qui a de la famille là-bas, et qui retourne chaque année au pays pour plusieurs mois, me confiait qu'il n'avait aucune idée de ce qui se passait réellement chez lui. Que oui, il y avait bien une rébellion, mais que toutes les infos qui nous parvenaient n'étaient peut-être pas l'exacte vérité sur les événements qui se produisent en Syrie. Il m'a même confié que certaines "images" n'avaient pas pu être filmées en Syrie, et que nous étions les témoins passifs d'une guerre médiatique. Info ou intox?
Et que penser lorsque c'est l'Armée syrienne libre qui force les commerçants à fermer boutique..?
Impossible, pour moi, de répondre alors que les morts sont bien réels, et que la capitale commence à brûler..?
Cependant, tous les ingrédients de la manip de l'opinion publique sont, à nouveau, réunis.
Un méchant, très méchant, qui dispose de salles de tortures pour faire mourir lentement, et dans d'horribles souffrances, les opposants de son régime;
Un méchant qui m'éprise les libertés individuelles et toutes formes de démocratie;
Un méchant qui dispose d'une armée plus "puissante" que celle d'un feu Saddam par exemple, une armée techniquement moderne capable de résister aux forces des "gentils" avec plus d'efficacité et de précision que celle de feu Mouamar, une armée capable d'exporter le conflit au-delà des frontières du pays grâce aux récentes acquisitions de matériels Russes. Les nostalgiques de la "Guerre froide" apprécieront, à moins que cela ne soit qu'une manière détournée pour amadouer Poutine…
Un méchant qui aurait dans son terrifiant arsenal des armes décrites comme "non-conventionnelles", pour ne pas dire: chimiques, et qu'il menacerait de les utiliser contre tout soldat étranger.
Des armes qui risqueraient de tomber entre de mauvaises mains si les "gentils" renversaient le régime du "méchant". Que faut-il comprendre? Que BeA serait moins dangereux qu'Al Qaïda?
Malgré tout, les choses bougent là-bas. Dans quel sens ? Les spécialistes du Moyen-Orient recensent les possibilités de fuite pour BeA, alors que les grands "marionnettistes" de l'ONU ont certainement déjà prévu depuis longtemps l'après Bachar.
BeA a perdu la guerre médiatique. Mais il perdra beaucoup plus quand les victimes civiles (re)deviendront les femmes et les enfants de Syrie. L'opinion publique et internationale versera une larme de crocodile et acceptera tacitement l'assaut final.

"Le soleil me fait chanter", dit le message de la cigale sur ses ailes de céramique. C'est presque beau et cela fait rêver aux vacances.
Sauf que, techniquement, elle "cymbalise", la cigale. Mais cela aurait fait moins joli dans la fameuse fable, et  plus difficile à imager:
"Ayant percuté l'un contre l'autre les petits disques métalliques qu'elle tenait dans ses petites papattes tout l'été…"
Vous connaissez la suite.
Alors admettons sur quelques lignes qu'il chante… "Il", parce que c'est le mâle qui fait tout ce ramdam. Comme la plupart de tous les mâles de la planète dès qu'il s'agit de s'attirer les faveurs du sexe opposé.
Ou alors, comme il commence sa sérénade à partir de 25° C, en faisant "claquer" une petite membrane de forme convexe en tirant dessus. Ce mouvement, répété jusqu'à 900 fois/ minute, pourrait agir comme un système de refroidissement interne.
L'attrait exercé sur les "femelles" ne serait qu'un effet secondaire qui trouverait son explication dans l'insatiable curiosité de la gente féminine.
Pouvez me dire que si le bruit que font les cigales n'était que la manifestation sonore d'un simple climatiseur interne, on en trouverait sur les cigales femelles. Ma foi, oui. Mais nous savons à peu près tous que les femmes savent supporter beaucoup mieux que les mâles les rigueurs de l'existence… Et en silence.

Bref, la cigale ne chante pas, et ne cymbalisera pas tout l'été, tout au plus sera-t-il l'insecte le plus bruyant de la planète pendant 4 à 6 semaines, de sa métamorphose à sa mort. N'en déplaise à Monsieur Lafontaine.
Donc elle ne passera pas l'hiver non plus une fois l'âge "adulte" atteint, mais elle aura quand même vécu à l'état larvaire entre 10 mois et 8 ans dans la terre, accrochée aux racines des arbres dont elle sucera la sève. La sève étant son seul et unique repas.

Le lien entre une cicadidae et tout le reste? Aucun, a priori.
Si ce n'est que l'ensemble nous berce d'illusions. La première par ce que nous traduisons par un chant rythmant notre "farniente", ou nous accompagnant lors de nos promenades dans le Midi.
Le reste en nous faisant entrevoir les heures sombres à venir pour que nous demeurions une population amorphe. La première est la compagne de notre liberté, le reste cherche à nous la reprendre.

Nous nous extasions devant l'auguste puissance de la Nature, nous la filmons et la photographions sous tous les angles, les peintres et les artistes tentent de la reproduire aux travers de leurs œuvres. Il n'est pas un poète qui n'ait usé de néologisme en son époque pour louer la miraculeuse beauté du monde qui l'entourait.
Aujourd'hui quand nous sortons de l'ombre des villes, des trains, des métros, des voitures, de notre boulot, de nos vénales prisons pour éclore à la Vie de notre biosphère, nous découvrons que la beauté de notre Mère n'est plus qu'une agonisante illusion, et qu'Elle n'a plus de richesses à nous offrir.
120'000 ans de vies souterraines pour être accroché durant deux siècles aux "branches" de Gaïa, qui nous mène vers la promesse d'un âge d'or qui ne durera pas plus longtemps que les trente glorieuses.

Après huit années passées sur sa racine à philosopher avec les vers et Madame la Taupe sur la beauté du monde supérieur, la cigale se transformera, une fois à l'air libre, en un insecte parfait, puis mourra sous le soleil qui la faisait "chanter". Et cela durait depuis 265 millions d'années…
Tandis que nous arrivons péniblement au bout de nos six semaines.

NEMo.

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