lundi 17 février 2014

Dure, la Suisse...

Voilà c’est fait. La Suisse serait devenue un pays à tendance xénophobe. Merci Christophe, Oskar, Toni & Co, et merci à toutes celles et tous ceux qui les ont suivi.
On a beau essayer de modérer les propos en soulignant que la Suisse est l’un des pays qui, proportionnellement, accueille le plus  d’étranger dans l’Europe géographique, il n’en demeure pas moins que cela faisait des décennies que des projets de loi demandant la régulation du flux migratoire étaient soumises à la décision populaire. Le 9 février dernier, ça a passé. Well done, You d’ici.
D’autant plus que même si l’UDC est la formation politique la plus importante de Suisse, son initiative n’aurait pas dû passer la barre, au vu de l’opposition générale. Ou alors tous les UDC sont sortis voter, tandis que les autres sont restés pèpères à la maison.
Bref dans trois ans Berne pourra en gros décider de qui vient en Suisse, ou pas. Dans trois ans une série d’employés de bureau, payés à tamponner des demandes de visa, pourront décider, selon des critères spécifiques, qui pourra se faire des ‘’amis’’ en Helvétie.
Mais en attendant, y fait pas bon être Suisse par les temps qui courent.
Du coup tous les supports médiatiques y vont de leur scénarios catastrophes pour notre économie et nos chers élus, ceux qui sont sensés diriger le bateau mais qui n’ont pas vu la tempête arriver, vont devoir trouver de nouvelles positions pour lécher les culs bruxelliens et sauver, ce qui peut encore l’être, dans de nouveaux accords bilatéraux.
Et satisfaire ainsi la belle et solidaire Union Européenne qui a quand même mis des barbelés autour de ‘’son’’ territoire, oppose l’armée aux migrations de masses et accorde des faveurs économiques aux Etats limitrophes en échange d’un contrôle interne stricte des populations indigènes.

Donc l’initiative qui, mathématiquement n’aurait pas pu passer, est acceptée et les médias nous effraient.
J’ai dû rester trop longtemps devant la télévision durant ma tendre jeunesse, ce qui fait que j’ai tendance à voir des manip’ un peu partout…
Le vrai pouvoir économique, qui nous gouverne dans la pénombre, a dû anticiper le coup parce que le vrai danger pour le monde économico-financier, qui gère nos existences, n’est pas tant dans le contingentement de l’immigration (Berne pourrait envisager de diminuer le nombre de permis ‘’ familles en détresse extra-européennes demandeuse d’asile’’ pour tenter de garder les quotas de migrants européens intacts), mais dans une prochaine initiative, soumise à décision populaire, qui réclame un salaire minimum de 4'000 francs pour tous les employés.
Vous imaginez la tronche des CEO et des actionnaires si ces grosses entreprises, ces grosses multinationales qui exploitent sans vergogne les crève-la-faim de l’UE et au delà, devaient payer un salaire de 4'000 francs suisse par tête !? Inenvisageable, vous vous en doutez bien.
Alors maintenant que la Suisse est en porte-à-faux avec ses voisins européens, le milieu patronal n’a plus vraiment besoin d’investir dans une campagne pub pour préserver notre économie. Les médias s’en chargent et offre d’eux-mêmes des espaces dans leurs publications pour que des experts en sodomie syndicale viennent exposer leur vision du monde économique suisse de demain matin.
C’est l’édito d’un journaliste du 24 Heures, le lundi suivant, qui a éveillé ma "curiosité". Il prétendait que l’acceptation de l’initiative de l’UDC allait renvoyer la Suisse 30 ans en arrière. Or, en fouinant dans les archives du Seco (le secrétariat à l’économie national) de 1984, on peut y lire que la croissance de l’économie mondiale avait connu une forte accélération et que la Suisse suivait assez bien le mouvement.
On y découvre également que, comme aujourd’hui, la croissance du PIB national était portée par la demande (consommation) domestique, qu’il y avait 1,1% de chômeurs en Suisse (un chiffre qui baissera de moitié les années suivantes) et que le marché du travail helvétique était en mutation.
L’indice de productivité augmentait de ¾ de point, celui de la production industrielle croissait de +4,5 % et « la tendance conjoncturelle pour 1985 [restait] fondamentalement positive. »
1984 ? Pour moi ça me va.
C’est après que cela se gâte un peu, vers 1990 quand la mutation s’accèlère. Le monde du travail s’est pris l’internet dans la gueule et les délocalisations se sont multipliées. Le taux de chômage est passé de 0,6 à 6 % pour redescendre vers les deux, trois pourcent en quoi ? 4 ou 5 ans.
Alors, s’en faire ou pas? Ca dépend pour qui…

Je pense que ceux qui vont aller demander l’absolution à la grande UE ont déjà dans leur mallette les noms des derniers fraudeurs du fisc européen, les clés de toutes nos institutions fédérales, le plan de démantèlement des acquis sociaux helvétiques et les codes de lancement de notre missile nucléaire.
Je l’ai déjà écrit : si le néolibéralisme est incapable de prévoir une crise, il sait parfaitement bien en gérer les effets. Du coup, il n’y a pas trop de soucis à se faire pour les supers sociétés Suisses, auxquelles l’UDC vient de fournir une parfaite excuse pour licencier plus de personnel et, pourquoi pas, délocaliser à tour de bras.
Pour les autres, je pense à celles et ceux qui connaissent des fins de mois difficiles, ils ont du souci à se faire parce que le marché du travail va encore muter. Vers quoi ? No se. Mais peut-être que la suppression des caissières, remplacée par des scanners portables ; peut-être que la surexploitation de nos smartphones ajoutée à la nouvelle ère de la robotique qui s’annonce et un alignement sur les salaires européens peuvent être des indicateurs de tendances. Des tendances qui vont vers une diminution drastique des coûts du travail.
Le pire serait une intégration forcée à l’UE, vendue pour la survie de notre économie (mdr).

Je cogne beaucoup sur l’UDC pour leur fécale initiative. Mais d’un autre côté, on peut aussi s’en prendre à toute la classe politique qui s’est opposée à cette initiative en argumentant, entre autre, que l’économie suisse avait besoin de main d’œuvre qualifiée. Argument pouvant très bien être repris en faveur de l’initiative. En Suisse on manque de tout : manque de personnel dans l’hôtellerie ; manque de personnel dans le domaine de la santé ; manque de balayeurs, de mecs à mettre derrière le camion poubelle, manque de caissières Migros, Coop & Co, manque de CEO qualifié, etc. L’assistante de la dentiste, qui m’a demandé de me taire quand je voulais encourager mon ti Nono pour son premier plombage, venait du pays de Garou.
Quand le socialiste parle de renforcer la sécurité dans les agglomérations, quand ce même personnage s’exprime en tant que « Président du parti s’cialiste suisse » pour limiter, momentanément, le nombre d’arrivants pour préserver les places de travails suisses, il nous fait du socialisme national et le lit de l’UDC. Si ça se trouve c’est peut-être parce qu’ils aiment nous la mettre bien profonde que les socialos défendent ardemment le lobby gay.

« Plus vous triez, plus vous y gagnez » était-ce écrit à flan de camion poubelle lausannois.
L’ouvrier est traité comme un vulgaire objet que l’on utilise à volonté. Demain l’être humain qui devra bosser pour nourrir sa famille sera traité comme une sous-merde.

La gare de triage se rapproche dangereusement et, grâce au chèque que l’on vient de signer pour les CFF, Ils vont nous en construire une belle.

Nemo (pas content!)

mercredi 12 février 2014

Quand la mer de Galilée disparaîtra

Le vieil homme contemple l’étendue d’eau qui s’étend devant lui ; cette eau providentielle venue du Ciel qui irrigue les cultures et les champs, qui abreuve le bétail et étanche la soif de l’Humanité.
En silence il remercie son Créateur de ce précieux cadeau dont il faut prendre soin et de ne point user en surabondance. Les Hommes l’ont vite compris au fil des sécheresses qui ont jalonné l’existence de leurs ancêtres.
Le vieil homme lève ses yeux et parcourt les rives invisibles de cette mer intérieure, devinant sans les voir ses semblables des autres tribus qui viennent puiser de cette eau. En ce moment même. Il arrête son regard quelques instant vers le Nord-Est, vers ce fleuve qui nourrit ce bassin, s’imaginant également tous les peuples vivant de cette manne céleste.
Un léger soupir, une expiration plus intense que les autres, siffle de ses narines…
Toutes ces peuplades qui aujourd’hui se querellent autour de la mer de Galilée pour un peu d’eau, s’entretueront demain pour  posséder la dernière goutte de celle que d’autres nomment Kinneret.
Le vieil homme le sait.
Parce qu’il le sait, il se doit de transmettre aux générations qui viendront après lui l’avertissement que lui ont appris le Livre et ses ancêtres, il doit les avertir de la menace qui sera liée à la disparition de cette étendue d’eau.
Ecouteront-ils ? Y feront-ils attention ? Y croiront-ils ? Cela le vieil homme l'ignore.

Les années passent, les décennies défilent et les siècles se succèdent telles des perles sur le collier millénaires du temps.
Les religions se confrontent, les dogmes vacillent à mesure que de nouveaux paradigmes s’imposent ; la morale s’émancipe et l’éthique rétrécit au format de l’étiquette. Les familles se divisent ; les frères s’entretuent pour une histoire de succession. L’Homme finit par oublier son origine en redéfinissant sa généalogie. Les Prophéties deviennent des légendes qui se muent en affabulation et meurent dans un délire.

Puis vient le temps d'envisager nouvel ordre mondial.
En 1897 Théodore Helz fait part d'une vision à ses pairs lors du premier congrès du Peuple errant et, en 1922, la SDN décide de créer un Etat juif sur toute la partie ouest du Jourdain. Dès lors se met en route une hideuse machination qui prendra fin 23 ans plus tard.
Ruinés, humiliés, bafoués, blessés, torturés, puis assassinés, les apôtres du futur maître de la Terre ont trouvé refuge sous les étoiles de la liberté. Une bannière qui les protègera tout en assurant la ‘’prospérité’’ de l’Etat d’Israël, qui proclamera son indépendance en 1948. Un demi-siècle après le premier congrès sioniste.
De nouveau conflits naissent pour le partage d’une Terre qui a été offerte à l’Humanité ; des bombes, les mêmes qui défendent la colonisation de territoire jouxtant le nouvel Etat, dissuadent ceux qui tentaient de prélever trop d’eau dans le Jourdain qui remplit ce lac, aujourd’hui nommé Tibériade, dans lequel le nouveau gouvernement puise sans trop de modération.
De son lointain rivage du passé, le vieil observe le lent retrait des eaux qui a débuté dans les années 1960 et prie pour ses descendants. Sa foi ne l’empêchera pas de retenir une larme sur le sort qui attend les enfants du futur.

Le nouvel ordre mondial se prépare et quelques élus parmi les élites ont pu connaître la vérité sur la nouvelle gouvernance mondiale qui s’annonce, la vérité sur l’émergence de celui qui aura pu briser ses chaînes, la vérité sur la nature du futur maître de la planète. Ou une partie de cette vérité : la plus glorieuse.
Pendant les 40 ans qui suivirent la fin du second conflit mondial, les dirigeants successifs des deux blocs antagonistes se sont distraits de nos peurs d’un holocauste nucléaire, d’un nouveau conflit majeur qui aurait eu la potentialité de faire disparaître la quasi-totalité du vivant de la surface de notre globe.
Le risque demeure toujours d’ailleurs, alimenté par quelques velléités bien orchestrées.
Il fallait surtout garder les populations dans la crainte, empêcher les esprits de trop s’émanciper, de trop rechercher une dérangeante Vérité ; il était nécessaire d’organiser leur cantonnement et leur rationnement.
Le Tsar Rouge est tombé, vaincu de l’intérieur par les tentations des richesses de son ennemi : Les USA.
Cette Amérique de libertés, qui a voué allégeance au Veau d’Or, a pu imposer son culte et offrir un paradis de luxure aux élites qui ont choisi de la suivre. Mais le vrai pouvoir des USA est aux mains d’entités financières dirigées par des hommes venant de plus loin que le Vieux Continent.

A l’aube du nouveau millénaire, les craintes de l’apocalypse refont surface, certains croient en l’avènement de l’antéchrist, d’autres en rient, le système informatique ‘’bug’’, les données du vivant commencent à être compilées.
Demeurait encore à faire taire, à neutraliser l’adversaire qui Sait, l’adversaire qui connaît les desseins du peuple ingrat, l’ennemi qui sait pourquoi le futur Roi est tant attendu.

Le retour d’un Roi se prépare, fusse-t-il un Roi d’Ombre.
La soumission des peuples de la planète se doit d’être totale, comme son contrôle.
Entre temps, le lac de Tibériade a perdu les 4/5 de son volume, paraît-il. Le temps est donc venu d’annoncer le nouvel Ordre Mondial aux Peuples de la planète. Mais pour que les Hommes acceptent de se soumettre à une seule autorité, pour que les Hommes acceptent de perdre leur vie privée, il faut créer un événement qui restera ancré dans la mémoire de chacun ; un événement qui marquera pendant de longues années l’esprit de chaque être vivant ; un événement qui jettera l’opprobre sur les gardiens du Livre.
Le fils Président, comme son père avant lui, ne pouvant se résoudre au sacrifice de ses compatriotes, accepte que les sbires des hommes qui gouvernent dans l’ombre organisent et mènent à bien cet attentat qui finira de bouleverser la face du monde.
Le 11 septembre 2001  permettra aux gouvernements corrompus d’incriminer le Royaume,  cet ennemi de longue date.
Un déluge de feu s’abat sur Kaboul pour détruire un gouvernement de terroriste, ces mêmes Talibans que les USA ont laissé investir la capitale afghane après leur victoire contre l’empire soviétique.
Le terroriste est devenu le nouvel ennemi mondial et une nouvelle guerre ‘’froide’’ commence, un long conflit dans lequel les fidèles laquais des américains et les serfs d’Israël s’engageront. Une guerre opposant Israël au monde de l’Islam.
Une guerre qui verra les Etats à majorité Sunnite se faire renverser afin que leurs indéfectibles adversaires, depuis la mort du Prophète, accèdent au pouvoir et puissent s’allier, pour un temps, aux représentants de l’Etat Juif. Car pour un Chiite, tuer un Sunnite équivaut à tuer dix Juifs.
Une guerre qui permettra aux instigateurs, défendeur des libertés personnelles, d’accroître encore plus la surveillance des populations, d’accroître encore plus notre cantonnement et notre rationnement, d’accroître encore plus nos peurs et de faire dépendre notre liberté de la virtualité. Une guerre qui permettra de rassembler les données et de traiter les informations des vivants en un seul endroit.
Les dirigeants du monde enfin libéré peuvent se tourner vers la future nation qui dominera le monde, ils peuvent « Imaginer rêver d’une Jérusalem en capitale de la planète qui sera unifiée autour d’un gouvernement mondial.»

Les caméras qui nous espionnent à longueur de journées ne voient que d’un seul œil, comme le futur Roi d’Ombre ; comme cette représentation qui flotte au-dessus de la pyramide des Illuminatis.
Le Roi d’Ombre serait-il un Illuminati ? Qui sait, peut-être est-il l'Illuminati…
La dernière larme de Galilée s’est évaporée, le lac de Tibériade s’est asséché. Ne demeure plus qu’une intrigante construction en pierres de forme pyramidale, découverte deux ans après la destruction du WTC, une construction découverte sur le fond du lac…

L’eau c’est la vie et ici il n’y a plus d’eau. Il faut aller la chercher ailleurs. Les paroles de Fatima se perdent dans le vacarme des armes, des explosions et des cris de souffrances qu’a déclanché l’assèchement du lac de Tibériade.
L’amas de pierres n’est plus une priorité donc personne ne le verra s’effondrer; personne ne verra une créature s’en extraire. Mais tout le monde la verra sous une apparence humaine quand elle offrira aux mécréants juifs, qui ont patiemment attendu sa venue, la terre d’Israël, puis le monde.
Comme promis, il offrira à celles et à ceux qui se soumettront à lui le paradis sur Terre. Mais comme il a été écrit : « