vendredi 29 août 2014

"Quelque chose à votre bonheur?"

Aigle. La Poste, le 27 août 2014.
"Pressez ici." ; N° 121 ; "Vous serez servi dans 04 minutes." Même pas vrai.
Juste le temps et plus, de jeter un œil distrait sur tous les gadgets et autres articles qui transforment la Poste en Shop : Abonnement Yallo, avec un téléphone portable en prime ; coques, étuis et autres produits pour protéger le natel ; cartes de vœux humoristiques ou philosophiques ; porte-documents « pour vos offres d’emploi » ; stylos, crayons, gommes, markers, stabilos, agrafeuses, scotch (l’adhésif) ; ampoules économiques et lampes à LED ; distributeurs de savon avec, ou sans, capteur infrarouge ; pommeaux et tuyaux de douche ; parapluies ; des bouquins de coloriages pour les mouflets et le truc qui fait des bulles à la Cars (une arnaque totale). J’en passe et j’en oublie.

Faut pousser à la consommation, rentabiliser l’espace, faire du chiffre.
La Poste enchaîne les fermetures de ses offices peu rentables, en s’en foutant des complications que cela crée chez les tis vieux du quartier ou d'un bled perdu en rase campagne, et s’arrange avec l’épicier du coin, ou le pharmacien, pour assurer le service minimum.
Ben oui, ça revient moins cher au Géant jaune de négocier ses prestations avec le pharmacien et de se servir de son infrastructure TTC, que d’entretenir bureaux et surtout des employés qui pèsent tellement sur le coût du travail.
Vive la restructuration néolibérale. Avec chaque fermeture d’office postal, ce n’est pas uniquement des employé-e-s qui perdent leur job, c’est également des sites offrant de potentielles places d’apprentissage qui disparaissent.
Quant au personnel rescapé, il doit remplir sa mission première de buraliste et devenir un marchand de guichet, une Rom bien vêtue qui essaie de te refourguer tout et n’importe quoi pour satisfaire le chef de clan.
« Vous désirez autre chose ..? », j’y ai pas réfléchi ; « Quelque chose vous ferait plaisir ..?», Ouais, que vous me rendiez mon argent avec les récépissés… Et si vous faites vos paiements avè la Postcard : « Voulez-vous retirer de l’argent..? » Non, vous m’avez tout pris. Et tout ça en une minute environ.
Chaque employé de La Poste (facteur lettres et colis, et employé de guichet) est chronométré. Les facteurs sont suivis grâce à leur scanner ; l’employée du guichet est tenue par la ‘’sonnette’’ et doit avoir passé, en fin de journée, en moyenne, une minute avec chaque client.

Le ‘’Ding-dong’’ n’est pas là pour nous faire gagner du temps, mais nous maintenir derrière une sorte de ligne invisible (ce qui rend notre surveillance plus facile) et mettre un peu plus de pression sur la tête des ouvriers buralistes.
[Il est clair que dans les petits offices ruraux qui résistent à la restructuration, l’ambiance est toute autre.]
‘’Ding.dong’’, le contrôle d’une masse de personnes par une impulsion sonore. Le truc marche du feu de dieu dans tous les établissements scolaires, à La Poste, à l’Office des impôts, à la Commune, ça marche partout. Chez Swisscom, il y a même votre ‘’conseiller’’ qui crie votre numéro. Au cas où vous seriez malvoyant J .

Dong, sonnette suivante. Et là, en parfait petit mouton bien élevé, tout le monde (bibi inclus) lève la tête. Même celui qui vient juste de tirer son numéro gagnant et qui a compté dix clients devant lui… Et là, chose étonnante, tout le monde, ou presque, jette un rapide coup d’œil à son ticket.
Eh non mon gars, ton numéro n’a pas changé, tu dois encore attendre.
Mouton et poisson rouge, ça fait peur.
Bref, c’est mon tour. Lettre recommandée : 6 francs !
(C'est le deuxième recommandé que j'envoie dans le canton de Zurich, à Dietikon. (Croyez-moi, y en a plus que ça en Suisse allemande.))
Et juste avant de conclure la transaction, la petite question transcendantale qui changera le cours de mon existence à tout jamais :
« Quelque chose à votre bonheur..? » Je la regarde… J’hésite. Non.
Elle revient à la charge :
« Vous jouez au Lotto ? »
« Non. »
« Parce qu’il y a une voiture à gagner. »
Petite, la voiture. Silence.

J'ai eu envie de lui demander comment cela allait contribuer à mon bonheur?
Mais finalement, je me suis dit que cette brave femme, plus très jeune, avait de la chance d'avoir trouvé, ou conservé, son job et que ses sourires étaient moins "commerciaux" que ceux de ses jeunes voisines de guichet.
"Ah... c'est gentil. Mais c'est pas La Poste qui va me donner du bonheur..."
Sourire entendu. Politesses d’usages.
« Au revoir et bonne journée. »

Nemo.

mercredi 27 août 2014

Retour à l'anormal.

Donc, ces derniers jours la vie a repris son cours anormal.
Ca coince dans les giratoires, ça court sur les trottoirs, ça s'entasse sur les quais de gare, ça bouchonne aux caisses des supermarchés où de plus en plus de caissières sont remplacées par des scanners. La Poste continue d’installer ses guichets peu rentables dans les pharmacies et de vendre des bonbons dans ses offices centralisés; les juges fédéraux seront désormais ‘’armés’’ de sprays au poivre ; la prochaine hausse des primes d’assurance-maladie est déjà annoncée tandis que les politiciens et autres groupes de lobbying continuent de biaiser leurs messages en vue des prochaines votations.

La rentrée c’est aussi l’occasion de retrouver, pour celles et ceux qui ont eu les moyens de fuir les nuages, tout ce patchwork d’informations, sélectionnées et triées en fonction de leur impact émotionnel, qui nous rappellent que ce monde peut être effrayant, dangereux et instable.
Les Etats-Unis, après avoir financé le ‘’Calife’’, nous ont trouvé un nouvel ennemi mondial dans l’Etat islamique. Mr Obama a sorti de sa manche un joker miracle qui va redonner un peu d’espoir aux populations qui craignent Ebola. Et si au passage les States peuvent piquer quelques parts du marché africain aux Chinois, ils ne vont pas s'en priver.
En parlant d’Ebola. Un cas suspect serait sous haute surveillance en Irlande, tandis qu’une nouvelle souche de cette fièvre hémorragique est apparue en République Dém. du Congo (RDC). Une sorte de retour aux sources dans un pays qui a connu sept épidémies de cette saloperie depuis sa découverte. Pour rester dans les maladies exotiques, le premier cas autochtone de dengue dû au moustique tigre a été signalé dans le Var, le 23 août dernier (LCI).
Une dizaine de jours avant l'épidémique nouvelle congolaise, Glencore annonçait une hausse de production de cuivre (+13%) en… RDC.

