samedi 15 mars 2014

Dites "33".

117 millions de francs pendant 17 ans : c’est ce qu’ont encaissé les caisses d’assurance-maladie via les primes payées en trop par leurs assurés.
« Payées en trop » : formule politiquement correct pour définir les près de deux milliards de francs suisse que les assureurs-maladie ont arnaquer à leurs clients dans quelques cantons suisses, Romands de préférence.
Depuis l’introduction de la LAMAl (Loi sur l’Assurance Maladie) et de l’obligation de contracter une assurance-maladie, l’assuré helvétique n’a pu que se résigner à voir le montant de ses primes augmenter d’années en années. Malgré la promesse de contrôle et de gestion des coûts faite avant la votation. Mais même si avec le temps, nous avons tous appris ce que vaut une promesse faite par des vautours avant une votation, le peuple Suisse continue, et continuera toujours par se faire avoir.

Si les caisses d’assurances-maladie n’ont comme unique but que celui de tondre leurs clients, le citoyen Helvétique devrait pouvoir compter sur la surveillance de l’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP), sensé veiller au grain. Hiérarchiquement parlant, nous pourrions supposer que l’homme élu se retrouvant à la tête du dicastère en charge de la Santé Publique, Conseiller Fédéral de surcroît, soit l’homme le plus important du domaine dans lequel il est en fonction ; que cet homme soit le décideur ultime, celui qui rappelle les bonnes manières aux assureurs et dicte les lois. Eh ben non…
Si l’OFSP pourrait éventuellement s’opposer à une augmentation injustifiée des primes d’assurance-maladie, il se contente d’avaliser la hausse des tarifs. Ce sont d’ailleurs là les deux seules interventions, au niveau des primes d’assurance, que l’OFSP peut opérer, parce que le gouvernement de la Confédération Helvétique ne peut pas intervenir auprès des caisses maladie pour leur imposer une baisse de leurs primes.
Plus fort: rien dans la LAMAL n’était légalement prévu pour qu’un remboursement de primes « payées en trop » puisse se faire en faveur des assurés. Ils peuvent nous piquer impunément notre argent en surfacturant je ne sais trop quelles prestations sans que cela ne gêne les organes de contrôle, et sans qu’ils ne doivent nous rembourser.
Les assureurs voulaient nous sodomiser : nos parents leurs ont fourni la vaseline et nous, leurs enfants, nous remplaçons le pot quand il est vide. Et pendant, ce temps l’OFSP matait. Jusqu’à cette année…

Donc, ces hyènes d’assureurs-maladie nous ont volé deux milliards de nos francs, et aujourd’hui ils doivent nous rembourser.
Attention ! Il faut que l’on se comprenne. Quand les caisses maladie parlent de remboursement, cela n’a rien à voir avec l’idée de l’honnête homme qui restitue de l’argent qu’il aurait reçu en trop.
Après de rudes négociations entre certains de nos politiciens, dont le grand Manitou de l’OFSP, et les banquiers de notre santé, les deux parties sont tombées d’accord sur le montant qui sera restitué aux assurés et sur le financement du fond de remboursement. Parce que bien sûr, les assureurs n’ont pas suffisamment de réserves pour rendre, de suite, ce qui a été dérobé ou n’ont plus cet argent.
Un peu comme quand un juge demande à un petit malfrat de troisième zone ce qu’il a fait de l’argent qu’il a volé lors du cambriolage de la station-service du coin :
« J’l’ai dépensé pour m’acheter de la bière et ma dose d’héroïne… »
Donc, comme la ‘’Justice’’ fédérale a à traité avec de pauvres assureurs sans le sou, le montant du remboursement est arrêté à : 800 millions de francs.
Les assureurs maladie piquent 2 milliards à leurs clients et négocient pour n’en rendre que le 40% !
Et l’homme le plus puissant de l’OFSP accepte.
Mais là, ce ne sont que les préliminaires qui préparent à l’enculade finale !

Ce fameux fond de remboursement de 800 millions de nos francs sera constitué et alimenté de trois façons, par trois parts de 266 millions de francs :
1/3 sera versé par la Confédération ;
un autre tiers proviendra d’un prélèvement  sur la taxe CO2 ;
et les 266 millions restant à charge des assureurs.
Ce qui fait que les caisses n’auraient réellement que 13,3% du montant dérobé à restituer. En gros ils nous refileraient juste les intérêts de leurs placements.
Vous sentez le Dr Banner entrain de se faire de la place dans votre rectum ? Ne serrez pas les fesses, son alter ego arrive.
Les caisses maladie auront la possibilité, c’est prévu dans les arrangements, de facturer un montant unique de 33 francs à tous leurs assurés pour constituer les 266 millions nécessaires au remboursement de nos primes « payées en trop ». Même ceux qui se sont fait gruger pendant 17 ans pourraient passer à la caisse. Et si cela devait se passer ainsi, les caisses maladie ne sortiraient pas un centime de leurs poches pour ce ridicule remboursement. Les politiciens peuvent se féliciter d’avoir trouver un arrangements avec les puissants lobbies de l’assurance-maladie, un arrangement qui permet aux assureurs de garder nos deux milliards de francs bien au chaud.

Nemo.

vendredi 14 mars 2014

L'arbitraire de la loi.

Chaque nation a son Code pénal, civil ou des obligations qui ‘’introduisent’’ une multitude de lois sur le travail, le chômage, la famille, la succession, etc,etc, et j’en passe.
Des lois écrites par des Hommes qui ont puisé leurs inspirations dans les différentes Constitutions étatiques et qui finissent par les adapter aux spécificités départementales, cantonales, régionales ou communales. Sans omettre les lobbies économiques qui influencent très fortement les milieux politiques pour obtenir des passes droits légaux. Ce qui mène forcément vers un renversement du pouvoir quand une minorité a corrompu un gouvernement et dicte les choix sur lesquels le Peuple devra démocratiquement se prononcer.
Il arrive parfois que quelques bonnes initiatives passent le test des urnes ce qui déclenche, dès lors, une volée de recours mettant en cause l’applicabilité de la décision populaire, ou cherchant à repousser aux calendes grecques sa mise en application.
Une loi fédérale stricte sur l’aménagement du territoire, décidée par le Peuple, qui passe à l’assouplisseur suivant les régions concernées ; une loi sur le tabagisme qui s’adaptent aux besoins économiques de certains établissements de jeux ou de consommations ; des lois voulant protéger notre jeunesse contre les méfaits de la surconsommation d’alcools, mais qui n’engagent pas la production viticole.
Les lois, c’est pour beaucoup, l’expression d’une volonté arbitraire.
En France, la loi sur la famille n’aurait peut-être pas été approuvée si elle avait été soumise à une votation populaire ; idem pour l’armée française qui n’aurait jamais traverser la Méditerranée pour aller faire les ‘’gros bras’’ sur le continent Africain, si la démocratie de la rue était au pouvoir.
Sans compter que les Françaises et les Français n’ont jamais mandaté leurs derniers Présidents pour qu’ils les foutent dans la merde, comme beaucoup d’autres populations européennes et mondiales, d’ailleurs.

