dimanche 26 avril 2015

L'affront aux migrants.

Il a eu lieu le 20 avril dernier, quand les 28 membres dirigeants des pays formant la belle Union Européenne se sont réunis, dans l’urgence, pour trouver une solution au drame des migrants de la Méditerranée, dont le nombre qui s’y noient grossit de plusieurs centaines chaque semaine. De plusieurs milliers chaque année.

L’an passé, il avait fallu qu’un bateau délabré coule, entraînant la noyade de 356 miséreux, au large de côtes Italiennes pour que Rome s’attaque au problème.
32 bâtiments militaires ; jusqu’à 900 soldats italiens engagés et un budget mensuel de 9 millions d’euros (ce qui annuellement équivaut au budget de Frontex) pour mettre à l’eau l’opération Mare Nostrum.
Opération abandonnée en novembre 2014 et remplacée par l’opération Triton, financée et organisée dans le cadre de Frontex : 22 bateaux ; 900 soldats remplacés par 65 officiers détachés par les pays participants, pour un budget mensuel de 2,9 millions d’euros. Soit trois fois moins que ce que les Italiens ont financés.

La dernière tragédie qui s'est produite, sur les eaux claires de la Méditerranée, a envoyé par le fond pas loin de 800 personnes, qui ont sombré avec leur bateau en carton. D’où la réunion de ‘’crise’’ des 28 Sinistres de l’UE, pour prendre des mesures urgentes face à ce drame hebdomadaire, récurant, devenu tristement et honteusement banal.

Pour venir en aide à ces personnes, ces êtres vivants, ces parents et leurs enfants, qui veulent simplement vivre dans des conditions de vies décentes et humaines, qui veulent fuir les violences dans leur pays, qui veulent échapper aux nettoyages ethnico-religieux orchestré par un Etat islamique de M… que ce dernier inscrit dans une pseudo volonté d’Allah, la fière Union Européenne, qui fait propagande de sa démocratie et de ses libertés individuelles, qui prend soin des plus démunis, a décidé de trancher le mal à sa racine et de s’en prendre directement aux ‘’passeurs’’.

Ces ‘’maffieux’’ seront pourchassés pour les empêcher de poursuivre leur ignoble commerce. Pour les migrants qui auraient réussis à quitter les côtes Libyennes, leur embarcation sera détruite, après qu’elles aient été vidées de leurs passagers clandestins et ceux-ci certainement ramené à leur point de départ.
A moins que l’oncle Barack ‘’n’égare’’ maladroitement quelques drones au- dessus de la Méditerranée…
Et pour être bien sûr que l’Européen moyen, qui devient gentiment aussi crétin que le Ricain haut de gamme, comprenne bien tous les enjeux sécuritaires liés au rejet massif de ces migrants, pour qu’ils crèvent chez-eux, loin de nos caméras, l’on n’hésite pas à comparer ces ‘’maffieux’’ à des terroristes (dixit Hollande). Un terme qui pourrait permettre une réponse militaire à un problème de conscience humaine, un problème de respect des droits de l’homme.

Pour mener à bien sa mission, l’UE annonce qu’elle va tripler le budget de Triton. Bel effort qui ramène la mensualité du lézard au niveau de Mare Nostrum. A 28, l’UE va faire aussi bien en 2015 que l’Italie seule en 2014. Saluons l’effort.
Saluons l’effort militaire qui refoulera la misère du monde, que nous avons engendrée, loin de nos plages. Ce qui rendra plus facile l’explication que nous donnerons à nos enfants quand, accidentellement, ils verront les images d’un charnier découvert non loin des côtes Libyennes : "C’est le méchant monsieur avec la barbe noire qui a fait ça."
Plus facile que de trouver les mots qui disent ‘’pourquoi’’ un cadavre est venu s’échouer vers le château de sable.
C’est plus facile de renvoyer la faute sur l’étranger qui ne nous ressemble pas et d’attiser toutes les xénophobies en les décrivant comme : Terroristes.

Il y a bien longtemps, le ‘’Bien’’ luttait contre le ‘’Mal’’. Cette version trop manichéenne et surtout trop ‘’biblique’’ a été remplacée par le ‘’gentil’’ contre le ‘’méchant’’. Avec toutes les nuances possibles. Le ‘’Bon’’ est ensuite venu à bout de la ‘’Brute’’, tandis que le ‘’Truand’’ surfait sur les nuances en fonction du nom de son employeur.
Aujourd’hui, dans ce monde dénaturé, virtualisé, j’ai l’impression que le ‘’manichéisme’’ se résume gentiment en deux catégories : La première englobe ce qui est ‘’bon’’ pour la croissance, tandis que l’autre parle de ‘’terrorisme’’ pour tout ce qui pourrait s’y opposer.

Si l’on s’égare à l’extrême dans cette pensée, la vision que nous pourrions avoir du migrant risque de devenir vide de toute compassion, de toute empathie. Le rythme de notre dé-solidarisation, vis-à-vis de la misère Africaine (ou asiatique), s’étant déjà accéléré.
D’abord par notre manière de présenter les passagers des flux migratoires et la classification des ‘’permis de séjour’’. Une catégorisation qui suit les règles de l’économie mondiale imposée par une caste minoritaire.
Nous ne parlons plus vraiment d’’’émigrés’’ ou d’’’immigrés’’.
Il y a les ‘’expatriés’’ : Ceux que nos sociétés industrielles et commerciales ‘’invitent’’, avec la bénédiction des gouvernements, à venir s’installer chez nous. Tous conforts garantis.
Il y a les ‘’réfugiés’’ : Ceux qui fuient leur pays pour de bonnes raisons, mais qui s’entassent dans des camps de misères dans l’attente de pouvoir rentrer chez eux, ou qu’une ambassade quelconque délivre, à quelques heureux élus qui rentreraient dans les ‘’quotas’’ d’une aide humanitaire étatique, la possibilité de récupérer les quelques miettes du pain que nous leur avons retirer de la bouche.
Et il y a le migrant : Celui que tout le monde (ou presque) ne veut plus voir au coin de sa rue.

Entre 2008 et 2010, un petit deux-tiers de la population Française était favorable à une aide pour les ‘’migrants’’. L’Europe s’émouvait encore à l’image des femmes et des enfants, entassés sur des embarcations qui prenaient l’eau. Sept ans plus tard, après avoir subi les effets de la crise, c’est un bon 60% de Gaulois qui réclame que ces mêmes miséreux restent chez eux. Et au vu de la montée des mouvements nationalistes, partout sur le Vieux-continent, la France n’est pas une exception.
Ensuite viennent nos politiciens qui, trop occupés à pousser le ‘’léchage de cul’’ jusqu’au décrassage de la colonne à pets, des dirigeants de sociétés prétendues trop grosses pour faire faillite, ont laissé pourrir la situation.
Laissant ainsi le champ libre à ces mêmes mouvements nationalistes qui décrivent les migrants comme vecteurs de chômage, de brigandages, de rackets, de trafics de stupéfiants ; laissant le sentiment d’insécurité installer son règne.
La montée récente du ‘’djihadisme’’ individuel n’a pas arrangé les choses et a permis, à quelques observateurs diplômés, de faire remarquer que parmi toutes les personnes entassées dans ces embarcations de fortunes, « il pouvait y avoir des djihadistes.»
Monsieur Encel referme la parabole vicieuse ouverte par F. Hollande. Le migrant devient l’arme que l’Etat islamique, ou un autre groupe terroriste reconnu, nous envoie pour déstabiliser la belle UE.

J’espère que cette pensée ne restera que l’affabulation exagérée d’un mec qui s’encrasse un début de dimanche après-midi et qu’elle ne s’installera jamais dans notre esprit. Parce que si c’est le cas, nous ne vaudrons pas mieux que ces ‘’passeurs’’.

Nemo.

dimanche 15 mars 2015

Tempus fugit

Il me semble que c’est Albert Einstein qui, pour d’écrire la relation particulière que nous avons avec le Temps, a fait la comparaison suivante :
Posez votre main pendant une minute sur une plaque brûlante, cette minute vous semblera interminable. Alors qui si vous restez une minute en compagnie d’une belle femme, le temps semblera extrêmement court.
Donc nous sommes tous d’accord pour dire que la notion que nous avons du temps varie en fonction de ce que nous en faisons, de l’émotion que nous ressentons, des gosses qui font les crétins dans le train et de l’impatience, née de la modernité, que nous éprouvons. Bref de notre « emploi du temps ».

S’il nous est facile de supposer que nos ancêtres vivaient au rythme de la nature et de l’heure de la traite de Marguerite, aujourd’hui notre vie est réglée par des horaires à respecter.
Des horaires imposés par l’homme à d’autres hommes.
On peut trouver une certaine ‘’logique’’, dans cette régulation chronométrée du vivant qui permet, sur une planète qui fourmille de singes nus, de synchroniser et d’organiser les déplacements massifs et personnels, les temps de travail, les rendez-vous, les congés, les vacances, les sorties, les rentrées, etc., etc…
Ce qui fait que, même si nous ne sommes pas en agréables compagnies, le Temps s’enfuit inexorablement en ne nous laissant pas le ‘’Temps’’ d’être avec les êtres chers. Bref, notre « course contre le temps » nous priverait de notre « temps de vie ».

Je me souviens d'un bref passage chez les militaires. L'adjudant nous avait bien fait comprendre, qu’ici cela sera : « Courir pour attendre et attendre pour courir.»
De grands visionnaires, nos militaires…
En tous cas, dans notre civilisation moderne, où chaque fois que vous interpellez une personne celle-ci vous répond : « En retard, en retard, j’ai rendez-vous kek part… », tout est mis en œuvre afin de faire baisser, voire disparaître, les ‘’temps’’ d’attentes improductifs.
Il n’est donc pas trop difficile d’imaginer que demain, nous courons pour courir. Et le port du casque sera obligatoire pour les piétons.

Mais comment en est-on arrivé là ?!?
Pardon Lucie, mais tes lointains descendants ont complètement disjonctés. Ils sont prisonniers de la plus immatérielle de leurs inventions depuis qu’ils se sont mis en tête que leur « temps leur était compté », sans se rendre compte que « Même en mille ans, ils n'auront pas le temps, pas le temps. » de tout voir, tout découvrir, tout expérimenter, de se marier avec toutes les femmes canons ni même de les... fréquenter.
Mais le plus dingue est à venir. Parce que depuis le jour où un crétin très intelligent a réussi à nous mettre dans le crâne que « le Temps, c’est de l’argent ». Nous courrons deux fois plus vite.

Alors, aujourd’hui, pour être sûr que nous ne rations pas une seule seconde de notre vie et que cette vie soit parfaitement synchrone avec… beuh… la vie des autres, une équipe de chercheur, dirigée par un prof de l’université de Tokyo, Hidetoshi KATORI San, a mis au point, non pas une, mais deux horloges dont l’exactitude "est si parfaite qu’elles ne dérivent que d’une seconde en 16 milliards d’années." [C'était dans un journal orange.]
Grâce à l’horloge parlante de Tokyo, tu ne seras plus jamais en retard de ta vie. A condition d’avoir la connexion directe avec l’université en question. Parce que tu ne porteras jamais ce gadget infaillible à ton poignet.
Déjà 1° : Parce qu’elle est grosse comme un ordi de bureau et que
2° : Elle doit être maintenue à une température de -180° Celsius pour maintenir la précision des appareils.
Nos ancêtres avaient inventé le cadran solaire, nos lointain, mais lointains, descendants liront l’heure dans un cube de glace. A l’abri du réchauffement climatique.

En fait, les japonais peuvent raconter n’importe quoi. De toutes façon, dans 16 milliards d’années, nous ne serons plus là. La terre ne sera plus là. Notre système solaire et notre galaxie auront disparu. Sauf peut-être si ces fameux lointain, lointains, descendants sont parvenus à installer une colonie terrienne dans une toute aussi lointaine galaxie. Et là, Kling-Dâah pourra dire :
Ss-ffrrr-t. Ook no frut d pak ru-it Ochiotte ".
Traduction : " Tiens, il serait 15h 32 à Tokyo. "Les japonais ont donc, d’après leurs dire, fait mieux que les Ricains et leur horloge atomique, qui elle annonçait une précision sur 13,8 milliards d’années. Invérifiable également pour les mêmes raisons.

Histoire de faire moins crétin, j’ai fouiné chez Wikipedia pour avoir un semblant d’explication sur l’origine du mot : ‘’seconde’’.  Alors elle viendrait de l’expression latine écourtée minutum secunda. Qui voulait dire : « Minute de second rang », qui est devenu « seconde division de l’heure ».
J’ai même découvert que la ‘’seconde’’ avait une histoire; qu’avant l’horloge à glaçons des nippons et l’horloge atomique de nos cousins d’Amériques, la seconde fut définie, en 1967, par la durée de 9'192'631'770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre les niveaux hyperfins F-3 et F-4 de l’état fondamental de l’atome de césium 133.

Ca en jette et ça transcende le quotidien, non !? Un type hyper balaise a compté plus de neuf milliards de mouvements d’électrons en une seconde !!!!!
Plus fort que l’autre gus qui, en 1956, s’est dit : « Si je trouvais la seconde du temps des éphémérides ? »
Et comment fait-on ? C’est simple : Vous prenez la durée de l’année tropique 1900 et vous divisez par 31'556'925,9747.
Je déconne un peu. Mais faut quand même reconnaître le talent et l’intelligence de tous ces personnages. Sans oublier le doigté de tous ceux qui ont mis au point le mouvement interne du Coucou et de la "trotteuse" qui se déplace tous les 9,129(...) milliards de transitions F-3 - F-4 (...) de 6° sur sa droite.
 
Mais avant ça, il y eut d’autre méthode de calcul sophistiqué, fait par des personnages non moins doués. Alors quand ils ont décidé de créer une échelle de temps pour définir le « Temps universel », ils ont défini la durée moyenne du jour solaire terrestre et divisé le résultat par 86'400.
La seconde du « Temps universel » correspondait alors à 1/86'400 de ce fameux jour.
Comme l’être humain ne peut s’empêcher de tout ramener à lui, le calcul du dessus était une durée proche de la période moyenne du battement du cœur d’un homme adulte au repos.
 
Aujourd’hui, la statistique donne un chiffre à virgule pour l’espérance de vie de chaque enfant à la naissance. Où qu’il se trouve dans le monde.
En face, certain illuminé holistique avance que notre cœur est ‘’programmé’’ pour battre un certain nombre de fois. Sans virgule.
J’aime assez bien cette seconde hypothèse, que je couple à la dernière comparaison relative à la durée de la seconde - proche de la période moyenne du battement du cœur d’un homme adulte au repos.
Alors, vous voulez vivre vieux ? Eh bien ralentissez et reposez-vous…
 
Cette histoire de "battements de cœur" me rappelle une réflexion, même une affirmation, que m'as faite une dame, d'un âge qui s'avance, et à laquelle je dois le respect.
Cette brave femme m'a donc dit, après une brève introduction sur les appareils médicaux, et le plus sérieusement du monde: "Avec un pacemaker, tu peux pas mourir."
Ca mérite une seconde de réflexion, non?
 
 
Nemo.

vendredi 13 mars 2015

Gentil peuple.

Nous (les Suisses) sommes un peuple libre et libéré de toutes contraintes esclavagistes qui pourraient exister et nous avons un avantage, parfois jalousé par nos voisins, sur le reste du monde : Le droit de vote.
Notre gouvernement, et les partis politiques qui le forme, permettent au Peuple, par la voix des urnes, de s’exprimer sur des sujets aussi divers que variés. Et ce, en toute connaissance de cause et sans qu’il n’y ait aucune influence sur le choix de vote. Juste des ‘’recommandations’’ ou des ‘’conseils’’ de vote.
Nous avons également la possibilité de demander des ‘’référendum’’ ou de proposer des ‘’initiatives’’ pour tenter d’améliorer le cours de nos existences. A condition que notre ‘’désir’’ de changement ne soit pas anticonstitutionnel et puisse s’appliquer dans le cadre légal déjà en place.
 
Le Suisse est fier de son pouvoir démocratique, tellement fier qu’il s’abstient encore trop souvent de se déplacer le dimanche pour aller voter, ou de consacrer une demi heure au bulletin de vote qu’il reçoit à son domicile.
Le Suisse est aussi fier de son taux de chômage relativement bas (4,4% selon l’OCDE pour 2014), de ses banques, de ses entreprises exportatrices de produits Suisses, de Nestlé, de Novartis et des sociétés de négoce de matières premières qui squattent l’arc lémanique ou un certain canton Suisse allemand.
En Suisse nous sommes fiers de nos hautes écoles qui entretiennent le manque de personnel qualifié, et de la qualité de nos employés expatriés.
Le Suisse aime son fromage d’alpage, ses fondues, ses planchettes de charcuteries valaisannes, son fendant et Nicolas Hayek, qui a modernisé avec brio le ‘’coucou’’.
Mais par-dessus tout, le Suisse aime son porte-monnaie, sa liberté individuelle (bardée d’interdictions en tous genres) et son pays.
 
Fort de ce patriotisme qui lui gonfle le poitrail, le Suisse préfèrera sacrifier sa pérennité pour que l’Etat survive. C’est ce que nous ont expliqué, en d’autres termes, quelques analystes scientifiques et politologue, à la sortie du résultat des votations qui se sont déroulées le second week-end de mars de cette année.
Le sujet, mal ficelé et soumis à l’opprobre public, voulait défiscaliser les allocations familiales. Le rejet de cette initiative, à près de ¾ des votants socialistes inclus, a plombé pour un moment la politique familiale du gouvernement Suisse.
L’explication, des spécialistes télévisuels susmentionnés, parlait de ‘’problème’’ lié franc fort, suite à l’abandon du ‘’taux plancher’’ par la BNS,  et des difficultés économiques qui pourraient léser le gouvernement helvétique en cas d’acceptation de l’initiative en question. Si le Suisse est fier de son porte-monnaie, il l’est encore plus de payer des impôts. Même si cela entraînerait la ruine de sa famille, ou une baisse de la natalité en Suisse et, par extension, une inversion prochaine et programmée (?) de la pyramide des âges chez nous.
 
Il est possible que ce sacrifice ne soit pas ‘’volontaire’’. Comprenons par là que tout ce que l’on nous donne avec la main droite, l’Etat s’empresse de le récupérer de la main gauche. Je te baisse ton impôt, mais je t’augmente une taxe (ou j’en invente une nouvelle).
La menace dissimulée est un truc qui marche du tonnerre de dieu en helvétie. L’insécurité et le chômage sont des thèmes porteurs auxquels est venu se greffer un troisième sujet tabou.
Pendant ce week-end de mars de votations, il y avait une deuxième initiative qui demandait la suppression de la TVA pour la remplacer par une taxe sur les énergies non-renouvelables.
L’idée paraissait séduisante et faussement innovante, dans la lignée des écotaxes qui ont été proposées chez nos voisins européens.
De plus, dans un pays qui est fier de compter parmi ses citoyens, détenteurs du passeport à croix blanche, les membres honorés de la famille Piccard et le battage médiatique organisé autour de Solar Impulse, nous aurions pu penser qu’aux milieu de nos vertes vallées, ceintes par de majestueux sommets enneigés, se dresserait fièrement le chapiteau de l’écologie moderne.
Eh ben que nenni, que point !
 
L’initiative n’a pas été balayée, elle a été karcherisée par plus de 90 % de voix contre. Nonante deux pourcent. Ce n’est plus un score soviétique, c’est du Merkellien. A ce niveau là, seul l’Etat islamique pourrait encore faire mieux.
La raison de cette fessée publique est à chercher dans une simple petite annonce faite par l’une de nos conseillère fédérale, Madame Evelyn Widmer-Schlumpf, qui aurait ‘’annoncé’’ un prix de l’essence à la pompe à 5 francs le litre.
Ce qui, bien sûr, n’aurait pas été le cas, puisque une autre ministre, Madame Doris Leuthard, nous avait déjà proféré pareille menace quand on parlait de mettre un terme au nucléaire Suisse.
Mais seul le résultat compte, n’est-il pas ?
Là où les camionneurs français ont lutté pendant une année avant de voir disparaître leur écotaxe, notre Evelyn nationale l’a fait en trente secondes et quelques affiches.
Ca c’est de l’efficacité ! Ca c’est la Suisse !
 
Pas de fouet, pas de bombe, pas de guerre, pas de prison. Juste un porte-monnaie et la menace de venir y prendre un peu plus que ce qui est déjà ponctionné, si l’on ne se tient pas ‘’sage’’.

Prenez-en de la graine, dictateurs de pacotilles.
 
Nemo.

dimanche 15 février 2015

L'impossible destinée du croyant

[Réf. : « Jésus et Mahomet, profondes différences et surprenantes ressemblances », de Mark A. Gabriel ;
Traduction du Coran faite par Kasimirski et nouvelle traduction du Coran par M. Chebel.
Nota : Quand j’utilise le terme ‘’musulman’’ je parle des croyants arabes et de ceux qui pratiquent l’Islam comme religion.]

Le Coran n’est pas l’histoire romancée de la Création, comme nous pouvons la lire dans la Bible.
Il se lit un peu comme Il a été ‘’raconté’’, au gré des humeurs du narrateur. La seconde Sourate ne parle pas plus de la Création que la dernière ne révèle de secret apocalyptique.
Selon Hani Ramadan, Président Union des organisations musulmanes de Genève, « Le Coran a été écrit sur des pierres plates, sur des pots, sur des feuilles de palmiers. Il était entièrement écrit et le prophète le dictait à des scribes. » Et, ces différentes pièces d’écritures furent réunies pour former le Coran au temps « du Califat d’Abu Bakr, qui est mort deux ans après la mort du Prophète. »
Un Coran dont il n’existe qu’une seule et unique version et qui, de ce fait, se réclame d’une divine authenticité.
Un Livre authentique écrit selon les paroles que l’ange Gabriel a transmises, avec l’autorisation d’Allah, à Mahomet afin que celui-ci avertisse, une dernière fois, ceux qui ont reçu le Pentateuque, l’Evangile ou la Torah et les infidèles, sur le sort qui leur sera réservé s’ils s’écartent de la droite voie d’Allah. Avec comme mot d’ordre : " Craignez-moi ! "

Nous le savons à peu près tous: Dieu a tout créé. Toute la création est soumise à Allah et rien, absolument rien, ne se meut dans l’univers sans l’autorisation d’Allah.
Cette certitude, qui occupe l’esprit des croyants de tous bords, ajoutée à l’omnipotence, à l’omniscience d’Allah, a créé l’Islam.
Si vous demandez à un musulman la signification du terme « Islam », celui-ci vous répondra par : « Soumis », soumis à Allah (Mark Gabriel va plus loin dans son livre en traduisant « Islam » par « esclave. »)
Ainsi le musulman n’hésite pas à se proclamer comme étant un intermédiaire terrestre à la volonté de son Dieu. Pensée que l’on retrouve à la Sourate IX ; 14 : « Combattez-les afin que Dieu les châtie par vos mains et les couvre d’opprobre, (…) » [Kasimirski]
Le verset 17 de la Sourate VIII [Chebel] abonde également dans ce sens : « Vous ne les aurez pas tués, car Allah les a tués. Tu n’as pas décoché de flèche, alors que tu en décochais : c’est Allah qui a décoché, cela pour mettre à l’épreuve, et de manière favorable, les croyants. (…) »

En évitant tous les tracas quant à la responsabilité du croyant dans les actes qu'il accomplit, là je me pose une petite question de lecture au premier degré :
Si tout obéit aux ordres d’Allah ; que le musulman est juste un intermédiaire qui fait acte de Sa volonté ; à quel besoin répond cette mise à l’épreuve ?
Là-dessus une connaissance, avec laquelle je débats souvent du Coran, me parlât du libre-arbitre.
Une notion qui, pour moi, n’a pas sa place dans un monde régit par Dieu et encore moins dans le Coran.
Ou alors, cette ‘’mise à l’épreuve’’ (mon pote parle de mise à l’épreuve de la sincérité dans le cœur du musulman) est juste là pour que le croyant, qui se considérait comme tel, se rende compte qu’en fait il ne l’est pas, qu’il n’est pas sincère dans ses actes et qu’il n’aura pas sa place au paradis.
Ainsi passera-t-il le restant de ses jours à implorer le pardon d’Allah le grand Miséricordieux pour qu’IL ne l’envoie pas rôtir dans la géhenne en se désaltérant d’une eau brûlante.

Le pauvre homme fera tout pour retrouver la grâce de son Dieu, se démènera dans tous les bons sens comme un beau diable, alors que son Destin a peut-être été scellé avant le jour de sa naissance.
Du moment de sa conception au jour de sa mort, la moindre seconde de vie du musulman est, selon eux-mêmes, dirigée par la volonté d’Allah (même si le musulman s’octroie une part de libre-arbitre pour s’opposer au sheitan).
Il est aisé d’en supposer que son séjour, soit en enfer, soit au paradis, est déjà ‘’programmé’’.
Supposition que contesteront fermement tous bons musulmans que vous pourriez côtoyer.

Avant de citer les versets qui permettent de douter (pour mieux croire), je vous livre un passage du livre de Monsieur M. Gabriel, qui a étudié pendant de nombreuses années les Ecritures coraniques. Ce passage est référencé: L’Authentique de Boukhâri, vol.4, livre 55, n° 549. Raconté par Abdullah:

Le messager d’Allah, l’inspiré vrai et sincère dit (par rapport à votre création) :
« Chacun de vous est formé dans le sein de sa mère pendant les quarante premiers jours, puis il devient un caillot et le reste quarante jours durant, avant de se transformer en un morceau de chair pour quarante jours. C’est alors qu’Allah envoie un ange écrire quatre paroles : il écrit ses actions, l’heure de sa mort, ses moyens de subsistances, et s’il sera misérable ou béni (dans sa religion). L’âme est alors soufflée dans son corps. Ainsi un homme peut faire les oeuvres typiques des gens du feu (enfer), pour autant qu’il n’y ait que la distance d’une coudée entre lui et le feu. Mais finalement, ce qui a été écrit (par l’ange) prend le dessus, et il commence à faire les oeuvres typiques des gens du paradis, et entre au paradis. De même un homme peut faire les œuvres typiques des gens du paradis, pour autant qu’il n’y ait que la distance d’une coudée entre lui et le paradis. Mais finalement, ce qui a été écrit (par l’ange) prend le dessus, et il commence à faire les œuvres des gens du feu (enfer) et entre en enfer. »

La marque de l’ange qui défini si il, ou elle, sera béni ou misérable voudrait dire, selon l’auteur (p 127-128 du livre référence), que sa place au paradis, ou en enfer, est définie avant sa naissance.
Ce genre d’allégation serait presque un trésor de révélation pour ceux qui vacillent de la Foi.
Sauf que cette pensée n’étant qu’un haddith, elle n’a aucune valeur de vérité.
Un haddith étant un écrit rapporté par un des nombreux fidèles qui ont côtoyé le Prophète Mahomet et témoignant de paroles prononcées, de pensées partagées, d’actes accomplis ou même sur la manière de faire les ablutions avant de procéder à la prière. Il y en aurait un demi million de ces témoignages sur la vie de Mahomet.

J’écrivais dans le premier article sur le Coran que l’on trouve dans ce genre d’Ecrits ce que l’on y amène. Amenez-y du doute, et vous risquez de finir athée.
Après avoir lu le livre de Mark Gabriel, le doute s’est renforcé quand j’ai simplement retourné le Coran traduit par Kasimirski pour y lire, au dos de la couverture :
« Dieu égare qui IL veut, et guide qui IL veut sur le droit chemin. »
Mais ce simple ‘’avertissement’’, même si il se répète (dans des termes différents) de nombreuse fois dans le Coran, ne suffit pas pour sceller le destin de l’humanité.
Alors on replonge dans le Coran à la recherche de plus de Vérité sur le paradis et l’enfer et sur ceux qui y vivront éternellement.

Pour moi, cela commence avec Adam, quand Allah ordonna aux anges de s’agenouiller devant la créature qu’IL venait de créer à partir de « glaise limoneuse ». [Sourate XV ; versets 26]
Eblis (Satan) refusa de se prosterner devant une créature faite de boue, alors que lui était créé de feu. Allah se fâchât et bannît l’ange rebelle du Royaume céleste en le maudissant jusqu’au jour du jugement.
Eblis demande alors à Dieu de lui accorder un délai jusqu’au jour « où ils seront ressuscités. » [Sourate XV ; 37]
Le délai est accordé et avant de quitter définitivement le paradis, il promet de chercher à induire (l’homme) en erreur et de les égarer tous, « exception faite de [Ses] serviteurs les plus dévoués. » [Sourate XXXVIII ; 83]
Et Dieu acquiesce au versets suivants : Sourate XXXVIII  « [84] Dieu dit : Vérité ! Et la vérité Je dis ! [85] J’emplirai la géhenne de toi et de tous ceux qui te suivront. »
Cette vérité est racontée dans plusieurs Sourates.

Ce qui me chiffonne, dans un premier temps, c’est de comprendre « exception faite de Tes serviteurs les plus dévoués. » Cela signifie-t-il que ces fameux serviteurs auront la Foi nécessaire pour résister aux tentations de Satan, ou parce qu’ils seront ‘’marqués’’ comme tels et qu’il sera interdit à Satan de s’approcher d’eux ?
Deuxième chose, un peu plus ennuyeuse, c’est, qu’en tenant pour Vérité que Allah a tout créé, qu’IL ordonne le moindre des mouvements dans l’univers et que même un grain de sable ne saurait bouger sans Sa permission, comment Eblis aurait-il pu se rebeller autrement que par la volonté de Dieu ?
Et ça s’enchaîne :
Sourate XX, verset 123 : « Il leur dit [à Adam et Eve] : Descendez tous d’ici, dressés les uns contre les autres, jusqu’au moment où une bonne direction vous parviendra de ma part. »
Sourate XXII, verset 24: « Ils ont été orienté pour n’entendre que les bonnes paroles et pour ne prendre que le chemin digne de louanges. »
Sourate XXXII ; 13 : « Car, si Nous l’avions voulu, Nous aurions orienté toutes les âmes dans la bonne direction. Mais la vérité émanant de Nous a voulu peupler l’enfer autant de djinns que d’êtres humains. »
Sourate XI, verset 119 : « (…) Ainsi les a-t-Il créé différents de façon que s’accomplisse la parole de ton Seigneur : Je remplirai la géhenne autant de djinns que d’êtres humains. »
Sourate V, verset 35 : « Ô vous les croyants, craignez Allah et suivez le chemin qui vous mène à Lui. Combattez en Son nom, peut-être serez-vous parmi les bienheureux. »

Comme je l’ai écrit plus haut, le musulman conteste fermement toutes conclusions tirées de ces ‘’vérités’’, qui prédestinent l’homme, soit à l’enfer, soit au paradis.
Déjà parce que ces versets sont noyés au milieu de paroles qui affirment qu’Allah est Celui qui pardonne, le grand Miséricordieux et autres synonymes ; ensuite parce que c’est de l’arrogance que de prétendre comprendre le Coran en ne le lisant qu’une seule fois, alors qu' « il y a des savants qui lisent le Coran depuis des siècles et qui n’ont toujours pas réussi à comprendre le sens profond du texte sacré. »
Il ressort quand même des nombreuses discussions que j’ai eues, qu’aucun des musulman, que j’ai rencontré, ne se permet le moindre ‘’pronostique’’ quant à sa destination finale le jour du jugement dernier.
Il est vrai qu’il serait fortement présomptueux et blasphématoire que d’affirmer que « Moi, j’irai au paradis ».

Par contre, il me semble avoir remarqué une différence à la fois subtile et flagrante entre les croyants et les musulmans. Il émane de celui, ou celle, qui a une Foi véritable en Jésus-Christ, une certaine sérénité, un apaisement dans le cœur qu’il n’est pas aussi évident de retrouver chez les musulmans; tant les ‘’contraintes’’ liées à la pratique de leur religion (Islam) sont ‘’pressantes’’ et que le doute final est quand même entretenu quasiment tout au long du Coran.
Un doute dont pourrait même bénéficier à Eblis, bien qu’il semble condamné à la géhenne.

Je dis ‘’semble’’ parce qu’au fil de mes palabres musulmanes, il ressort que la destinée d’Eblis n’est peut-être pas aussi évidente que ça.
Le jour du jugement dernier nous comparaîtrons tous devant Dieu, Satan y compris. Et la différence entre Eblis et ‘’nous’’, c’est qu’Eblis connaît Allah mieux que nous.
Alors quand ceux qui se seront égarés tenteront d’incriminer Satan, celui-ci se défendra [Sourate XIV ; 22] en affirmant qu’il ne s’est jamais prétendu l’égal de Dieu, qu’il n’a jamais ‘’forcé’’ un homme à faire la mal et qu’il ne peut pas nuire aux hommes. Juste les tenter.
Eblis se permettra même de rappeler aux hommes que « les injustes auront un cruel châtiment. »
La Sourate XXXVII ; 30, confirmera que les démons n’ont aucun pouvoir sur les hommes.
Donc si Eblis finit en enfer cela sera pour s’être opposé à son Créateur et non pas pour nous avoir montrer le chemin du péché.

Pour revenir au musulman, cela n’est pas entre ses mains. Chaque acte, geste, pensée, mot, regard, etc. sera mis dans la balance. Cette certitude va entretenir son incertitude tout au long de son existence terrestre de croyant et permettre à la crainte, de déplaire à son Dieu, de s’installer dans son esprit.