Quel lien pourrait-il y avoir entre Ebola et Glencore? Aucun bien entendu et ces événements qui s'enchaînent ne sont dû qu'au hasard du calendrier.
Comme cette crise qui secoue l’Ukraine, propulsant Mr Poutine sur le devant de la scène internationale. Vlad le Nostalgique qui rêve de communisme en pleurant le KGB alors, qu’en marge du dernier mondial de football, il mettait la touche finale, avec ses homologues Chinois, Indiens, Brésiliens et Sud-Africains, à la banque des BRICS. Une entité financière nouvelle qui veut faire de l’ombre à la banque mondiale, au FMI et autres fonds d’aide au développement gérés par les ricains et les juifs sionistes, tout en donnant un sérieux coup de frein à l’hégémonie du roi dollars.
Cette ‘’initiative’’, qui couvait depuis quelques temps déjà, a de quoi angoisser les banquiers occidentaux inféodés à un système économique anglo-saxon, consolidé par le consensus de Washington; un monde "occidental" qui n’avait plus de concurrents sérieux depuis la chute du Mur de Berlin et l’éclatement de l’ancienne URSS. Une ancienne rivalité qui a permis, jusqu’en 1990, aux pays du tiers-monde, aux petites nations qui peinaient à combler leurs handicaps économiques et sociaux, de choisir leurs partenaires.
Alors comme Obama ne veut pas qu’on lui casse sa baraque économico-financière, il demande à ses laquais, européennement uni, de sanctionner Vladimir. Bruxelles peut difficilement dire non, vu que Washington a présenté la facture à l’UE pour sa participation majoritaire dans l’OTAN et que les dirigeants de la Maison-Blanche ont décidé de moins soutenir militairement l’Europe pour se recentrer leurs forces armées dans l’Océan Indien, en Australie, en Indonésie et à l’autre bout du Pacifique. Histoire de contrôler ce qui sort de la Mer de Chine qui voit transiter plus de la moitié du tonnage marchand dans ses eaux.

Avec la rentrée, on redécouvre aussi avec plaisir que la magie de l’économie ultralibérale moderne fait rimer "croissance" avec "chômage massif" (Espagne, Portugal, Irlande), ou que la croissance peut être négative (Allemagne).

F. Hollande, qui est toujours en forte carence affective auprès de ses électeurs, a multiplié les commémorations inutiles pour trouver un rôle mondial à la France alors que son économie patauge dans le yaourt et que son gouvernement implose. La parade ? Retourner définitivement sa veste. L’ennemi des financiers, lors de sa campagne, voit désormais, en ces derniers, des amis. Du coup Monsieur ‘’Démondialisation’’ (Montebourg) est remplacé par un mozart de la finance qui a fait ses armes comme banquier d’affaire chez Rotschild (Macron).
Cela va-t-il inverser la courbe du chômage dans l’Hexagone ? Réponse dans six mois.
En attendant la France part combattre le seul secteur indigène créateur d’emplois : «L’entreprise individuelle terroriste » J.

Bref. Le lundi 25 août c’était autour de mon ti bout d’homme et plus de 100'000 autres de ses ‘’camarades’’ vaudois, de connaître les joies de la rentrée scolaire.
Fini la trêve, les réveils à 0830, les ptits dèjes sur le tatami du salon, de jouer les ‘’Maîtres constructeurs’’ du royaume des Legos, les courses de Super Mario kart, les parties de foot dans la cour entre deux averses, les aventures des ‘’Monsieur Madame’’ et les inventions d’histoires qui s’achèvent par un gros câlin-bonne-nuit à 2200.
Les choses sérieuses recommencent avec, en prime, un nouveau pavillon scolaire, une nouvelle classe et une nouvelle maîtresse pour entamer cette 3ème harmos (ex 1ère primaire depuis la grande réorganisation de l’enseignement public…).
Ca me rappelle que quand le fiston a appris qu’il ne reverrait pas Mélanie, la prof qui a tenu la classe les deux premières années de sa scolarité, ça été le drame. Sauf qu’il apprendra, beaucoup plus tard, que tenir deux ans avec la même maîtresse, c’est déjà pas si mal.
Fort heureusement, pour aider à la rentrée, il y avait Guillaume le Terrible, Max la menace, Zoé la douce et surtout Catarina. Mais bon, si dans les dix premières minutes de leur nouvelle année, la jeune prof, très prof, réussit à caser que « les crayons ne doivent pas faire de bruit sur le pupitre », ça n’augure rien de bon pour mon trop sensible de ti bonhomme. D’ailleurs ça n’a pas raté : Il a fini sa première journée d'école aux urgences pédiatrie du coin pour une forte crise d’asthme, qui n’est pas liée aux pollens. Il a aussi raté le deuxième jour, vu qu’il a passé la nuit aux ‘’soins continus’’.
A celles et ceux qui se disent qu’une rentrée scolaire semble légère pour déclencher une crise d’asthme qui mène à l’hosto, je répondrai qu’ils ont raison. Mais je ne vais pas faire la liste des événements qui ont perturbé mon ti bonhomme ces dernières semaines…

Nemo.

mardi 19 août 2014

Caisse publique.

Une des promesses des défenseurs de la LAMAl, qui allait mettre fin à la liberté de contracter une assurance maladie, fut un contrôle des primes d’assurances. L’argument lié à cette ‘’promesse’’ avançait que la libéralisation du système de santé allait permettre une libre concurrence entre les assureurs maladie, 130 à l’époque, en nous permettant de changer de caisse maladie au gré de nos envies.
Depuis, les primes n’ont cessé d’augmenter et régulièrement, un porte-parole cravaté d’une compagnie d’assurances maladie quelconque vient nous répéter, via tous les supports médiatiques existants, quel est le travail d’une assurance maladie, comment ce travail est effectué et, le plus important, pourquoi il est nécessaire d’augmenter annuellement les primes des assurés.

D’un autre côté, il est vrai que chaque année, aux alentours d’octobre, chaque assuré peut résilier son contrat d’assurance-maladie et s’inscrire chez un concurrent. Librement.
Enfin, pas tout à fait, parce qu’il y a quand même quelques règles à respecter et qu’il faut montrer ‘’patte blanche’’ pour être accepté chez un ‘’concurrent’’ qui, théoriquement, ne connaît rien de notre état de santé perso, mais qui comble cette lacune par un questionnaire, un tantinet inquisiteur.
Et pour aider à ce changement, il y a les courtiers en assurances qui viennent, tout sourire, sonner à votre porte avec, dans leur porte-documents, des offres de prestations de compagnies d’assurances différentes et concurrentes qui ont décidé de toutes faire appel aux mêmes courtiers. Question de synergie probablement…

Comme nous ne vivons pas dans un monde idéal et que des personnes très intelligentes (ce qui m’évite de dire que nous sommes une bande de bobets décérébrés) sont parvenues à nous faire croire que la ‘’libéralisation’’ par la ‘’privatisation’’ était une chose saine et bénéfique pour tout un chacun (comme si les verbes ‘’Libérer’’ et ‘’Priver’’ allaient dans le même sens…).
Sur les 246 caisses maladies qui exerçaient avant la votation de 1994 il n’en restait que 130 à la fin du siècle dernier.
Aujourd’hui, ce ne sont plus que 61 caisses maladie qui sont actives. L’ouverture du marché a fait disparaître 75% des caisses maladie helvétiques, réduisant proportionnellement notre liberté de choix. Bon, ok, elles n’ont pas toutes mis la clé sous la porte…

KPT/CPT a pris son aile AGILIA Assurance maladie AG et PUBLISANA ;
Les assureurs maladie OSKA, AMASCO, CSME et PANORAMA ont fusionné, en 1992, pour créer l’assureur SWICA, qui absorbera, une bonne décennie plus tard, la caisse PROVITA.
HELVETIA, de son côté, s’est débarrassée de son portefeuille ‘’accident’’ chez SODALIS tandis qu’elle ‘’vendait’’ ses clients ‘’maladie’’ à la caisse INNOVA; INNOVA qui passera, en 2012, sous l’aile de VIVACARE, une assurance du groupe VISANA.
Des associations ont aussi été créées, comme RVK qui réuni les assureurs de santé de petite et moyenne importance : AQUILANA, INNOVANTE, RHENUSANA, SODALIS, SYMPANY, AGRISANO, FBK (du Liechtenstein) ou encore ÖKK.

Pour ne pas trop perturber l’esprit de ces bons Suisses récalcitrants aux brusques changements, bon nombre d’enseignes d’assureurs maladie n’ont pas changé.
Si vous cherchez, dans le bottin de téléphone, le numéro d’Helsana assurances, vous trouverez en prime les E-mail des assureurs Progrès, Sansan, Avanex et Maxi ; Si vous poussez la porte du bureau de l’assurance PHILOS, vous entrez dans une SA fondée en 2010 par trois bonhommes valaisans. Trois bonhommes qui dans leur élan philanthropique ont transformé deux autres caisses en SA, AVENIR et EASYSANA, le tout appartenant au Groupe MUTUEL. Le personnel PHILOS peut bien jurer, la main sur le cœur que leur bureau est indépendant, reste que la moitié de leur Conseil d’administration est tenu par le Groupe MUTUEL

Groupe VISANA, Groupe MUTUEL, Groupe HELSANA, Groupe SANITAS… les assureurs se regroupent, créent des Fondations, souvent éponymes : Fondation VISANA, Fondation SANA (ex Fondation HELVETIA) ; investissent dans des Réseaux de soins avec docteurs de ‘’famille’’, des Hot Line, des Tellmed, des Medicall et autres services médicaux d’assistance à distance.
CONCORDIA et HELSANA ont fait 50/50 dans la création de SANACARE SA, un réseau partenaire regroupant 18 enseignes de l’assurance vie.
Et pour chapeauter tout ça, il y a l’association faîtière des assureurs maladie : Santésuisse. Une association qui, en attendant le ‘’coming out’’ de CURAFUTURA, regroupait 58 assureurs maladie ; une association auprès de laquelle l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) demande l’autorisation pour s’exprimer.

Tous ces ‘’regroupements’’ reflétaient timidement le panorama du monde de l’assurance-maladie au début 2014 et me laissent un sourire en coin quand j’entends tous les défenseurs de ceux qui s’enrichissent sur nos maladies, prétendre qu’une "Caisse publique", pour ne pas dire "unique", serait une mauvaise idée qui coûterait chère à mettre en place. Pourtant ça ressemble fortement à ce qui c'est fait ces 20 dernières années. La seule chose qui changera  le 28 septembre prochain au soir sera de savoir qui s’enrichit sur notre de dos: Une institution étatique ou un cartel privé ?

Quasiment tout le Conseil d’administration de Santésuisse est composé de représentant d’assureurs maladie. RVK y étant même assez bien représenté : Le Dr Bodenmann (membre) est un RVK par le biais de SYMPANY, dans laquelle il a été nommé CEO ; Mr Schena (membre) est aussi un RVK et président du directoire d’ÖKK ; quant à Mr Boesch, vice-président du C.A. de Santésuisse, il est également le vice-président de RVK.
On continue les ‘’double casquette’’ ?
L’étonnant Mr B. Rueg, Président de RUEG SA, star de la Chambre Vaudoise de commerce et d’Economiesuisse, est un membre du Conseil d’administration du Groupe CSS (dont les sociétaires actionnaires sont présents dans 24 cantons suisses).
Aux réunions du Conseil d’administration de la COOP ( grand distributeur alimentaire et calorique national), Mr Rueg risque de croiser Madame M. Ferrari-Testa (ça ne s’invente pas…) qui est également membre du Conseil d’administration du Groupe HELSANA.
Et la COOP, par l’intermédiaire de son Service juridique Coop, est un partenaire ‘’business’’ de l’assurance maladie ATUPRI.

Il y a aussi du beau monde chez Comparis.ch, le comparateur favori de Santésuisse, l’outils préféré des assureurs qui trie les ‘’mauvais risques’’, qui mâche le boulot des démarcheurs et qui, pour une modeste facture de 9,5 millions de francs en 2012, nous a orienté vers la prime la moins cher du marché.
Comparis.ch c’est: 80 partenaires, dont les trois-quarts sont issus des assurances maladie ; un Comité consultatif de 6 membres, dont 5 sont fournis par nos politiciens (1 vert+ 1 PDC+ 1 PLR+ 2 UDC), reste Mr Leu. En plus d’être en professeur émérite, Mr Leu est partie prenante chez Medi-clinic Corp. Limited et est un membre des Conseils de Fondation et d’administration du Groupe VISANA.

Au-dessus de ce nid de vipère, comme je l’écrivais plus haut, il y a l’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP), censé empêcher tout dérapages, toutes surenchères. Un OFSP noyauté par les lobbies de la santé ; un OFSP qui doit avaliser toutes augmentations, en fonction des chiffres que lui présente chaque assureur ; un OFSP qui peut, sur le papier, s’opposer à une augmentation mais qui est dans l’impossibilité de réclamer une baisse des primes. Un OFSP qui sert à pas grand choses pour le commun des assurés.

Ca se mêle et s’entremêle au royaume de l’assurance, à tel point qu’une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Dans la grande famille des Piquesous on se divorce parfois aussi vite que l’on se marie : Les Groupe SANITAS, HELSANA et MUTUEL avaient uni leurs ‘’connaissances’’ dans l’Alliance des Assureurs Maladie Suisses (AAMS), avant que les deux premiers cités ne se retire pour fonder avec le Groupe CSS et KPT/CPT l’Association CURAFUTURA.
Apparaît alors dans l’orbite de la Mutuel un satellite nommé SWISS POWER GROUPE, une SA dont le Conseil d’administration est tenu par une seule personne : Mr Lataj BESNIK.
CURAFUTURA, de son côté, a été présentée comme la dissidence dans le monde de l’assurance maladie et annonce ne plus vouloir avoir à faire avec l’autorité officieuse de Santésuisse.
Les motivations de ce divorce sont-elles éthiques, économiques, politiques ?
Nous n’aurons comme réponse que la version des communiqués de presses.

La votation qui s’annonce bientôt sur une caisse publique et unique effraie tous ces chacals qui ont mis plusieurs décennies à pérenniser leur efficace système qui pompe le fric des Suisses et Suissesses dès leur premier cri en maternité jusqu’au dernier de leur soupir. Un système qui nous est imposé par le biais de l’ « Obligation de contracter ».
Maintenant, si vous êtes une personne cupide à la tête d’une société qui fait dans l’assurance maladie, ou même dans son comité directoire, vous feriez tout pour garder votre joli salaire, vos dividendes et vos petits cadeaux généreusement offerts par tout ce qui est ‘’influent’’ dans le domaine médico-pharmaceutique.
Vous seriez près à travestir la vérité, à faire de la propagande objective et à graisser quelques mains au passage. Et qu’une partie de la population se retrouve étranglée financièrement chaque fin de mois, ne serait pas votre problème.
Une caisse publique ce n’est pas bien parce que cela « coûterait cher aux assurés. » En lisant ça vous n’avez pas l’impression qu’ils se foutent de notre gueule ?!?!
Nous pouvons aussi entendre que ce n’est pas à l’Etat de gérer la santé publique, que cela ferait un peu ‘’communiste’’. Et que seule la ‘’libéralisation’’, qui ‘’privatise’’, est garante de la libre concurrence qui maintient le montant des primes à un niveau acceptable. Acceptable pour qui ?

Nous avons moins de soixante assureurs maladie dans le pays, qui se concentrent dans une dizaine de ‘’Groupes’’ qui sont chapeautés par un organe faîtier : Santésuisse, qui ne tient pas vraiment compte des ‘’recommandations’’ de l’OFSP.
De mon point de vue, le monde de l’assurance maladie Suisse fonctionne déjà comme une caisse ‘’unique’’ avec ses Conseils d’administration qui se chevauchent et s’entrelacent pour finalement n’obéir qu’à une seule règle.
Ce qui les chicane le plus dans cette votation qui s’approche, ce n’est pas de savoir si tel ou telle gestion de l’assurance maladie apportera de meilleurs soins aux patients ou pourrait, à terme voir les primes d’assurance maladies baisser, mais bien de voir disparaître tous les bénéfices que leurs rapportait cet impitoyable mécanisme financier.

Nemo.

lundi 11 août 2014

L'insaisissable tueur.

Les premiers cas de la fièvre hémorragique virale aiguë qui m'intéresse furent identifiés en 1976 dans une ville du nord du Zaïre (actuelle République démocratique du Congo).
318 personnes furent infectées près de Yambuku, et 280 périrent. La maladie, proche du Virus Marburg, prendra le nom d’une rivière passant pas loin de la localité et deviendra ce tueur implacable qu’est Ebola.
Ebolavirus fait partie de la famille des filovirus (filoviridae) et se sépare en 5 espèces se rapportant aux régions dans lesquels le virus fit une apparition ces 40 dernières années: ebolavirus Bundibugyo, Forêt de Taï, Reston, Soudan et Zaïre. Le dernier nommé, mais aussi le premier découvert, étant probablement la souche virale à l’origine de l’épidémie qui touche actuellement l’Afrique de l’Ouest.
Les recherches concernant ce virus ont amenés les scientifiques à conclure que la chauve-souris, notamment la Roussette d’Egypte, serait vraisemblablement le réservoir naturel d’Ebola. Des anticorps et des séquences d’ARN viral d’ebolavirus Zaïre ont aussi été découverts dans trois autres espèces de chauves-souris frugivores tropicales.

Le fort taux de contamination, une mortalité pouvant atteindre 90% des malades infectés et ses apparitions sporadiques dans des régions défavorisées ou éloignées font, que pour l’instant, le cycle naturel du virus est mal connu. L’hypothèse actuelle pose que la chauve-souris serait un porteur ‘’sain’’ qui peut infecter les singes, les porcs domestiques et l’homme par contact direct ou en mangeant de la viande contaminée (consommation de viande de brousse ou de chauve-souris).
Cependant il a été observé, sous des conditions expérimentales, qu’Ebola arrivait à se propager par des gouttelettes ou des particules aérosol.
Son incubation peut aller de 2 à 21 jours (généralement de 5 à 12 jours) et le décès survient entre 6 et 16 jours après le début de la maladie. A ce jour il n’y a aucun remède ou vaccin connu, même si un vaccin expérimental, le ZMapp uniquement testé sur des singes, aurait été récemment injecté à deux patients américains, rapatriés sous haute surveillance vers Atlanta (1).

Même si jusqu’à présent Ebola s’en est pris qu’aux pays Africains : République démocratique du Congo (Zaïre), Soudan du Sud, Ouganda, Côte d’Ivoire, Guinée, Libéria et l’Afrique de l’Ouest ces dernières semaines, Ebola n’a pas uniquement sévit que sur le continent Noir.
En 1983 une souche du virus fut découverte à Reston (Virginie) aux Etats-Unis. Les recherches ont permis, en 1989, de retracer l’origine du virus jusqu’au macaque crabier qui vit aux Philippines. Une espèce de singe présente également en Chine.
Des sources officieuses (Nice-Provence info)  prétendent que le virus est présent en Italie, où une quarantaine d’immigrés clandestins seraient maintenus en isolement total du côté de Pise, et que des cas d’Ebola auraient été détectés en Toscane. Info, intox ou psychose ?
Il n’en demeure pas moins que les gardes frontières qui travaillent sur l’île de Lampedusa (comme leurs confrères Siciliens ou Espagnols en terre marocaine) sont la première ligne de défense face à une possible ‘’immigration’’ clandestine du virus et, toujours selon des sources non officielles, près de 90% d’entre-eux auraient refusé de se rendre sur leur lieu de travail ces derniers temps.

Alors Ebola est-il en Europe ? Question à laquelle aucun officiel, aucun gouvernement ne peut ou ne veut répondre. Selon Bruxelles, les risques de voir Ebola se balader joyeusement dans l’UE sont « extrêmement faibles » ; tandis que l’OMS parle d’une « urgence de santé publique de portée mondiale », après avoir annoncé il y a quelques jours que l’épidémie était « hors de contrôle ».
Pourtant nos médias insistent sur le faible risque que représente Ebola pour nous autres européens et prétendent que l’effondrement des économies des pays touchés par l’épidémie nous serait plus préjudiciable. Voir la une du Matin dimanche (10.08) ou Libération qui écrit que les « dommages collatéraux [pourraient être] pires que ceux du virus. » (2).

C'est vrai quoi! Pourquoi s’inquièterait-on du sort de populations Noires qui de toutes façon vivent dans une misère sans nom, corrompues jusqu’à la moelle et dont l’espérance de vie n’excède pas 55 ans ? Dans un monde de rentabilité et de profit la Guinée est perçue comme le 5eme producteur mondial de bauxite (chiffre 2011) ; les horreurs commises au Sierra Leone ne pèsent rien dans un pays regorgeant de ressources minières exceptionnelles et le Liberia est un exportateur de minerai de fer. Quant au Nigeria, ses ressources pétrolières- 12ème producteur mondial, et gazifières- 22ème, en font un géant du continent, dont le PIB représente près du 70% de celui de toute l’Afrique de l’Ouest ; le pays est aussi le premier producteur mondial de manioc et le 4eme de cacao (chiffre 2012). La fermeture des frontières du continent Africain serait une catastrophe économique. Oncle Barack ne s’y pas trompé.
Plus haut sur le globe, dans un Europe qui se cherche une croissance, l’annonce de la présence d’Ebola sur le vieux continent aurait des répercussions économiquement désastreuses ; de nombreux gouvernements misent sur le tertiaire, pour gonfler leur PIB respectif, alors que le seul moyen efficace de se préserver d’Ebola est l’isolement ou le confinement.

Durant ces quatre dernières décennies, les apparitions d’Ebola sont restées concentrées dans une seule et même région, ou pays, par épidémie. Aujourd’hui ‘’il’’ se propage dans quatre Etat différents.
Durant les épidémies précédentes, Ebola sévissait plutôt dans le centre de l’Afrique. Aujourd’hui, il s’est exporté et il semble voyager sans trop de difficultés.
La première épidémie d’Ebola recensée en 1976 a tué 88% des patients infectés ; en 2014, la probable même souche infectieuse, voit son taux de mortalité baisser aux alentours de 60%.
Bien que ces chiffres soient dans le râteau proposé par les scientifiques médicaux experts épidémiologiques, on peut aussi se demander si cette baisse de ‘’mortalité’’ ne rend pas le virus plus dangereux ? Un peu comme s’il avait ‘’appris’’ que pour vivre plus longtemps, il ne fallait pas se débarrasser de ses hôtes trop rapidement…

Nous sommes loin encore des scènes de distributions de nourritures filmées dans ‘’Contamination’’ et il est plus que probable que nous y échappions. Comme il paraît peu probable de voir l’Humanité disparaître massivement, style Planète des singes, 28 jours plus tard ou Resident Evil.
En attendant, certaines compagnies aériennes dont British Airways ou Lufthansa ont récemment supprimé leurs liaisons avec l’Afrique de l’Ouest, et les populations allemandes ou espagnoles sont en proies à de fortes inquiétudes (3). Ce qui pourrait être fort compréhensible vu que le virus est officiellement sur le sol européen. En Espagne plus précisément, mais sous haute surveillance (4).

Si Ebola a inspiré quelques réalisateurs de Hollywood à Hong-Kong, il peut aussi éveiller les convoitises de personnes peu ‘’recommandables’’. En 1992, la secte japonaise Aum Shinrikyo, profitant d’une épidémie, tente en vain de se procurer le virus Ebola au Zaïre, lors d’une mission « humanitaire » menée par le gourou en personne avec quarante autre membres de la secte [wikipédia - Ebola - Bioterrorisme]
En 2006, c’est le docteur Eric Pianka qui, devant un parterre d’étudiants universitaire, défend l’extermination de 90% de la population mondiale par le virus Ebola qui, selon lui, est capable de se transmettre par la voie des airs (5).
Même si les propos de M. Pianka ont été censurés par les médias, son idéologie qui réclame une terre avec 500 millions d’habitants et sa pensée sur l’être humain qui ne vaut pas mieux qu’une bactérie ont reçu un accueil plus que favorable de la part de son auditoire. Ce qui ne surprend qu’à demi mesure dans un pays, les Etats-Unis, qui a quand même tenté de se débarrasser de ses Noirs pauvres à l’aide de maladies volontairement transmises au sein de ses populations défavorisées (5).

A l’heure des conflits ethnico-religieux généralisés, dans lesquels chaque belligérant rêve secrètement d’éradiquer définitivement ses ennemis, imaginer qu’une quelconque armée puisse mettre la main sur une telle arme aurait de quoi donner quelques sueurs froides à n’importe quel dirigeant.
D’un autre côté le fameux ZMapp, dont je parlais plus haut et qui me fait penser à World War Z, est issu d’un programme financé par le gouvernement US et l’armée américaine en collaboration avec les autorités sanitaires canadiennes (1). Pur hasard calendaire, les premières injections de ce vaccin miracle précèdent de quelques heures l’annonce de M. Obama qui, lors d’un sommet USA-Africa, a promis d’investir quelques milliards de dollars en faveur de l’économie Africaine.
Nous pourrions applaudir en oubliant que le continent Africain est l’objet de toutes les convoitises et penser que ce geste et guidé par une pure volonté philanthropique en lien avec ses origines ‘’black’’.
Vous avez souri ? Moi aussi…

De 1976 à 2007 les épidémies recensées ont principalement touché des pays exportateurs de bois (RDC, Congo, Gabon et Ouganda). Des épidémies que j’ai envie de lier à des intrusions de l’homme dans un milieu sauvage dans lequel il n’a plus sa place ; des épidémies qui auraient pu être une réponse de la biosphère locale face à la déforestation.
Ebola est un insaisissable tueur, une saloperie, qui devrait rester dans la forêt et nous, nous ne devrions pas entrer dans la forêt.
Mais je ne me fais pas trop de soucis. L’homme, du sommet de son arrogance, trouvera le remède, le monnaiera, et tout rentrera dans l’ordre pour que nous puissions poursuivre notre chemin, sans but, en consommant, en détruisant irrespectueusement les cadeaux de la Terre et remplissant notre quotidien d’items vides de sens.

Nemo.

Sources :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Virus_Ebola
(1) : http://www.lepoint.fr/sante/un-remede-miracle-contre-le-virus-ebola-05-08-2014-1851704_40.php
(2) : http://www.liberation.fr/terre/2014/08/08/les-dommages-collateraux-d-ebola-risquent-d-etre-pires-que-ceux-du -virus_1077849
(3) : http://french.ruvr.ru/2014_07_07/Le-virus-Ebola-va-t-il-sevir-en-Europe-3716/
(4) : http://www.courrierinternational.com/une/2014/08/08/le-virus-en-europe-mais-sous-haute-protection
(5) : http://conscience-du-peuple.blogspot.ch/2012/01/le-scientifique-dr-eric-r-pianka-defend.html

jeudi 7 août 2014

Du 28 contre 1...

… Ce serait une mise gagnante intéressante si vous pariez sur un tocard en ‘’simple gagnant’’ au PMU. Malheureusement, au Moyen-Orient, le rôle de tocard est tenu par Israël qui, sous couvert de « légitime défense », est devenu le meurtrier de 28 gazaouis pour un israélien tué.

1'860 civils palestiniens tués, dont beaucoup trop de femmes et d’enfants, contre 67 israéliens (64 militaires et 3 civils). Et le chiffre pourrait bien s’alourdir maintenant que les habitants de Gaza, accompagnés par les ridicules engins de sauvetages ou de déblayements, peuvent retourner sur les décombres de leurs maisons. J’utilise ‘’ridicule’’ pour comparer les moyens à disposition des palestiniens face à l’ampleur de la tâche à effectuer.

Il semblerait que le calme soit revenu dans la bande de Gaza. Les hommes de Tsahal peuvent afficher leur plus beaux sourires, parader sur leur chars d’assaut en levant les mains au ciel et signer le ‘’V’’ de la victoire et passer aux ‘’infos’’ pour parler de la fierté qu’ils ont eu dans l’accomplissement de leur mission: ils ont détruit une trentaine de tunnels qui menaçaient la sécurité de ces pauvres juifs israéliens, chiffre invérifiable il va de soit ; ils ont fait disparaître des quartiers entiers et bombardé des bâtiments de l’ONU en envoyant je ne sais combien de tonnes de bombes et missiles qui ont transformé le ghetto de Gaza en champs de ruines.

Des familles entières ont été décimées tandis que d’autres se retrouvent sans logement et vont manquer de tout pour avoir une vie humainement digne. Dans un territoire palestinien qui rétrécit à vue d’œil, au rythme de la colonisation israélienne, il manque même de place dans les cimetières.
Et qu’ont fait les politiciens, qu’a fait l’ONU pour empêcher Israël de mener à bien sa mission ? Rien !
L’Equateur et le Brésil ont bien rappelé leur ambassadeur respectif de Tel-Aviv ; la Chine a bien donné de la voix UNE fois, mais c’est tout. Aucun ‘’rappel à l’ordre’’, aucune sanction n’a été prise contre Israël qui pratique, tranquillement, son génocide sur le long terme. Tandis que d’un autre côté, on sanctionne économiquement à tour de bras un Monsieur Poutine qui est nettement moins impliqué, que ne l’est un B. Netanyahu, dans un conflit régional. Rien n’a pu empêcher Tsahal d’accomplir sa mission, aucune manifestation de soutien aux palestiniens n’a ralenti les blindés.

Monsieur Netanyahou a parlé de « légitime défense ». Sauf qu’au nombre de victimes palestiniennes jusqu’ici comptabilisées, son ordre de destruction massive ressemble à un vulgaire règlement de compte qu’orchestrerait un cartel de narcotrafiquants mexicains : un acte cruel et sanglant qui n’a comme seul objectif de rappeler QUI commande dans cette partie du globe. Alors légitime défense ? Mon Q oui !
Ou alors je n’ai rien compris à la « légitime défense ». Si quelqu’un m’agresse méchamment, je vais me défendre contre cette personne. Je ne vais pas aller, avec une bande de potes, faire les ‘’hulk fracasse’’ contre sa famille, ses connaissances et les amis de ses amis, histoire de donner une réponse "proportionnée" à mon agression et pour atteindre mon quota de 30/1.

Religieusement parlant, les paroles de Christ n’ont jamais encouragé à la guerre contre son ennemi ; même le Coran, qui reconnaît le droit à la ‘’réparation’’ (l’équivalent du Œil pour œil), condamne les actes de vengeances et demande à ses fidèles de cessez le combat quand l’ennemi cesse son agression (ce qui mettrait le Hamas en porte-à-faux avec les écrits du Livre quand ils ont rompu la trêve).

Malheureusement ce conflit régional ne se règlera peut-être jamais, ou alors très difficilement tant les revendications et exigences des deux parties sont inconciliables, parce que ses racines se perdent dans les millénaires. Certains voudront coloniser d’avantages, d’autres voudront la fin d’un blocus ; certains voudront pouvoir travailler de l’autre côté du mur ou des barbelés, d’autres ne les voudront pas chez eux ; certains réclameront la démilitarisation de la zone, d’autre refuseront d’être soumis, sans défenses, face à l’occupant. Les divergences sont interminables et aucun des deux ne reconnaît l’Etat de l’autre.
Le sioniste devient raciste traitant son ennemi de ‘’terroriste’’ alors qu’il ne fait pas grand-chose pour qu’il en soit autrement, qu’il ne fait pas grand-chose pour permettre aux enfants palestiniens d’aujourd’hui d’avoir une autre perspective que de tirer des roquettes sur Israël une fois devenu grand.
Les méfaits du sioniste déicide d’aujourd’hui n’ont rien à envier aux errements sanguinaires d’antan commis par le prophète de son ennemi.
Sans oublier que ces conflits qui s’éternisent offrent aux fabricants et revendeurs de matériels militaires des possibilités d’essais ‘’grandeur nature’’ intéressantes…

Maintenant qu’il n’y a plus de colonnes de fumées ou de cadavres à filmer, l’aspect technoscientifique du conflit prend le dessus : le nombre de missiles envoyés par l’une ou l’autre des parties est mentionné, en dessus du nombre de victime ; une première estimation du montant global des dégâts dans la bande de Gaza est avancée et les experts en géopolitique moyen-orientale donnent leurs analyses pour déterminer lequel des deux belligérants est ressorti ‘’vainqueur’’ de cette boucherie. A vomir…

Mais déjà l’attention des médias, notre attention, se porte ailleurs. On compte les Ukrainiennes et les Ukrainiens qui ont fui Donestk, et les morts bien entendu. Il faut aussi avoir des réponses officieusement officielles sur le crash du MH 17. Officieuses les réponses, vu que tout le gotha politique des Etats unis d’Europe s’est empressé de condamner Vladimir Poutine.
On compte aussi les victimes d’Ebola en Afrique de l’Ouest, bientôt mille, et on retiendra le taux de mortalité du virus tueur : 60%.

Nemo

mercredi 9 juillet 2014

Qui est responsable?

Du premier des parents au dernier des politiciens, tous nous demandent d’être des personnes responsables qui assument les conséquences de leurs actes.
Les politiciens attendent que nous nous comportions quotidiennement de manière ‘’responsable’’ sur la voie publique ou dans les transports en commun et dans nos consommations de produits addictifs. Face à la détérioration de notre biosphère le Peuple citoyen de la Terre, doit se comporter en consommateur responsable, devenir un consom’acteur, tout comme chaque personne est tenue de garantir un maximum de sécurité vis-à-vis des gens qu’elle invite chez elle dans son appartement ou sa maison, comme chaque organisateur d’événement est responsable de ses invités, des spectateurs et des nuisances occasionnées.
Cette sensibilisation commence tôt dans la vie de l’humain. Grands monologues, remarques et punitions rythment l’apprentissage du petit de l’homme « jusqu’à ce qu’il comprenne. » Et le petit ‘’singe nu’’ comprends assez bien, jusqu’à son premier contrat d’assurance ‘’auto’’ ou ‘’responsabilité civile’’, du moins.
Les assurances paient pour les dégâts, les réparations, au pire les soins ; les ‘’protection juridique’’ et les avocats se chargent de minimiser nos actes et de réduire la punition et nous, nous nous trouvons une quantité infinie d’excuses pour réussir à nous déresponsabiliser de ‘’l’événement’’ : « Pas vu… » ; « Pas entendu… » ; « J’avais bu » ; « J’ai été distrait » ; « J’étais hors de moi, je ne savais plus ce que je faisais », etc.

Cette désagréable habitude pourrait nous être encouragée par la multiplicité des risques couverts par les assureurs ou simplement en regardant, en observant et en écoutant ceux-là même qui nous demandent d’être responsable. Quand ce ne sont pas carrément les psys qui nous déclarent « irresponsable ».
Ce qui est intéressant, c’est qu’à mesure que vous gradez dans une entreprise, dans une société internationale ou même en politique, votre responsabilité face à des incidents ou accidents diminue de manière inversement proportionnelle au nombre de vos subalternes.
« Je n’ai pas été informé de ce cas » ou « Je n’ai pas été informé de ses agissements » excuse le plus haut dirigeant d’une société internationale a son équivalent politique avec : « Je ne connais pas ce dossier suffisamment bien pour que je puisse m’exprimer sur ce cas. Mais… »
Le patron d’une nano entreprise de taxi est responsable des bourdes de son chauffeur, comme le patron d’une petite entreprise du bâtiment assume les erreurs de ses ouvriers, comme la gérante du discounter est responsable de son personnel.
Par contre, quand les CFF accumulent incidents, accidents et retards, c’est le porte-parole qui s’exprime, parce que le directeur général ne parle que « lors du bilan annuel », ou ne « se déplace [qu’]en cas de crise ».
Ou encore quand la haute direction d’une société multinationale se retrouve impliquée dans l’assassinat de l’un de ses employés Sud-américains, c’est un avocat qui impose des explications en espagnol en plein cœur de la romandie. Sans oublier ces traders, ou autres employés de banques, lâchés par leur direction dès qu’ils se font pincer.

Le 20 juin dernier, un arbre est tombé devant la gare de Vevey.
La Suisse allait affronter la France, il faisait beau, il y avait du monde, il y a donc eu, très malheureusement, des blessés. Trois blessées. L’une d’entre-elle s’en sort plutôt bien ; une autre est coincée dans un hôpital de la région pour trois semaines encore minimum, le temps de soigner sa fracture à la colonne et pour les chirurgiens de récupérer les fragments d’os qui se promènent dans une cheville qui a littéralement été broyée. Tandis que pour la troisième adolescente l’avenir c’est dramatiquement assombri. La rumeur locale murmure qu’elle aurait été transférée du CHUV, de Lausanne, vers l’hôpital de Sion (VS) et qu’elle resterait tétraplégique. Mais ce n’est qu’un écho de trottoir.
Ceci étant chuchoté, la question qui revient souvent dans les discussions de bitume est de deviner qui sera tenu pour responsable de ce tragique accident qui donne un méchant coup d’arrêt aux projets d’une jeune fille de moins de vingt ans ?
Les CFF, la commune, le Syndic, le monsieur ‘’Arbre’’ de la Ville, les ‘’Verts’’ qui s’opposent toujours à l’abattage des arbres, au ''champignon'', la faute à pas de chance… ?
La réponse ne se trouvera pas aussi vite que lorsqu’un vieil arbre malade est tombé sur une voiture en stationnement. Mais déjà les possibles ‘’responsables’’ se couvrent : L’arbre était sur le territoire des CFF, mais son entretien incombait à la commune ; « L’arbre avait été touché par un camion » ; « L’arbre était sous surveillance » ; « L’arbre avait été contrôlé la dernière fois en 2011. La prochaine inspection était prévue en 2015 », comme l’explique le chef de la Direction des espaces publics veveysans, qui précise, dans l’article du 24 Heures du 24 juin, qu’un examen approfondi, une sorte d’échographie de l’arbre, coûte entre 600 et 1'000 francs, par arbre…
Heureusement Monsieur D. n’oublie pas les victimes : « Il convient avant tout d’adresser nos vœux de prompt rétablissement aux victimes (…) »
Si je parle de cela, c’est parce qu’il me semble que Mr D. paraît plus impliqué dans cet accident que ne l’est le chef de tous les dicastères veveysans, Monsieur B., le syndic de Vevey.
Un syndic qui s’exprimait ainsi, 4 jours après le drame :
« On est triste de cet accident et surtout des conséquences graves qu’il a eu sur l’une des jeunes filles, mais nous entretenons et suivons nos arbres correctement, n’hésitant pas à les couper (…) comme nous l’avions fait en 2012 avec la vingtaine de platanes qui embellissaient nos quais. »
http://www.lematin.ch/faits-divers/La-chute-d-arbre-risuqe-de-la-laisser.paralysee/story/27891649

« On » n’est pas « Nous » et encore moins « Je ». « On » prend ses distances alors que « Nous » n’a rien à se reprocher. « Je » ne s’implique pas ouvertement, même si l’une des victimes hospitalisées serait la fille d’une employée de la commune de Vevey-la-moins-Jolie-de-20-platanes.
Deux jours plus tard, soit le 26 juin, lors de la séance du Conseil communal Monsieur le syndic corrige le tir avec un message, qu’il lira assis, devant les élus veveysans : « (…) Nos vœux sincères pour un prompt rétablissement les accompagnent, en particulier pour la plus touchée d’entre-elles. (…) » Un message devenu formel, vide de toutes émotions.
Depuis le 24 juin, plus rien. Même Le Régional, l’hebdomadaire local, est resté silencieux.
L’enquête est en cours, et tant qu’aucun professionnel, juge ou autre expert n’a publié de conclusion, tout le monde, selon les ‘’consignes’’ de la Municipalité, est prié de se taire : « (…) Les réponses vous seront apportées une fois que les conclusions de l’enquête nous aurons été transmises par les autorités compétentes. Dès lors, la Municipalité et son administration réservent strictement leurs déclarations aux enquêteurs et se mettent totalement à leur disposition. (…) » Dixit le syndic. C’est compréhensible...

Les experts des ‘’arbres morts’’ vont faire leurs petits prélèvements, faire leurs petites analyses et autres mesures pour les confronter aux observations des spécialistes des ‘’arbres encore debout’’. Je doute que dans cette enquête quiconque ne vienne prendre la ‘’température’’ auprès de ceux qui ont passé une bonne partie de leur temps au pied de l’arbre malade. Ce qui retire de l’enquête des observations telles que la présence de musaraignes qui avaient nidifié dans le tronc de l’arbre ou le fait qu’une tige en acier ait pu être introduite, horizontalement sur un bien 50 centimètres, à la base de l’arbre ou encore que la grosse branche coupée il y a peu avait laissé apparaître un trou en son centre. Et que ces observations ont bien entre dix-huit mois et deux ans.
De plus, l’arbre penchait sur la chaussée depuis des décennies et les anciens chauffeurs de taxis, qui travaillaient à l’ombre du feuillus ont souvent demandé, selon leurs dires, quand il serait abattu ?
Mais comme ces observations ne se sont faites qu’oralement, elles n’existent pas. Ou manque de pertinences vu qu’un simple chauffeur de taxi n’a pas les connaissances d’un garde forestier ou d’un chef des espaces publics veveysans…

Les scientifiques vont donc expliquer ‘’comment’’ ce tragique accident est survenu et la Justice se chargera de désigner un responsable.
Ce qui m’attriste dans cette affaire, c’est le silence de nos élus. En particulier le syndic de Vevey. Un arbre tombe sur son territoire et blesse grièvement deux veveysannes. Je l’imaginais plus ‘’actif’’, plus ‘’communicateur’’. Certes les familles réclament de l’intimité, mais cela ne l’empêchait pas de se positionner en chef de la Ville qui regrette sincèrement ce qui s’est passé, qui à la limite présente des excuses aux victimes et à leur famille et s’implique personnellement dans la recherche des causes de ce drame et fout des pieds au cul après. Parce qu’un arbre, ça ne tombe pas en pleine ville sans raisons ! Après tout, n’est-il pas le chef des chefs dans la ville, celui qui doit avoir une « attitude exemplaire » ?
Alors, pour moi, le chef des chefs se lève face à l’auditoire pour affirmer sa présence dans ce moment difficile au lieu de garder cet ‘’effort’’ pour plaisanter sur le nombre de couche de peinture utilisée pour de la signalisation routière…
Ce qui  m’inquiète aussi dans cette plus que triste affaire, serait de lire une conclusion d’enquête du style : « Rien ne permettait de prévoir la chute de l’arbre » et que les malheureuses victimes « se sont retrouvées au mauvais endroit au mauvais moment. » En plus étoffé, bien sûr.

Nemo.

P.s. :
Retranscription de l'intervention du syndic lors du conseil communal du 26.06.14 :
« Mesdames et Messieurs les conseillers communaux, il est rare que la municipalité prenne ainsi la parole en ouverture de séance, mais le drame survenu vendredi dernier à la gare l’exige.
Nos pensées vont avant tout vers les victimes de la chute de cet arbre et leur famille. Nos vœux sincères pour un prompt rétablissement les accompagnent, en particulier pour la plus touchée d’entre-elles.
De nombreuses questions se posent après cet accident. Les réponses vous seront apportées une fois que les conclusions de l’enquête nous aurons été transmises par les autorités compétentes. Dès lors, la Municipalité et son administration réservent strictement leurs déclarations aux enquêteurs et se mettent totalement à leur disposition. Nous vous remercions de votre compréhension et souhaitons que tout un chacun, par une attitude exemplaire, permette à l’enquête d’avancer dans le climat le plus serein possible. »

jeudi 3 juillet 2014

Bientôt trois semaines...

... que l’on ne parle plus vraiment des revendications sociales d’une majorité de Brésiliennes et de Brésiliens ; un peu plus de quinze jours que les images chocs des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont disparu de nos écrans télés. Jusqu’au 12 juin les grévistes du métro brésilien inquiétaient la planète entière, le 13 juin 2013 se sont ceux de la SNCF qui ont pris le relais avant de céder leurs places aux mécontents des aéroports. Sans oublier les intermittents du spectacle.
Cela voudrait-il dire que les conditions de vie de millions de Sud-Américain se sont brusquement améliorées ? Nous en doutons en chœur.

Les médias évitent les sujets ‘’Favelas’’, sauf pour noter leur ‘’pacification’’ sélective en parlant du bout des lèvres des expropriations violentes qui sont encore d’actualité parce qu’à quelques jours du dénouement final de la grande messe du football international, les esprits politiques corrompus du Brésil se tournent déjà vers 2016, l’année des Jeux Olympiques de Rio ; parce que Rio de janvier doit devenir, d’ici deux ans, la ville ‘’merveilleuse’’ de l’Amérique du Sud. La place où il faudra absolument être si t’as de la thune.
Maintenant, les journalistes présents outre-atlantique ne peuvent pas que passer leur temps à faire bronzette sur les plages brésiliennes. Ils doivent quand même nous montrer la pauvreté du pays pour que nous nous disions : « On est quand même bien chez nous...»

Comme il est devenu interdit de critiquer la FIFA qui fait tant « For the World », il faut trouver un sujet qui n’égratigne pas le Sepp, qui ne parle pas des milliards dépensés dans des constructions éphémères et encore moins du nettoyage par le vide de certaines zones occupées par des miséreux et dans lesquelles la ‘’Merveilleuse’’ veut et va s’étendre. Il reste donc le triste sujet de la prostitution. J’en ai vu trois, dans la chronologie suivante : Le premier reportage montrait de loin les prostituées qui s’étaient installées autour des stades. Durant le second, le ou la journaliste a donné la parole à l’une de ces filles, à peine majeure, qui vend son corps pour obtenir de quoi nourrir son enfant et subvenir aux besoins de sa famille. Le dernier abordera le problème de la prostitution infantile et nous a révèle que Fortalezza, ville et stade qui accueille six matches de coupe du monde, serait la capitale brésilienne de la prostitution des mineurs. Révélation faite après la cinquième des six rencontres programmées là-bas.
Du coup, pendant que Giroud éclate à coups de pied volants la face de ses adversaires, de pauvres diables se font exploser la tronche à coups de matraque par la police militaire ; les Favelas mal placées s’enflamment aussi vite qu’un stade après le but victorieux d’un Robben, Neymar ou autre Messi et pendant que les supporters s’abreuvent de bières ou de caïpirinhas des gamins se font sodomiser et se retrouvent contraint d’avaler des liquides organiques, tandis que d’autres se font sodomiser pendant que Marc-André Berset, avec son regard de piranha dopé à l’hélium, et sa consoeur Viola nous sortent des commentaires à la ‘’mords-moi le nœud’’.

La police fédérale brésilienne estime que 250'000 enfants mineurs de moins de 18 ans étaient en situation de prostitution. En 2011…
Selon l’ECPAT(End Child Prostitution, Child Pornography and Trafficking of Children for Sexual Purpose) une organisation internationale qui se bat contre ce fléau :
« Dans un pays où près de la moitié des enfants et adolescents vivent en dessous du seuil de pauvreté », la venue d’environ 4 millions de spectateurs (brésiliens et touristes confondus) pour témoigner de la grandeur du football brésilien, ou du foot tout court, « représente un potentiel d’accroissement du nombre de clients. »
La présence, dans des clips demandant à « ne pas détourner notre regard », d’anciennes stars de foot que sont Juninho et Kaka, ne signifie pas que ce problème est exclusivement brésilien.
La prostitution infantile a bondi de 86% lors du Mondial 2006 en Allemagne ; de 67% en Afrique du Sud (2010) et de 87% lors des Jeux Olympique de 2012 en Grèce.
Il faut croire que bon nombre de personnes vont faire ailleurs, ce que la morale leur interdit de faire chez eux.

Le Brésil est péniblement sorti des répressions violentes organisées par le gouvernement et les lobbies industriels du moment qui recrutaient ‘’paramilitaires’’ parmi les forces de police, et parfois dans l’armée elle-même, pour faire taire définitivement tout opposant au régime.
Les descendants de ces disparus politiques et économiques continuent à subir les foudres des forces de l’ordre ainsi que les discriminations sociales qui leurs sont liées et quant à leurs enfants, ils ne trouvent qu’un éphémère espoir de survie dans la plus vile expression de l’idéologie néolibérale qui a donné une valeur marchande à l’être humain. Avec la succession annoncée des deux événements sportifs majeurs au Brésil, ce sont bien des familles entières qui risquent de ‘’disparaître’’ définitivement.

Nemo.