En Suisse entre le Code pénal, le Code pénal des mineurs, le Code civil et le Code des obligations il y a près de 2'700 articles de lois différents auxquels se rajoutent les lois sur l’école, la science, la culture, la défense nationale, les finances, les transports publics, l’énergie, les communications,  la santé, le travail, la sécurité sociale, l’économie, la coopération technique et leurs cortèges d’ordonnances.
Puis vient se greffer là-dessus le droit international qui s’applique à tout ce qui a déjà été cité en dessus, mais autrement. Et la route n’échappe pas à l’attention des faiseurs de lois.
Si la Loi sur la Circulation Routière affiche environ 120 articles encadrant les automobilistes, le Droit sur la Circulation Routière en recense près de 1'500.

Mais qu’est-ce qui fait, malgré la tendance actuelle à l’uniformisation des législations, qu’il y a encore beaucoup de pays où on roule plus vite sur les routes et autoroutes qu’en Suisse et que l’Allemagne a encore des tronçons sans limitation de vitesse ?
Les excès de vitesses sont punis distinctement s’ils se produisent en ville, sur une route cantonale (nationale) ou sur l’autoroute et en fonction de l’importance de l’excès. Cela suit une certaine logique.
Les appareils de mesures (radars) sont programmés différemment, sorte de tolérance de l’excès, suivant les endroits où ils sont installés. Un radar dans une zone de chantier sur l’autoroute sera moins ‘’conciliant’’ que son petit frère quelques dizaines de kilomètres plus loin. Et ce même petit frère adaptera sa ‘’sensibilité’’ en fonction des heures de fortes affluences, ou sera tout simplement ‘’hors service’’.
La Suisse n’a pas introduit de ‘’Permis à point’’, mais serre sérieusement la vis aux jeunes conducteurs  par une sorte de délai de mise à l’épreuve et une consommation d’alcool rigoureusement interdite (si tu conduis) alors que les Sheriff made in USA nous menottent au moindre excès de vitesse. Et les différences de traitement ne s’arrêtent pas là.

Le droit de manifester est accordé dans beaucoup de pays ; la manière de gérer une manif’ (vu du côté des forces de Polices) varie, un peu, d’un pays à l’autre : En Suisse cela finit en pique-nique, bières et grillades ; autour de nous ça vire baston, pavés et lacrymos, tandis qu’en Angleterre la Police peut recourir aux armes à feu. Et on ne parle des échanges de gentillesses au-delà du territoire de l’U.E…
Vous sabotez du matériel de bûcheron en Suisse, pour préserver je ne sais quelle espèces de sapin sauvage des alpes bernoises, et vous pourriez vous retrouver avec un procès aux fesses pour ‘’violation de propriété’’ et ‘’dommage à la propriété’’. Aux States, vous seriez jugé comme ‘’terroriste’’.
D’un côté de l’Atlantique vous êtes présumé coupable en entrant dans un Tribunal, de l’autre c’est votre culpabilité qui est à démontrer ; la Confédération n’est pas ‘’chaude’’ pour mettre ses mineurs en tôle, aux States ils sont jugés comme des adultes, encourent les mêmes peines que les adultes et des gamins de 12 ans, qui n’ont rien compris aux droits qu’un substitut leur a lu, se retrouvent enfermés avec de dangereux criminels…
La perpétuité avait une durée différente suivant la cour pénale qui l’infligeait ; la peine de mort est toujours d’actualité dans certains états US et dans des pays ‘’orientaux’’ ; des criminels se retrouvent condamnés à des siècles d’emprisonnement, ce qui équivaut à une peine ‘’capitale’’ sans salir les mains du juge qui la prononce.

Nos chers gouvernements européens, Suisse inclue, sont pour l’expression de la démocratie et l’autodétermination des peuples. Un peu le discours du premier ministre Ukrainien qui a remplacé son ‘’dictateur’’ de prédécesseur, mais ne veut pas lâcher la Crimée dont le peuple votera tout bientôt ‘’pour’’ ou ‘’contre’’ son rattachement à la Russie voisine. Un référendum que l’U.E démocratique s’empresse de rejeter, dans une région qui pose de sérieux problèmes aux gouvernement européens, alliés des States, qui ont donné l’indépendance au Kosovo avec mention ‘’très bien’’. Des gouvernements représentants de la démocratie libre, sur laquelle Arsenic Ianoutruc veut greffer la nouvelle Ukraine après avoir décrété, le 23 février dernier, que le Russe ne serait plus une langue officielle. La première décision du gouvernement libre de l’Ukraine aura été de restreindre la liberté d’expression d’une moitié de son pays. S’il voulait foutre la merde, il y est parvenu.
Les pays de l’Europe libre qui ont dans leur Constitution des paroles du style « Nation unie et indivisible » explosent à coup de bombe des régimes politiques exotiques pour la liberté des peuples, mais sont contre toutes pensées sécessionnistes à l’intérieur de leur propre territoire (Catalogne, Ecosse).
La règle d’Or des gouvernements actuels serait un peu du : « Faites ce que je dis, pas comme je le fais ».

Et il n’y a pas besoin d’aller se perdre dans le trou du cul du monde pour s’en rendre compte : Suffit de suivre sur quelques mètres un agent de police en tenue de cycliste, grand défendeur de la sécurité routière, qui grille le premier feu rouge venu sur son vélo. Sans parler des conseillers communaux, champion de l’infraction routière dès qu’ils pédalent.
A l’exception de notre façon de respirer, tout est réglementé de manière quasi biblique. Du coup, si toutes ces lois ont été pensées et rédigées arbitrairement par un gouvernement d’une certaine majorité, on peut se demander ce qu’il en est de leur application ?
Pour notre sécurité, nous devons attacher notre ceinture dans la voiture. Même pour faire cinquante mètres. Même pour faire cinquante autres mètres, nous devons allumer les phares de la voiture.
Quand une patrouille de la police communale s’installe aux abords d’un giratoire pour contrôler que vos phares sont biens enclenchés, vous pouvez leur passer sous le nez, à plusieurs reprises, sans la ceinture, personne ne vous arrêtera. Alors que quelques mois plus tôt, un agent avait bondi sur mon capot pour me verbaliser parce que je n’étais pas « attaché à la vie ». Ce jour-là ce brave homme avait failli me faire pisser de rire quand il m’a dit, le plus sérieusement du monde : « Maintenant, c’est tolérance zéro ! »
Mais c’est quoi la « Tolérance zéro » ?
Le truc qui s’applique, grâce à la nouvelle ‘’Via Sicura’’, les samedis et dimanches matins à partir 0300 ? Cette variabilité dans la répression selon que vous soyez blanc, black, brune ou blonde ?
En vérité, la « Tolérance zéro » s’applique sur ordre de mission et le reste du temps la majorité de nos keufs restent les bras ballants devant les infractions. Sauf pour le portable au volant !
« Une occupation accessoire en conduisant » qui empêche de « vouer toute son attention à la route et à la circulation. » Par contre feuilleter son agenda, boire son café, manger son sandwich, s’amuser avec l’autoradio, fumer clopes sur clopes, mater les meufs sur les trottoirs ou laisser sa passagère jouer du pipeau ne semble pas poser trop de problèmes à la sécurité routière.

Le plus vieil agent de police boéland (habitant de La Tour-de-Peilz) encore en service, qui surveillait les bandes jaunes disposées parallèlement sur la chaussée à la sortie des écoles, a laissé repartir une dame âgée qui avait failli renverser des enfants sur le passage pour piétons. Sous les yeux de l’agent en question ! Par contre il a emmerdé jusqu’au bout une gentille famille qui avait posé son grill de ‘’voyage’’ sur l’herbe, dans un parc public, un dimanche après-midi.
Les lois sont majoritairement arbitraires ; celles et ceux qui veillent à leurs applications le font de manière arbitraire. Quand est-il de la Justice alors ?

La Justice, elle fait ce qu’elle peut par le biais de ces hommes et ces femmes qui nous font face dans les salles d’audiences. Si ces juges savent parfois jouer les médiateurs, accorder des « seconde chance » aux jeunes prévenus, se montrer impartial dans leurs jugements, la Justice demeure prisonnière des lois qui la cadre. La Justice est devenue l’extension des volontés démocratiques et arbitraires, ce qui la rend souvent in-juste.
La Justice humainement redimensionnée doit suivre et respecter scrupuleusement sa procédure pour espérer prononcer son jugement. La moindre erreur pouvant permettre de remettre en liberté un prévenu dont la culpabilité n’est plus à démontrer ; elle peut faire des erreurs lorsque, faute de preuve, elle doit choisir entre « Mettre un innocent en prison ou relâcher un coupable ». Dès lors, l’intime conviction d’un homme, incapables de lire dans le cœur des hommes, peut-elle suffire pour trancher ?
Question assez paradoxale quand on sait que des experts en psychiatrie, qui prétendent ‘’lire’’ dans l’esprit des hommes, peuvent soustraire des criminels à la Justice.
L’Homme ne répond plus de ses actes devant une Justice qui a inscrit sa Loi dans la pierre, même si elle inspire toujours des milliards de croyants. Les hommes demandent des lois qui les déresponsabiliseraient de leurs actions ; des sociétés imposent leurs lois qui leurs promettent l’absolution pour tous leurs crimes à venir.
La Justice de l’Homme, par l’homme et pour l’homme est devenue une justice de l’Etat, par l’état pour l’homme. Demain elle sera une justice écrite par les sociétés multinationales, appliquée par l’Etat contre l’Homme.

Nemo.

mercredi 26 février 2014

"L'Option Samson"

Il aura fallu moins de vingt ans, après la proclamation de son indépendance, pour que le jeune Etat israélien devienne une puissance militaire nucléaire et impose sa volonté au reste du monde.
Un dictat qui sera entériné en 1969, par le président américain Richard Nixon, reconnaissant à l’Etat d’Israël le droit à devenir une puissance nucléaire.
Se sont les Français qui ont, en grande partie, contribué à la construction du premier réacteur nucléaire israélien à Beersheba : Dimona, une centrale capable de produire la matière nécessaire à la création d’un arsenal tout aussi nucléaire. Dès lors commence une succession de mensonges et de manipulations, de la part du gouvernement israélien, envers les gouvernements ‘’alliés’’ qui ont vaincu la menace du nazisme et soutenu la création de l’Etat Hébreu. Des alliés qui ‘’laisseront faire’’.

JFK sera quasiment le seul, à l’exception de l’URSS, à s’opposer ouvertement au programme nucléaire israélien. JFK, qui avait dans l’idée de faire signer un traité de non-prolifération nucléaire, obtint, non sans peine, un inspection de l’installation de Dimona visant à rassurer le monde sur l’utilisation de la production de ladite centrale à des fins ‘’civiles’’. Jérusalem transforma cette inspection en une vaste mascarade. Le premier ministre israélien finit par demander à JFK, qui n’était pas dupe, des armes conventionnelles en échange de l’arrêt du programme nucléaire.
L’armée israélienne reçut des missiles de défenses anti-aériens, qu’elle s’empressa d’installer autour de la centrale atomique.
En 1963, alors que le peuple américain n’avait pas fini de pleurer son président, prétendument abattu par le meilleur sniper amateur de l’Univers, Lyndon Johnson s’empressa de re-fermer les yeux sur les activités de Dimona. Israël pouvait poursuivre sa quête de revanche en toute quiétude, ou presque.
Parce que ni l’URSS, ni le monde Arabe ne l’entendait de cette oreille.

Selon diverses personnalités s’exprimant dans le film « Israël et le tabou de la bombe », l’Humanité serait passée, pendant la guerre de six jours de 1967, à trois minutes de l’hiver nucléaire.
Alors que tous les bâtiments de la Navy reçurent l’ordre de s’éloigner à 120 miles de la zone de conflit, le Liberty pu continuer sa route à 60 miles des côtes. Le navire espion fut survolé plusieurs fois par l’armée israélienne et identifié grâce au drapeau US que ses membres d’équipage laissaient flotter au vent au passage des avions.
Quelques heures plus tard, le bateau fut détruit avec acharnement par des avions non identifiables et des vedettes rapides. Le navire ne coula pas ; les canots de sauvetages furent torpillés et les avions de l’US Air Force, ayant décollé suite à l’appel de détresse du Liberty, reçurent l’ordre express, de faire demi-tour.
Par contre des avions américains, armés de bombes « A » décollèrent d’un porte-avion en direction de l’Egypte.
Washington, qui après avoir sacrifié le Liberty et une partie de son équipage, semblait décidé à aider Israël à respecter l’engagement du premier ministre de l’Etat Hébreu qui avait assuré « qu’Israël n’introduirait pas l’arme nucléaire au Moyen-Orient ». Pourtant la bombe, qui portait la promesse que plus jamais on s’en prendrait aux juifs impunément, fut prête juste avant le début du conflit et son utilisation envisagée sous le nom de code « l’Option Samson ».
A trois minutes de leurs objectifs, alors que les deux blocs ennemis étaient sur le pied de guerre, les chasseurs-bombardiers américains firent demi-tour.

La communauté Juive a longtemps reproché aux ‘’alliés’’ du second conflit mondial leur lenteur dans leurs actions contre les camps de concentration. Sauf erreur, le premier camp libéré par ces mêmes forces militaires le fut en 1944. Le bombardement sur la région d’Auschwitz, quelques temps auparavant, visait essentiellement les fabriques et les usines du troisième Reich.
Alors quand les gouvernements du monde ‘’libre’’ furent confrontés aux témoignages et aux preuves des horreurs commises par le régime Nazi, les représentant du peuple juifs surent parfaitement induire le sentiment de culpabilité dans l’esprit de leurs homologues européens et américains : Comment avons-nous pu laisser se commettre de telles atrocités sans réagir?
On peut imaginer que le racisme, et toutes sortes de ségrégations, devinrent le comportement humain à combattre absolument, et que le peuple Juif serait le témoin vivant des horreurs que peuvent commettre des hommes ou des gouvernements envers des minorités, des ethnies, des ‘’races’’ ‘’différentes’’.

En 1979, le gouvernement israélien était à la recherche d’un nouveau site pour ses essais nucléaires. Son choix se tourna vers un pays qui possédait déjà une bombe « A »… et des mines d’uraniums : L’Afrique du Sud. Une Afrique du Sud qui voulait une bombe à hydrogène ; une Afrique du Sud qui échangea ses ressources contre l’expertise technique des savants israéliens. L’Afrique du Sud signera un traité secret avec l’Etat Hébreu qui fermera les yeux sur l’Apartheid !

En 1991, la guerre du Golf éclate. Saddam envoie ses Scuds sur Israël et un ministre allemand se retrouve coincé dans un bunker avec ses homologues du coin. Ceux-ci ne manqueront pas l’occasion d’accuser l’Europe d’avoir soutenu politiquement, économiquement et surtout militairement le régime de Baghdad.
50 ans plus tard, l’Europe était toujours responsable des malheurs du peuple Juif et pour se faire ‘’pardonner’’, l’Allemagne livra trois sous-marin, au prix d’un seul, à l’armée de Tsahal. Des sous-marins capables d’embarquer des missiles balistiques munis de charges nucléaires…
Un jour victime et tyran le jour suivant Tel-Aviv poursuit son ambition de domination mondiale et dispose aujourd’hui d’armes atomiques capables de frapper n’importe quel endroit de la planète, mais n’en fera pas usage, comme l’a concédé Mr Avi Primor, ambassadeur d’Israël en Allemagne de 1993 à 1999, qui ajoute que : « l’objectif est d’entretenir la crainte par une certaine ambiguïté. C’est le propre de la dissuasion ».

Aujourd’hui le monde semble avoir compris que Jérusalem est promise à la gouvernance de la planète. Pour nous rappeler les erreurs de nos arrières grands-parents il y a trois mots qui reviennent souvent, qui se prononcent chaque année lors des cérémonies de commémoration autour de la seconde guerre mondiale : « Plus jamais ça ! »
Ces trois mots sont à la fois une douloureuse piqûre de rappel sur les atrocités que les hommes peuvent commettre, et une menace invisible qui pèse sur nos têtes.
Quelques jours avant le début de la guerre de six jours, un militaire israélien entre dans un hangar secret et appose sur le corps de la première bombe atomique du peuple Juif ces quelques mots : « Plus jamais ça ».
Depuis, Samson dort tranquillement à l’abri des regards indiscrets, attendant l’heure de son réveil, l’heure de la revanche.

Nemo.

mardi 25 février 2014

Au coeur du renseignement américain (suite).

Un article de Nicky Hager, écrivain et chercheur néo-zélandais.
[James Bamford : journaliste américain / Ukusa : alliance entre les services américains, britanniques, canadiens, australiens et néo-zélandais.]

En Nouvelle-Zélande, comme dans d’autres pays, la guerre du Vietnam retourna l’opinion publique contre la politique étrangère de Washington. Dans la région, elle ajouta au désenchantement général provoqué par le soutien américain aux régimes Suharto en Indonésie et Marcos aux Philippines, et leur soutien occulte de l’invasion indonésienne du Timor-Oriental en 1975. Le recours à la guerre et un respect à géométrie variable des droits des autres pays heurtèrent ceux qui portaient sur le monde le regard d’un « petit pays ». Mais, si l’opinion publique néo-zélandaise souhaitait une politique étrangère plus indépendante, ses services de renseignement continuèrent de servir d’avant-poste au système américain. Ainsi, alors que la majorité des Néo-Zélandais soutenaient l’indépendance du Timor-Oriental, les services de renseignement de leur pays participèrent avec l’Australie à la surveillance de la population de l’île, pour le compte des gouvernements américain et britannique – à une époque où ceux-ci collaboraient avec les services secrets indonésiens.

L’inégalité des rapports au sein de l’alliance Ukusa n’est plus à démontrer. Les services secrets néo-zélandais fournissent les renseignements que la NSA leur demande, sans trop insister sur ce qu’ils veulent en échange – et même si cela va à l’encontre de l’intérêt national ou de la politique de leur propre pays. Par ailleurs, ils considèrent que le fait d’espionner leurs amis, voisins et partenaires commerciaux équivaut à payer un bien petit prix pour préserver une relation privilégiée – une déférence qui traduit un profond sentiment d’insécurité. Sans doute les services secrets britanniques voient-ils les choses de la même manière.

Au cours d’une enquête sur le réseau Echelon, j’ai interrogé des membres des services de renseignement néo-zélandais qui traitent les milliers de rapports arrivant chaque semaine de la NSA. Les cibles indiquées reflètent les priorités et les préoccupations du gouvernement américain. Durant les années 1980, les téléscripteurs déversèrent ainsi une avalanche de communications interceptées en Afghanistan, collectées afin d’aider les « combattants de la liberté » - dont Ben Laden – dans leur lutte contre les soviétiques.

Certains de ces officiers collectaient des renseignements dans la zone Pacifique en fonction des requêtes de la NSA. Non, ils ne traquaient pas des terroristes. Ils ciblaient en revanche tous les aspects de la vie politique, économique et militaire de la région – cabinets ministériels, police, armée, partis d’opposition et organisations non gouvernementales -, dans chaque pays, de façon méthodique et permanente. Toutes les organisations régionales, toutes les conférences commerciales et toutes les agences des Nations unies de la zone sont également placées sous étroite surveillance.

L’un de ces analystes mentionna le cas d’une opération de surveillance contre l’Etat insulaire de Kiribati (un archipel du Pacifique sud). La pêche constitue la principale ressource de cette nation à l’économie fragile. Après avoir subi de longues années durant le braconnage des bateaux américains de pêche au thon, le gouvernement de Kiribati avait trouvé une entreprise soviétique disposée à verser des droits pour avoir accès aux pêcheries. Bien que la guerre froide approchât alors du dégel, l’alarme anticommuniste retentit au sein des agences de renseignement. Les officiels néo-zélandais surveillèrent chaque communication reçue par ou émanant de Kiribati, qu’ils transmirent ensuite aux Etats-Unis, lesquels s’en servirent dans le cadre d’une campagne diplomatique qui fit avorter le projet. L’événement ne changea pas le cours de l’histoire mondiale, mais eut un impact très néfaste sur le micro-Etat.

Ces officiers néo-zélandais font état d’un autre déluge de communications lors des négociations de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), à propos duquel responsables américains et européens se livrèrent bataille au cours des années 1980 et 1990. Bamford, de son côté, indique qu’une équipe de la NSA fut dépêchée à Genève en 1995 afin d’espionner les cadres japonais de Toyota et de Nissan lors des négociations nippo-américaines sur les droits de douane appliqués à l’automobile. Ancien agent du renseignement, Mme Jane Shorten a en outre révélé la mise sur écoute des délégués mexicains lors des négociations de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) en 1992.

L’espionnage d’après-guerre aurait pu être mis au service des espoirs nourris par les fondateurs des Nations unies : garantir l’égalité des droits des nations, et épargner au monde le fléau de la guerre. L’histoire montre surtout le contraire. Ces opérations servent à accentuer les inégalités de pouvoir. La NSA et ses alliés se complaisent dans leur image de héros combattant les despotes et les terroristes. Parfois, cette image est juste. La plupart de leurs cibles, toutefois, ne représentent aucune menace. Certaines opérations de renseignement sont de fait destinées à soutenir des despotes, d’autres créent un climat propice au développement du terrorisme. Les gouvernements ayant misé massivement sur l’espionnage des signaux en retirent un sentiment de sécurité trompeur. Il est peu probable que le problème puisse être résolu en injectant des ressources supplémentaires à la NSA.

N.

lundi 24 février 2014

Au coeur du renseignement américain.

Première partie de l' article éponyme de Nicky Hager, écrivain et chercheur néo-zélandais.

Réunis à l’Opéra de San Francisco en avril 1945, les délégués de plus de cinquante pays s’engageaient à épargner aux générations futures le fléau de la guerre. Les Nations Unies allaient reposer sur le principe de « l’égalité des droits des nations, grandes et petites (…), cohabitant dans la paix et le bon voisinage ». Le président américain Franklin D. Roosevelt avait insisté pour que les Etats-Unis accueillent la conférence. Générosité ?
Il s’agissait aussi de permettre à ses agents d’espionner les délégués et de surveiller les messages qu’ils échangeaient avec leurs capitales. Recueillis par les compagnies télégraphiques, leurs télégrammes, cryptés, furent décodés par des officiers opérant 24h/24, puis transmis aux négociateurs américains. Ce fut un succès total.

Elaborées contre les puissances de l’Axe, puis contre l’Union soviétique, les capacités américaines de renseignement électronique allaient être regroupées au sein de la National Security Agency (NSA). De cette agence, on ignora tout jusqu’à la publication, en 1982, de The Puzzle Palace, dans lequel le journaliste américain James Bamford décrivait son fonctionnement. Dans son ouvrage rédigé presque vingt ans plus tard, Body of Secrets, il dévoile de nouveaux pans de cette histoire secrète. La NSA, révèle-t-il, dispose d’un budget annuel de plus de 7 milliards de dollars, sans compter les sommes affectées aux satellites espions (1). Elle emploie alors plus de soixante mille personnes – davantage que la CIA et le FBI réunis.

Les affaires du monde se faisant de plus en plus par la voie des communications électroniques, la surveillance de ces échanges est primordiale. La NSA est chargée de ce « renseignement de signaux », en étroite collaboration avec ses homologues – et subordonnées – britannique, canadienne, australienne et néo-zélandaise, qui forment l’alliance « Ukusa ». (…) Bien que sophistiqués et puissants, les systèmes de surveillance de la NSA ont montré leurs limites le 11 septembre 2001. Tout comme le système de défense antimissile n’aurait rien pu contre des attaques menées à l’aide d’avions de ligne, les systèmes de surveillance avancés se révèlent peu efficaces contre les moyens de communication rudimentaires (« boîte à lettres » anonymes, intermédiaires sûrs, etc.) utilisés par une cellule bien organisée. « La NSA [écoutait] régulièrement les appels non cryptés passés par le terroriste présumé Oussama Ben Laden [via le réseau satellitaire Inmarsat], souligne Bamford. Pour impressionner ses visiteurs, elle leur passe parfois les échanges entre Ben Laden et sa mère (…) Celui-ci [savait] que les Etats-Unis [écoutaient] ses communications internationales, mais il [semblait] n’en avoir cure. »

Retraçant l’histoire de cette surveillance électronique planétaire, Bamford convainc que sa mise en place n’avait pas pour vocation première de protéger les Etats-Unis contre des menaces extérieures, mais, le plus souvent, de réunir des informations servant à promouvoir la guerre en tant qu’instrument politique et à saper les « droits fondamentaux » des autres pays.

Dans l’immédiat après-guerre, au siège de l’ONU – truffé d’écoutes -, on débattait de la partition de la Palestine – une mesure qui a transformé la région en l’un des principaux foyers d’instabilité et de violence politique du monde. Les Etats-Unis exercèrent une pression extrême pour que soit votée la partition, et pesèrent notamment de tout leur poids sur trois petits pays – le Libéria, Haïti et les Philippines – qu’ls forcèrent à changer de position à la veille de la décision finale. James Forrestal, alors secrétaire américain à la défense, écrit à l’époque, dans son journal personnel, que « les moyens de coercition exercés sur ces pays confinaient au scandale ».

Pendant la seconde guerre mondiale, les agents américains et britanniques avaient engagé une course de vitesse avec leurs homologues soviétiques pour déchiffrer les codes de l’armée allemande. Les Etats-Unis devancèrent largement l’URSS, mais l’avantage fut de courte durée. Dans le courant des années 1950, des avions espions survolèrent l’Union soviétique, à l’instar de ceux qui survolèrent, en avril 2001, l’île de Hainan, en Chine ; dès la fin des années 1980, la NSA avait encerclé l’URSS de stations d’écoute, d’avions, de navires et de sous-marins.

Après l’échec de l’invasion anticastriste de la baie des Cochons, en avril 1961, les chefs de l’état-major américain concoctèrent un projet étrange. Leur stratégie, mise à jour par Bamford, consistait à lancer une « campagne de terreur » à l’encontre des citoyens américains et à l’imputer à Cuba afin de justifier une invasion généralisée de l’île. Un rapport secret avançait que « la publication de la liste des victimes dans les journaux américains provoquerait dans le pays une vague d’indignation instrumentalisable ». Baptisé « Northwood Operation », ce plan prévoyait des détournements d’avions et des attentats à la bombe à Miami et à Washington. Les documents préparatoires précisaient qu’il fallait « donner au monde l’image d’un gouvernement cubain représentant (…) une menace grave et imprévisible pour la paix dans l’hémisphère occidental ».

L’administration Kennedy n’approuva pas l’opération Northwood, mais, deux ans plus tard, un « incident » similaire dans le golfe du Tonkin déclenchait la guerre du Vietnam. Des agents de renseignement britanniques, australiens et néo-zélandais se rallièrent à une vaste opération des services secrets américains au Vietnam, les aidant notamment à localiser des cibles afin que soient remplis les quotas quotidiens des missions de bombardement des B-52.

L’histoire de l’agence fait apparaître une grande variabilité dans l’attitude des Etats-Unis. Un exemple éloquent en est l’attaque par Israël du navire espion Liberty de la NSA lors de la guerre de six jours. Le 8 juin 1967, après avoir surveillé étroitement, six heures durant, le Liberty qui patrouillait au large, l’armée israélienne lança des attaques par voie aérienne et par torpilleur jusqu’à ce que la plupart des membres de l’équipage soient morts (34 hommes) ou blessés (171) et que le navire soit quasiment détruit. Les canots de sauvetage furent coulés sitôt mis à la mer. Israël prétendit après coup qu’il s’agissait d’une erreur. Alors que la NSA disposait des preuves du contraire, le gouvernement américain accepta cette explication et n’ouvrit jamais d’enquête.

De façon convaincante, Bamford démontre que les militaires israéliens savaient pertinemment qu’ils attaquaient un navire espion américain. Il suggère que le but de l’attaque était d’empêcher la collecte d’informations sur les atrocités militaires commises à vingt kilomètres de là seulement, dans la ville égyptienne d’El-Arish, où des soldats israéliens étaient entrain de fusiller des centaines de civils et de prisonniers ligotés. Le Pentagone décréta un  black-out médiatique, et les membres de l’équipage furent menacés de prison s’ils parlaient de l’attaque. Le président américain Lyndon Johnson aurait déclaré que « peu [lui] importait que le navire coule, il ne mettrait pas ses alliés dans l’embarras ».

N.

(1) En 2013, ce budget maintenu secret, est estimé à 8 milliards de dollars par le magazine Foreign Policy (6 juin) et à 10,8 milliards de dollars par le Washington Post (30 août).

dimanche 23 février 2014

L'ennui, ce doux ami.

Très tôt dans l’existence du petit homme, il lui sera appris à réagir et à obéir aux différentes alertes sonores propres aux lieux qu’il fréquente(ra). Lorsque retentit la sonnerie de l’école, les petits écoliers doivent se réunir à un endroit déterminé à l’avance, se mettre en colonne par deux et prendre la main du voisin ou de la voisine. Le jeu consistant, pour quelques temps encore, à être le premier sur la bonne case jaune avant la sonnerie.
C’est le début de l’accaparement de l’esprit libre de ces petites créatures humaines par l’entité étatique qui impose ses dogmes, qui conditionne les modalités qui permettront, plus tard, de jouir d’une certaine liberté.
Je ne dis pas que la ‘’curiosité’’ qui amène la ‘’découverte’’ est une chose mauvaise ; je ne pense pas que tout l’apprentissage qui se fait en milieu scolaire soit une mauvaise chose, sauf que l’école ne crée pas de Mac Gyver. Elle formate des individus qui seront dans l’attente d’un stimulus extérieur qui leur permettra d’étaler ce qui a été bourré dans leur cerveau. L’énergie cérébrale et spirituelle se retrouve focalisée sur l’attente et la recherche du signal salvateur. Idem pour les quelques uns qui seront capables de se sortir de n’importe quelle situation à l’aide d’un élastique et d’une épingle à nourrice. A la différence que, pour les ‘’Mc Gyver’’, ils auront en quelque sorte gardé cet esprit créatif enfantin qui animait leurs jeux dans les préaux, avec de précieuses connaissances en plus.

Nous utilisons, paraît-il, entre 15 et 20 % des capacités de notre cerveau. A quoi sert le solde inutilisé ? Nous n’en savons rien, je n’en sais rien. Mais avec cette petite vingtaine de pourcent, nous faisons des choses prodigieuses : Nous nous situons dans l’espace et nous y situons tous les objets qui nous entourent et qui font notre quotidien ; Nous pouvons, marcher, courir, sauter, faire le poirier, être sur un pied les yeux fermés, etc, etc sans perdre notre équilibre ; nous pouvons intercepter des objets en plein vol et atteindre des cibles en mouvements avec des projectiles lancés par nos mains ; nous pouvons calculer, écrire, parler, peindre et surtout créer. Nous pouvons apprendre, mémoriser et enseigner. Les seules limites que connaît l’énergie cérébrale sont celles du corps, sont celles que les sciences ont découvertes avant de nous les imposer.
Il y a les limites physiques de notre corps, résistance, endurance, vitesse, apnée et les barrières externes à notre corps.
Sur ces routes qui guident notre existence nous nous enrichissons d’expériences aussi diverses que variées qui abreuvent notre cerveau en émotions et en sentiments. Peur, joie, tristesse, amour, déception, courage sont autant de petites drogues douces qui addictent notre corps, les émotions ‘’négatives’’ encourageant la recherche des ‘’positives’’. Le contraire aussi, malheureusement.
Mais que vient faire l’ennui dans tout ça ?

Déjà, quand l’ennui survient-il? Je pense qu’il apparaît quand notre cerveau, notre esprit, n’a plus de réponses à chercher, d’énigmes à résoudre, de dangers ou d’épreuves à surmonter et n’a plus rien à découvrir. L’ennui peut survenir quand le monde qui nous entoure nous semble d’une déprimante banalité et n’éveille plus en nous cette saine curiosité. Et pourtant, c’est quand un esprit s’ennuie qu’il y a le plus à découvrir ; c’est quand un cerveau n’a plus rien à dire que l’esprit s’exprime le mieux.
Nous passons la majeure partie de notre existence à chercher, notre cerveau devient une sorte de radar à curiosité qui sélectionne des informations en fonctions de critères spécifiques préalablement implantés.
L’ennui demande à notre cerveau d’élargir le champ de ces critères à mesure qu’il ne trouve rien pour se satisfaire. Puis, faute d’activité, Descartes s’endort. Faut juste pas trop le réveiller.

L’ennui, c’est la porte grande ouverte sur votre cerveau pour de nouvelles sensations ; l’ennui, si vous lui souhaitez la bienvenue, c’est à la fois une possibilité d’étendre les barrières externes et d’aller explorer la profondeur  de ce centre que vous représentez dans votre propre existence ; l’ennui vous permet d’enfin entendre qu’il y a des moineaux qui se cachent dans l’arbre sous votre fenêtre, de percevoir les pulsions de votre cœur ou de savoir, dès la naissance de son intention, que la personne qui est assise à côté de vous va se lever.
Et ce n’est qu’un début. Le reste c’est à vous de le découvrir, avec vos mots, votre impression, votre ressenti et avec modération...

Nemo.

vendredi 21 février 2014

L'Homme numérisé.

Nous sommes soumis à une surveillance constante. Nous le savons et nous les laissons faire sous prétexte que nous n’avons rien à cacher.
Mais tous ces systèmes informatiques qui décryptent nos pensées, ‘’lisent’’ nos courriers ou décodent et classifient nos achats compulsifs n’est que le début, l’adolescence du monstre informatique qui contrôlera nos vies.
Des programmes, aux algorithmes plus sophistiqués les uns que les autres, ne regardent plus nos existences au travers d’un objectif froid de caméra de surveillance ou déduisent une tendance féministe parce que vous tapez Olympe de Gouges dans un moteur de recherche; ces nouveaux programmes vont nous analyser, nous, en tant que vivant, en tant que paquet de données biométriques numérisables.

Les fournisseurs et producteurs d’antan se servaient de la cartothèque de leurs représentants et de leurs infos persos sur les revendeurs, les petits détaillants, collectées lors des passages de ces commerciaux itinérants chez leurs clients. Le distributeur principal n’accédait pas, ne savait pas grand-chose sur le consommateur final.
Aujourd’hui représentants et revendeurs sont d’archaïques intermédiaires entre les gros distributeurs et les consommateurs ; le représentant ne séduit plus le détaillant pour qu’il accepte la pose de présentoirs promotionnels qui devront allécher les consommateurs, c’est Fb, Google & Co qui s’en chargent ; des entités virtuelles qui s’occupent de gérer vos données persos, de les revendre et de tirer le meilleur bénéfice possible de cette mine d’or que nous leur servons gratuitement.

L’argent physique est voué à disparaître, le notre en tous cas. Les appareils de paiement sans contact ont le vent en poupe ; la possibilité de payer avec les smartphones aussi.
Avant, la Poste ou la banque n’étaient que des intermédiaires entre Nous et notre gérance, Nous et notre opérateur téléphonique, Nous et notre assureur etc. Avec le crédit perso, la banque s’est immiscée dans notre relation avec le commerçant ; avec les cartes bancaires, un intermédiaire de plus entre dans la danse (un intermédiaire souvent étroitement lié aux banquiers).
Avec la possibilité de payer à l’aide de ces appareils électroniques qui déforment nos poches, ce sont les opérateurs en téléphonie qui deviennent aussi nos intermédiaires ‘’banquiers’’.
L’étape suivante dans la prise de contrôle de nos envies sera le portefeuille Google (Google Wallet). Une application qui « poussera le marketing personnalisé à un niveau jamais atteint. Vous la téléchargez sur vorte téléphone et y inscrivez vos informations personnelles et vos numéros de carte de crédit ou de compte bancaire. Lors d’un achat, le marchand n’aura qu’à capter le signal de votre téléphone et, une fois votre approbation donnée, la transaction sera conclue. Le commerçant n’a même pas accès à vos données financières : seul Google les détient. C’est lui qui débitera votre compte afin de payer le marchand. (1) »
Un intermédiaire, une entité (Google) qui s’est chargé de vous montrer la pub de l’objet que vous avez acheté.
Mais on peut encore aller plus lion dans le suivi électronique de nos achats et les déplacements qui leurs sont liés ; on peut aller plus loin dans l’analyse de nos conversations et de nos comportements.

Quand nous nous faisons prendre en défaut dans un événement banal, ou que nous passons en jugement devant un tribunal pour quelque chose d’un peu plus grave, nous essayons toujours de nous justifier en nous trouvant tout pleins d’excuses qui ne sont valables que pour nous. Nous faisons le rétrospectif des événements qui ont précédé l’accident.
Le rêve de nos dirigeants serait de pouvoir prévoir le moindre accident, le moindre événement, le moindre déplacement des populations.
Nous ne savons pas ‘’pourquoi’’ des M….. nous tombent dessus et nous sommes incapables, en tant qu’humain, de faire la moindre remise en question, la moindre autocritique.
L’informatique est également incapable de prévoir les M…., mais elle peut, grâce à son interminable collecte de données de masse sur les humains, repérer les événements, les altérations qui conduisent vers un accident ou bêtement entraînent une maladie.
En installant une série de capteurs sur ses véhicules, UPS est parvenue à anticiper les pannes de ses camions ; « Au Canada, des chercheurs ont trouvé le moyen de localiser les infections chez les bébés prématurés avant que les symptômes visibles n’apparaissent »(2). La logique ne cherche plus à savoir ‘’pourquoi’’ c’est arrivé, mais se focalise en amont sur la corrélation d’informations qui créeront le fameux ‘’pourquoi’’ si l’humain n’intervient pas.
On est en pleine anticipation du vivant. « En 2007, le département de la sécurité intérieure – créé en 2003 par M. Georges W. Bush – a lancé un projet de recherche destiné à identifier les ‘’terroristes potentiels’’, innocents aujourd’hui mais à coup sûr coupables demain. Baptisé ‘’technologie de dépistage des attributs futurs’’ (Future Attribute Screening Technology, FAST), le programme consiste à analyser tous les éléments relatifs au comportement du sujet, à son langage corporel, à ses particularités physiologiques… »(2).
En 2009 les analystes de Google, dans un article publié dans Nature, ont affirmé qu’il était possible de repérer des foyers de grippe saisonnière à partir des archives du géant de l’internet.
L’Humain n’est plus seulement identifié grâce aux données personnelles et biométriques qu’il consent à donner, il est également identifiable par le biais de ses comportements personnels quotidiens, sa gestuelle.
Bien que tous ces systèmes soient plus que performants, technologiquement à la pointe de ce qui se conçoit, ils sont loin d’être infaillibles. Les 120'000 noms de banals citoyens américains étiquetés ‘’à haut quotient de terrorisme’’ et transmis au FBI par les analystes des fichiers Matrix n’ont rien donné de probant ; l’étude comparée de 24'000 photos de criminels avec les visages des cent mille spectateurs d’un championnat de football américain n’a conduit qu’à la mise en examen de pauvres hères ; les près de 500'000 caméras disséminées dans les rues de Londres après les attentats de 2001 n’ont pas empêché les terroristes de déclencher leurs bombes le 7 juillet 2005. Et les cas de caméras thermiques affolées par la présence de femmes enceintes ne sont pas rares dans les aéroports.
La faille dans l'analyse comportementale des individus pourrait se résumer par le fait que, si ce même système est capable d’isoler un individu douteux se préparant à commettre un acte illégal : Voler le sac d’une grand-mère, braquer le kiosque du coin, se bagarrer pour une simple histoire de cul, toute cette technologie analytique du comportement se révèle incapable de localiser un terroriste qui s’apprête à commettre un acte accepté, reconnu et encensé par ses pairs. Comment détecter le stress dans le comportement d’un terroriste qui s’apprête à commettre une action en parfaite adéquation avec une vision perso de sa religion ?

Pour notre sécurité nous sommes filmés (parfois à l’aide de caméras thermiques), scannés, radiographiés et que sais-je encore. Tout cet appareillage de surveillance est visible, connu. On peut aussi parler des satellites qui gravitent autour de notre biosphère, mais restons sur terre, assis sur notre fauteuil. Sauf que même assis il est possible de déterminer votre identité.
Koshimizu Shigeomi-san est professeur à l’institut avancé de technologie industrielle de Tokyo. Sa spécialité consiste à étudier la manière dont ses contemporains se tiennent assis.
Identifier un individu par la manière qu’il a de poser son cul sur une chaise paraît complètement loufoque à première vue. Mais ça marche à 98 % !
On tous vu les exploits de Ethan Hunt qui s’est introduit dans des endroits hypersécurisés où la moindre goutte de sueur, tombant sur le sol, déclencherait toutes les alarmes de la galaxie hollywoodienne. En 2012, IBM a obtenu un brevet pour la « sécurisation de bureau par une technologie informatique de surface » (2). Ce qui veut dire que les sols étaient truffés de récepteurs réagissant comme un écran de smartphone au contact de nos doigts. Si le truc permet de détecter toutes intrusions, d’allumer la lumière dès que quelqu’un pénètre dans une pièce ou de mettre en marche la cafetière, le système peut aussi permettre de reconnaître les ‘’passants’’ rien qu’à leur démarche.
De la science-fiction réservée aux multinationales pétées de thunes qui ont des choses à dissimuler?
Technologie réservée aux gouvernements?
A quoi peut bien servir un détecteur capable de déceler les battements de votre cœur sur une console de jeu?

Bientôt nous n'aurons plus d'espaces où pousser une gueulante, où nous pourrons exprimer sainement notre mécontentement. Il n'y aura plus d'endroits où nous pourrons poser nos fesses loin d'un objectif scrutateur pour lire Destruction massive dans sa version papier.
Bientôt nous n'aurons plus le plaisir de l'imprévisibilité; il n'y aura plus de hasard et nous n'aurons plus cet espace pour dire Merde à la logique, au socialement acceptable, au politiquement correcte.
Quand cet espace aura disparu, les Hommes (et les femmes) seront devenus des Moutons numérisés.

Nemo.

(1) Pêcher le client dans une baignoire, article d’Ariane Krol et Jacques Nantel, Manière de voir N° 133
(2) Données de masse, tyrannie numérique, article de Kenneth Cukier et Viktor Mayer-Schönberger, Manière de voir N° 133