En début d'article Monsieur Hani Ramadan a mentionné Abu Bakr. Je vais laissé au défunt Calife le mot de la fin.
Abu Bakr As- Saddiq (le Véridique), fidèle disciple de Mahomet, était aussi surnommé « le pleureur ».
Une personne lui demandât pourquoi il pleurait continuellement lorsqu’il priait ?
Abu Bakr aurait répondu :
« Chaque fois que je commence à prier, j’imagine Allah à côté de moi et le roi de la mort derrière moi, le paradis à ma droite et l’enfer à ma gauche, et je ne sais pas ce que mon Dieu va faire de moi. » [ Haykyl, Men around the Messenger.]

Jeff.

lundi 9 février 2015

Je t'aime, Moi non plus.

[Les Sourates et versets donnés en références sont extraits de la traduction faite du Coran par Malek Chebel.
Si j’utilise la version de Kasimirski, cela sera mentionné après les versets cités.]

A quelques rares exceptions près, le Coran ne parle pas d’Amour inconditionnel comme nous pourrions éventuellement le concevoir. N’en déplaise à Monsieur Ziegler.
Il y a bien un passage qui parle de l’amour entre l’homme et la femme dans le couple unit légalement devant Allah [Sourate XXX ; 21]; ou la Sourate XXXIII ; 6 : « Le prophète aime les croyants plus qu’ils ne s’aiment eux-mêmes. (…) » [Kasimirski].
Malheureusement ce second exemple, qui faisait un peu trop ‘’Jésus-Christ’’, est devenu, dans la version contemporaine proposée par M. Chebel :
« Le prophète a plus de droits sur les croyants qu’ils n’en ont sur eux-mêmes. (…) »
Ceci étant dit, je pense que d’un point de vue sentimental, le Coran peut se résumer par cette sentence toute catho qui affirme : « Qui aime bien, châtie bien. »

Alors est-ce que Allah aime les hommes, comme Moïse l’affirme à son peuple : « Dieu vous aime, comme Il a aimé vos pères » ?
Moïse va même plus loin en disant que le Dieu grand puissant et redoutable est un Dieu « qui aime l’étranger » [Deut. 10 ; 18]

Il est possible de dire, en lisant le Coran, que « Oui » Allah est un Dieu qui aime. Il aime à pardonner ; Il aime ceux qui aspirent à la pureté, ceux qui agissent noblement, ceux qui font le bien, ceux qui se repentent et qui reviennent à Lui. Il aime ceux qui persévèrent et qui ont mis en Lui leur confiance. Mais par-dessus tout, « Il aime ceux qui le craignent. »
La Sourate XXVII, verset 73 et Sourate X ; 60 annoncent : «  Car ton Seigneur est pétri de bonté pour les gens, mais la plupart d’entre eux ne sont pas reconnaissants. »
Alors dans le Coran, il y a aussi tous ce que Allah n’aime pas. Il n’aime pas les orgueilleux, les prodigues, les transgresseurs, les présomptueux, les avares, le désordre, ceux qui agissent avec perfide et les criminels. Mais par-dessus tout,  « Il hait les infidèles. »
Pour le premier groupe Il sera le Clément, le Miséricordieux et pour les autres Il leur réserve le feu de la géhenne.
L’Amour d’Allah serait-il élitiste,  une récompense pour ‘’bonne conduite’’ lors du passage éphémère des ‘’véritables’’ croyants sur terre ? Vous conviendrez (peut-être) qu’il n’y a pas un fossé énorme entre le Dieu vengeur d’Abraham ou de Moïse qui promet son indéfectible amour à ceux qui respecteront Sa Loi et, même en creusant un peu, on peut considérer que l’humanisme ravageur du charismatique Jésus avait ses limites.
Son fameux « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé » (le souligné est important !) était adressé à ses apôtres et à celles et ceux qui croyaient en sa parole et qui auront, en récompense de leur Foi, la vie éternelle.

Jésus est devenu la pierre angulaire du conflit qui oppose les deux principales religions monothéistes. Divergences conflictuelles que la Sourate VII ; 111, et les versets 4 et 5 de la Sourate XVIII résument assez bien : « Il mettra en garde [le Coran] ceux qui disent : Allah a un fils. [5] Qu’en savent-ils ? Ni eux ni leurs pères qui profèrent des monstruosités, tant est mensonger ce qu’ils disent. »
Avec Jésus l’église a quitté ses murs de pierres pour s’investir dans le cœur de chaque homme. Il est aussi prétendu que Dieu a créé l’homme à son image et que par Jésus nous trouverions une sorte de filiation avec notre Seigneur Dieu. Après tout, n’est-Il pas le Créateur de toutes choses, nous y compris ?

Pour Mahomet, l’homme est une créature parfaite qui doit dominer toutes les autres. D’ailleurs dans la Sourate XIX, dédiée à Marie, le verset 17 décrit que l’Esprit, qui fut envoyé à elle, «  prît devant elle la forme d’un homme, la figure parfaite. » [Kasimirski], ou « la forme harmonieuse d’un être humain. » Pour éviter toutes pinailleries, Allah n’a pas d’enfants et les anges ne sont que « Ses serviteurs honorés », Ses créatures.
Et vous oubliez aussi toutes allusions à une sainte Trinité. « Allah se suffit à Lui-même. »
L’homme est une création parfaite qui ne ressemble pas à Dieu, qui n’a aucune filiation divine et une fâcheuse tendance à l’ingratitude et au mal.
Sourate XVI ; versets 4 : « Il a créé l’Homme d’une goutte de sperme, avant qu’il ne devienne un contestataire évident, un querelleur. »
Mahomet disait d’ailleurs que toutes les bonnes choses qui [nous] arrivent sur terre, nous viennent de Dieu et que le mal provient de nous-même, des hommes [Sourate IV ; 79]. Même pas de Satan, qui pourtant est l’ennemi déclaré des croyants, des hommes.

Les maux de l’humanité étant le fait de ses représentants, et je pense qu’à la période durant laquelle le Coran est né, Mahomet a dû être le témoin de bien des horreurs commises entre les hommes, il devenait presque logique que le Dieu, créateur de cette magnifique sphère terrestre et de tout ce qui l’entoure, ne pouvait avoir engendrer l’homme, en tant que fils à l’image de Son Père.
Avant l’épisode du serpent, d’Eblis (et même du Prométhée grec) Dieu aimait inconditionnellement ses créatures humaines. Après, les choses changent.
Le Créateur distille son Amour au mérite et le sentiment ascendant se mue en une crainte profonde de ‘’déplaire’’. Et ce sentiment de peur va même jusqu’à affaiblir l’amour que l’homme éprouve pour ses semblables.
Les croyants arabes se doivent de se respecter entre eux, mais au moindre faux-pas, les ‘’amitiés’’ se déchirent. Allah étant le seul qui puisse pardonner.
Le Coran édicte les actes à ne pas commettre et les plaisirs dont le musulman doit se tenir éloigner pour ne pas corrompre, salir, sa pratique de la Foi.
Si on peut comprendre le rejet des jeux d’argent et la consommation de l’alcool, les relations familiales, l’amour familial, en prend aussi un coup :
Sourate III ; 14 : « L’amour des réjouissances a été présenté aux hommes de manière trompeuse ; il en est ainsi des femmes, des enfants, des quintaux d’or et d’argent, des chevaux (…). Tout cela est un plaisir éphémère, mais c’est auprès d’Allah que se trouve le lieu du retour bénéfique. »

Peut-on dès lors résumer l’amour que porte un musulman à sa femme par la Sourate II ; 223 : « Vos femmes sont un champ de labour pour vous ; cultivez votre champ de la manière qui vous convient, (…) »?
Pour la relation père-fils terrestre, l’histoire de l’enfance de Mark A. Gabriel, auteur du livre  « Jésus et Mahomet, profondes différences et surprenantes ressemblances », est assez parlante de vérité.
Il raconte comment il a appris ‘’par cœur’’ tous les versets du Coran, comment il devait les réciter chaque matin et comment il a échappé à l’infanticide après avoir annoncé à son père son intérêt sincère pour le christianisme.
Dès le plus jeune âge, l’Amour sincère des enfants est assujettis à la crainte de ne pas faire la fierté de son père, de ne pas être dans les bonnes grâces d’Allah. Sentiment de crainte grandissant à mesure que l'on s'enferme dans la foi coranique.
Cela me fait penser à un film, dont je ne me souviens plus du titre, et dans lequel un Marine quelque peu débile criait : « Dieu ! Patrie ! Famille ! »

Maintenant, et j’ignore si je peux me permettre cette humaine comparaison, combien de parents, aujourd’hui dans notre monde actuel, renient leurs enfants parce qu’ils, ou elles, ne font pas leur fierté ? Combien de parents chassent leurs enfants de leur foyer parce qu’ils commettent des actes de débauche ? Combien de parents promettent l’enfer à leurs enfants ?
En religion, cet Amour de la famille nucléaire est une faiblesse qui rend le croyant vulnérable. Donc, et par extension, Allah n’a pas d’enfants parce qu’il n’a aucune faiblesse dans sa suprême grandeur.
Le sacrifice de la famille, de son enfant, au profit de Dieu n’est pas spécifique à l’Islam, il est tiré de l’Ancien testament.
Le choix entre Dieu et famille se retrouve aussi avec Jésus et, pour l’exemple qui n’a rien à voir, il n’était pas rare que la femme du samouraï se ‘’suicide’’ avant le départ de son époux à la guerre. Afin d’éviter que ce dernier ne soit distrait, ou ne refreine son ardeur quand il combattra sous la bannière de son maître.
Et pour finir d’enfoncer le clou du cercueil des relations socio-familiales en religion, les musulmans affirment qu’au jour du Jugement dernier, il n’y aura plus d’amis, de parents et de fils.
Que le jour où nos actes seront mis sur la balance ; que le jour où notre œil témoignera contre nous, que notre oreille témoignera contre nous, ou encore notre bouche ou notre peau témoigneront contre nous, nous renierons tous nos proches, enfants inclus, afin d’éviter le séjour éternel en compagnie de Satan.

Le croyant doit pratiquer une sorte d’ascèse compliquée pour plaire à son Seigneur et avoir la chance d’être vêtu de soie verte ; de s’allonger sur un lit dans une loge au dessous de laquelle coulent des rivières ; de pouvoir goûter à des fruits incomparablement plus savoureux que ceux qu’il a goûté sur terre et de pouvoir boire du vin qui ne fait pas tourner la tête ; et pour, enfin!, pouvoir profiter de la compagnie de femmes de son âge et aux regards chastes.
Une ascèse compliquée et quelque par hypocrite puisqu’il a droit. Éternellement, à tout ce qu’on lui a (presque) interdit sur terre.
Maintenant savoir si l’homme ira au paradis, indépendamment de son comportement sur terre, c’est une autre histoire…

Une histoire quelque peu déprimante, pour les musulmans.
 
Nemo.

dimanche 8 février 2015

Livre de Paix...

…ou livre de guerre ?

Voilà une question qui partage bien des avis, quand n’importe quel quidam lance l’Islam comme sujet de causerie. C’est que cela fait bien plus de vingt ans que l’on nous vend le terrorisme islamique comme principale menace à la sécurité planétaire, que sans les fous d’Allah la terre connaîtrait une ère de paix mondiale.
Avant le ‘’coming out’’ des recruteurs djihadistes et les tristes événements de janvier, le musulman était déjà la cible de presque tous les reproches xénophobes et discriminatoires qui alimentaient les campagnes des partis politiques officiellement extrémistes. Le musulman partageait, jusqu’à récemment, le haut du panier, avec les "Blacks", des personne que l’on ne veut pas croiser dans nos rues.
Notre société moderne, qui veut accepter et intégrer le monde entier dans ses rangs, prétend se battre contre toutes les discriminations en catégorisant les-dites discriminations : Il y a les trucs en –phobe; l’antiracisme, principalement alimenté par notre sentiment de culpabilité envers le continent Africain et l’antisémitisme. Par contre, l’islamophobie en est encore à ses balbutiements et peine à trouver de la crédibilité. En partie à cause du comportement autodestructeur d’une partie des représentant de cette religion.

La propagande djihadiste a fait un tort considérable aux musulmans qui ne demandent qu’à vivre en paix au milieu des populations qui les accueillent. Si bien qu’aujourd’hui, en plus de quelques illuminés du bulbe céphalien à éliminer, c’est le Coran lui-même qui est remis en question. Certaine personne, comme Madame Saïda Keller-Messahli, Présidente du Forum pour un islam progressiste, allant même jusqu’à proposer une réécriture des paroles révélées à Mahomet il y a plus de 1'300 ans. Parce que « le texte coranique contient des éléments, contient des passages qui ont comme contenu la violence. »
Affirmation qu’applaudirait Monsieur Freysinger, s’il n’était pas de l’UDC (valaisan), lui-même ayant dit en son temps que: « Le Coran est un livre de guerre ; d’ailleurs Mahomet était un chef de guerre. »
Amputer le Coran de ses versets belliqueux ? Pour Jean Ziegler, qui voit dans cet ouvrage « (…) un Livre de paix et d’Amour », cela ne serait sans doute pas nécessaire. D’un autre côté si cela pouvait empêcher que des crétins autosanctifiés n’abusent des écritures pour encourager d’autres crétins lobotomisés à commettre des massacres, why not.
Mais n'Est-ce pas oublier que chaque civilisation a ses imbéciles extrémistement supérieurs, qui se réclament d'une volonté à dominante patriotique, nationale ou religieuse pour imposer leurs inepties? Et suis pas sûr que d’enlever une partie des révélations y change quoi que ce soit. D’autant plus que le Livre, dicté par Gabriel, contient un passage interdisant toute modification du texte et mentionne, à plusieurs reprises, que ses Ecrits s’adressent aux croyants, « aux hommes qui raisonnent. »
Pour ma part, je ne suis pas pour une modification d’un texte qu’une partie de l’humanité considère comme saint. Non pas par croyance religieuse, mais par respect pour celles et ceux qui ont la Foi.

Ce qui fait que j’ai eu une lecture profane des Coran (j’en ai lu deux versions) avec mes interrogations, mes doutes et en y trouvant des Vérités contradictoires.
Mes lectures de parfait petit mécréant m’ont plongé dans une version donnée par Kasimirski (qui donnât sa première traduction du Koran en 1840) et celle de Monsieur Malek Chebel, philosophe et anthropologue algérien des religions, qui en fit une nouvelle traduction en 2009.
169 ans d’écarts entre les deux écrits, et quelques surprises dans les traductions.
La raison de cette lecture ‘’stéréo’’ se trouve dans le fait que la numérotation des versets contenus dans la version Kasimirski ne correspond pas avec la version contemporaine du Coran. Ce qui fait que, lorsque j’ai voulu débattre de certain verset avec des connaissances musulmanes, il y avait souvent une incompréhension réciproque. Ce qui me valut des remarques genre :
« Il n’y a qu’un seul et véridique Coran », ou : « Il ne faut pas acheter n’importe quelle traduction, qui ne dit pas la vraie vérité. »

Alors, le Coran, livre de guerre ou livre de paix ?
De mon humble avis de croyant sans religion ce Livre n’est ni un ouvrage sur l’art de la guerre ni un traité sur l’art du bien vivre paisible en communauté. Puis, comme dans tous les ouvrages traitant de religions ou de philosophies, vous y trouvez ce que vous y apportez.
Dans le Coran, il y a de la violence, de la paix, et de la soumission ; il y a aussi des recommandations sur la manière de vivre en tant que croyants (prière, aumône, pèlerinage, etc.), de se comporter avec les hommes (principalement les arabes musulmans) et le comportement des femmes ; de nombreux versets traitent de l’héritage, du partage des prises de guerres, du sort réservé aux menteurs, à celles et ceux qui commettent l’adultère, aux prisonniers et aux esclaves.
On y trouve également tous les prophètes, ‘’héros’’ divins, d’Adam à David; les histoires  de Noé, Moïse, Loth et d’autres, qui ont vu des civilisations disparaître, sont racontées en boucle. Avec une petite prédisposition pour l’histoire de Moïse et Pharaon.
Ce qui permet de penser à une sorte de filiation entre l’Ancien testament et le Coran.
Et dans l’Ancien Testament, nous avons aussi à faire à un Dieu vengeur qui ne recule pas devant le nettoyage ethnique pour sauver le peuple élu.
Il est aussi possible, en refermant le Livre, de se questionner sur l’autodétermination du musulman en tant qu’être humain et du libre-arbitre ; tout comme de sérieux doutes subsistent sur le destin de l’homme.
Mais ce qu’il manque par-dessus tout dans le Coran, c’est de l’Amour véritable.

Pour ce qui est de la violence, les Sourates II, 190 – 193 ; VIII, 39 et 16 ; IX, 5,14 et 29, entre autres, devraient amener du grain à moudre au moulin des islamophobes.
Mourir en « combattant dans la voie de Dieu ceux qui vous combattent », est une belle mort qui sera récompensée par le paradis. Le combat doit être mené jusqu’à ce que la religion d’Allah s’impose, et les déserteurs finiront à la géhenne.
La Sourate IV ; 89 parle du sort à réserver aux traîtres infidèles qui renie Dieu : « (…) S’ils font marche arrière, saisissez-vous d’eux où qu’ils soient et tuez-les. (…) »
Quant au verset 91, « Allah donne une autorité pleine et entière » aux croyants sur ceux qui « désirent la paix et la sécurité pour vous autant que pour leur peuple, mais qui reviennent en masse à la sédition », qui ne s’éloignent pas du conflit, qui ne s’en remettent pas à Allah et ne cessent de se battre.
Parmi les surprises de traductions entre les deux Coran, il m’est apparu que certain versets avaient été ‘’adoucis’’ : dans la version de  Kasimirski, qui propose à la Sourate XI, Versets :
« [95] O mon peuple! Agissez, faites le mal tant que vous pourrez, j’agirai de mon côté et vous apprendrez. [96] Sur qui tombera le châtiment ignominieux, et qui de nous est menteur. Attendez l’heure, moi je l’attends aussi. »
deviennent, dans la version proposée par M. Chebel, le verset 93 :
« Ô mon peuple, faites le mieux selon vos positions, (…) »
Ces versets ‘’guerriers’’, dont se servent les nombreux détracteurs du Coran, n’ont rien à envier au Chapitre 12 ;3 de la Genèse ou au Deutéronome 6 ;19 et Deutéronome 7 ;16:
« Tu détruiras donc les peuples que l’Eternel, ton Dieu, te livre. Ton œil sera pour eux sans pitié. »

C’est que depuis toujours (tous) les croyants ont eu de nombreux ennemis. Pour le musulman, ses ennemis se résument aux idolâtres, aux infidèles, aux impies, aux juifs, à tous ceux qui ne croient pas au jugement dernier et qui osent dire que le Coran n’est qu’un livre de fables des anciens (dans le Coran, le blasphème est pire que le meurtre). Bref tous ceux qui se sont opposés à l’avènement de cette nouvelle religion (ou qui la combattent encore) et, bien entendu, Satan (Eblis).

Après la guerre, il est normal de rechercher la ‘’paix’’. Une paix toute religieuse. D’ailleurs le chef de guerre qu’était Mahomet avait bien dit, à l’un de ses fidèles, que le grand Djihad était un combat à mener contre soi-même. Cette citation intervenant à la fin d’une guerre, on peut supposer que cette pensée s’oriente vers une pacification générale et globale. Une pensée qui ouvre sur la ‘’tolérance’’ :
Sourate II verset 256:
« Il n’y a pas de contrainte en religion, car la vérité s’est distinguée de l’erreur. Quant à celui qui rejette les [idoles] et croit en Allah, celui-là aura pris l’anse la plus solide (…) »
Sourate XXIX ; 46 :
« Vous ne discutez avec les gens du Livre que de la meilleure façon, à l’exception de ceux qui se sont révélés injustes. Dis-leur : Nous croyons en notre révélation et en votre révélation. Notre Seigneur et votre Seigneur sont le même Dieu. Nous Lui sommes, quant à nous, soumis. »
Sourate V, verset 47 :
« Que ceux qui disposent de l’Evangile arbitrent en se fondant sur les révélations que Dieu y a consignées. (…) »
Et celle que tout le monde oublie :
Sourate XXIII ; 96 :
« Réponds à la mauvaise action par la bonne. Nous sommes le mieux informé quant à leur description. » ‘’Nous’’ étant Allah. Recommandation que l’on trouve également à la Sourate XLI ; 34.
Il y a même un verset qui parle de la protection des lieux de cultes, que se soit une mosquée, une église ou une synagogue.

Pour revenir un instant en arrière, vers ceux qui prétendent que le Coran est un livre de guerre, les quelques versets mentionnés ci-dessus peuvent invalider cette affirmation et permettre de dire que les violents écrits parlent d’actes commis (ou à commettre) en état de légitime défense.
Je conçois sans peine qu’il y ait un fossé entre Mahomet et Gandhi, dans la manière d’appréhender les conflits, mais le Coran contient de nombreux versets qui conseillent aux croyants de se tenir loin des corrompus, des infidèles, des impies, etc :
Sourate XXVIII, Verset 55 :
« Et lorsqu’ils [les musulmans] entendent de vaines paroles, ils s’en écarte en disant : Nous avons nos actes et vous les vôtres. Que la paix soit avec vous ! Nous ne frayons pas avec les ignorants. » Ou encore : Sourate XXXIII, verset 48.
En gros, tant qu’on lui chie pas dans ses bottes, le croyant islamisé n’embête personne. Comme tout un chacun en fait.
Et, en plus, le musulman ne doit pas « envier » ou convoiter les richesses terrestres accordées à quelques uns, parce que sa récompense sera bien plus grande au paradis. Un paradis dans lequel il n’est pas sûr d’aller. Loin de là.

En fait, ceux qui prônent une application rigoriste des écritures révélées dans le Coran commettent une infraction divine au regard d’Allah puisque, pour le musulman, tu ne peux prendre une partie des Ecritures (celles qui t’arrangent) et rejeter les autres (qui ne te conviennent pas).
Ensuite la nature même du Coran qui est un Rappel, un Avertissement adressé aux Arabes en personne, comme il est précisé dans plusieurs Sourates :
« Nous avons rendu le Coran facile en te le donnant dans ta langue [Arabe], (…) »
D’ailleurs, quand Mahomet, débutait de nombreux versets par : « Ô croyants », « Ô les hommes », voire « Ô mon peuple », il ne parlait pas à toute l’humanité, mais bien à ceux qui étaient présents, rassemblés, pour l’écouter.
Dès lors je me dit que si, en tant qu’européen, vous désirez vous convertir pour accéder à la Vérité divine, vous devez demander la nationalité Arabe, prendre un nom arabe, apprendre la langue, étudier les Ecrits (et il y en a…), abandonner tous les plaisirs éphémères sur cette sphère et vous soumettre à la volonté d’Allah. Cela laisse, aux néophytes fraîchement convertis, théoriquement peu de temps pour le petit dijhadisme militarisé.

Enfin… pour ceux qui « comprennent » et qui « raisonnent. »

Nemo.

La suite: Le manque d’Amour dans le Coran.

jeudi 29 janvier 2015

Merci Vegan.

Quand une minorité souhaite faire passer un message ou crier à la face du monde son existence et sa différence, elle manifeste.
Elle manifeste parce qu’elle se sent discriminée, que personne ne l’écoute et que le législateur ne fait pas attention à elle ; parce qu’elle n’a pas les même droits que les ‘’autres’’ ou qu’elle ne trouve pas suffisamment de lieux publics qui acceptent sa différence ou de magasins pour entretenir cette différence.
Alors dans ses manifestations de revendications elle (la minorité) exhibe aux yeux du monde entier ses pensées, son idéologie, ses amours ou son mode de vie en souhaitant que la planète entière la rejoigne. Elle fait aussi des interviews, écrit des livres, toujours pour valoriser sa différence, tout en préparant sa riposte aux opposants qui ne pensent pas comme elle.
Le truc d’opposition est simple : une série d’arguments difficilement réfutables parce que dans la mouvance collective du moment et, pour les moins malléables, le néologisme qui clos toutes conversations. C’est-à-dire que vous prenez la spécificité du groupe qui manifeste, vous ajoutez le terme phobie et vous contractez le tout.
Après les défendeurs de l’homosexualité, qui ont défini le moindre désaccord avec ce mode de vie particulier, comme étant de l’homophobie, ce sont les Vegan qui sont montés sur leurs grands chevaux à coup de Vegipride et de végiphobie.

Actuellement les vegans annoncent fièrement qu’ils seraient 50 millions, répartis sur la surface du globe, à prendre leur repas dans la cage du lapin, soit 0,6 % de la population mondiale.
Le vegan est une personne qui théoriquement ne consomme ou n’utilise aucun produit issu de l’exploitation animale. Noble choix qui trouve sa justification dans les expérimentations menées sur de pauvres petits animaux de laboratoires, dans les conditions de vies de certaines espèces dans les exploitations agricoles industrielles ou les méthodes fortement controversées utilisées dans les usines d’abattages à la chaîne.
Avec des vidéos de plus en plus choquantes, filmées en ‘’caméra cachée’’, à nous montrer.
 
Le vegan nous parlera également de l’impact négatif qu’exerce l’élevage industriel sur l’environnement, des 15'000 litres d’eau nécessaires à la production d’un steak de bœuf (de l’arrosage du champ dans lequel paît le bœuf à l’eau nécessaire pour rincer votre assiette des restes de sauce), et je ne sais quels autres arguments vus, lus et repris un nombre incalculables de fois pour nous encourager à changer notre mode de vie.
Le vegan ne mange donc pas de viandes, d’œufs, de yaourts ou de fromages et ne boira pas de lait. Plus fort, il fera même une impasse sur le miel. Et le vegan passe des heures dans les rayons cosmétiques à lire les étiquettes de ses produits de soins corporels.
Le vegan, qui veut que tout les animaux du monde puissent vivre libre et en paix, n’ira donc pas au zoo, ni au cirque, si celui-ci propose une ménagerie ou un spectacle incluant des numéros de dressages.
 
La réflexion qui se cache derrière ce comportement a donné naissance à un néologisme que j’ai découvert en parcourant le livre Vegan de Marie Laforêt.
Ce nouveau terme est : Antispéciste/ antispécisme.
L’explication, liée à ce mot nouveau, compare l’antispécisme à l’antiracisme et l’antisexisme qui sont, d’après l’auteure, « des concepts aujourd’hui tout à fait intégrés. »
Toujours selon Madame Laforêt, « L’antispécisme fonctionne d’après le même raisonnement logique implacable : l’espèce à laquelle nous appartenons ne nous donne aucun droit, aucune supériorité sur les autres espèces tout comme notre sexe ou notre origine ethnique ne nous rend pas supérieur aux autres. »
Si je partage, en partie, cette pensée en n’ayant pas d’animal de compagnie domestiqué, en détestant la corrida et tout autre démonstration égocentrique de suprématie de l’homme sur l’animal, ce n’est que par respect pour le vivant et pour toutes formes de vies qui recouvrent la surface de notre globe, et, de mon point de vue, ce même respect me convainc de ne prélever, dans le monde qui nous entoure, que ce qui nous est strictement nécessaire à notre (sur)vie.
Si cela doit inclure deux ou trois morceaux de viandes de temps à autre pour nous proposer des protéines animales à mon ti bonhomme et moi-même, et bien soit.
Et je crois que nous sommes liés au monde animal depuis des millénaires et que sans certaines espèces, l’homme ne serait pas arrivé jusque là aujourd’hui. Ou différemment.
Ce qui ne m’empêche pas de penser que nous pourrions très bien nous en sortir en tant que végétarien.
 
Alors c’est bien joli, en tant que petite bourgeoise urbaine qui se glande dans le salon à papa, de vouloir mettre au pilori les carni-carnivores que nous sommes devenus depuis presque la nuit des temps, ou de dénoncer louablement l’instrumentalisation que nous faisons des animaux ; c’est un beau sentiment que de vouloir, dans le confort de la modernité, que tous les animaux de la terre puissent vivre et mourir libres.
Mais n’est-ce pas oublier que la surface de notre belle planète n’est pas recouverte que de routes, de voies ferrées ou d’aéroports, qu’une grande partie de l’humanité ne peut pas se faire livrer un repas à domicile ou même accéder à une quelconque épicerie et que des populations entières dépendent de cette ‘’exploitation’’ de l’animal ?
 
Bien sûr qu’il faut combattre la cruauté et la maltraitance envers les animaux pour de la bouffe ou de la fourrure. Je suis d’accord pour faire cesser les coutumes régionales qui assassinent des animaux pour combler les frustrations d’une masse populaire et les rites religieux qui en massacrent d’autres pour un dieu absent. Mais avant de partir dans un djihadisme veganien, je pense qu’il faut faire la part des choses.
 
Préserver notre biosphère ainsi que toutes les créatures y vivant est une chose. Se foutre en l’air la santé pour y arriver en est une autre. Aucune créature vivante sur terre, excepté l’homme, ne modifie volontairement son régime alimentaire pour sauvegarder son environnement proche.
Comprenez par là que le prédateur n’a pas à penser à sa ‘’biosphère’’, il en fait partie intégrante.
Il sait, sans avoir recourt n’importe quelle science environnementale ou à de quelconques connaissances diététiques, que ce qu’il prélève dans sa ‘’biosphère’’ comblera ses besoins alimentaires de bases.
Il devine, peut-être sans le ‘’savoir’’, qu’il fait partie d’un Tout, et que dans ce grand ‘’Tout’’ le manque d’herbe agit sur la population des lions.
Ainsi, le zèbre peut dormir (presque) tranquille aux côtés du lion qui vient de manger. Aussi parce que le lion n’a pas de congélateur.
Qu’est-ce qui nous empêche, dès lors, de faire de même, c-à-d d’utiliser ce dont nous avons réellement besoin ?
Rien. Et je pense que c’est ce que fait une bonne majorité d’entre nous. Nous combattons déjà les excès par ce que notre ‘’instinct’’ nous dit et par la connaissance ‘’scientifique’’ de l’impact que nous avons sur notre environnement, ou encore par la conscience retrouvée que nous faisons partie de cette biosphère.
 
Comme je viens de le suggérer, je pense qu’une bonne majorité de la population mondiale se comporte ‘’correctement’’ et que tout ce qui pourrait être fortement critiquable dans le comportement humain ne concerne que des minorités de cette même humanité.
Malheureusement, il arrive souvent qu’une minorité qui souhaite revendiquer son existence le fasse en exhibant les horreurs d’une autre minorité. Comme il arrive souvent que nous combattions nos excès en nous imposant d’autres excès. Si nous n’abusions pas de certains aliments, les régimes n’existeraient pas. Du coup, le veganisme trouverait une certaine légitimité dans les excès alimentaires et de cruautés animales d’une minorité.
Légitimité renforcée par les diffusions en ligne des vidéos trash et à laquelle on saupoudre une dose de conscience environnementale.
Ce qui fait que le message passe hyper bien auprès des âmes ‘’sensibles’’ qui sont parfois des adolescentes.
 
Ce qui me fait dire que devenir vegan représente un risque pour la santé de l’humain en cours de maturation physiologique, voire psychologique.
Prenez un ou une ado qui, grâce à son parcours scolaire, commence à en savoir plus, en théorie, que ses parents.
Cet-te ado décide, pour des raisons qui lui sont évidentes, d’abord de ne plus manger de viandes, puis de bannir tous les produits provenant de l’exploitation animale.
Les parents suivent le parcours végétarien en se disant : « Pourquoi pas... ». Déjà par la ‘’noblesse’’ de la pensée et ensuite parce que c’est culinairement gérable lors de la préparations des repas familiaux.
Par contre, les parents voient d’un oeil plutôt critique le passage au végétalisme. Sans oublier que dès que tu sors des circuits d’approvisionnements imposés, se nourrir coûte cher.
 
A partir de là les choix se restreignent : Soit l’ado exprime clairement sa volonté et ‘’propose’’, avec le soutien d’un vrai nutritionniste confirmé, un régime alimentaire qui serait adapté à ses besoins alimentaires (pour ma part j’ai vraiment de la peine à croire que l’on puisse changer son ‘’carburant’’ tout en gardant son même rythme de vie sans que cela ne nuise à l’organisme) ; soit l’ado se braque, s’en prend à l’archaïsme de ses parents qui ne comprennent jamais rien et plonge dans le veganisme.
Maintenant, petite cerise sur le gâteau. Vous additionnez le souci du bien-être de tous les animaux de la planète à l’image qu’a cette personne d’elle-même (c-à-d trop gros-se) et vous obtenez une ado fatiguée, qui n’a plus de ‘’règles’’ depuis des mois et aux portes de l’anorexie.
Tout ça en prétextant vouloir sauver notre planète ainsi que toutes les bestioles à poils longs, courts ou ras ou qui font ‘’ bzz-bzz’’ dans les champs.
Et je ne vous parle pas de l’état de la mère, qui a peur que son enfant ne s’envole au premier coup de vent violent.
 
Pour ma part, si je suis contre tout ce qui est ultralibérlisme et hyper mondialisation ; que je suis prêt à voter pour le départ des Nescafards, pour un effacement des dettes personnelles tous les sept ans et pour remettre les vrais agriculteurs aux centres de nos agglomérations, je suis aussi contre toutes ces minorités, ces 6% ou 0,6%, qui veulent nous imposer leur mode de vie à coup de propagandes bruyantes.
 
Jeff.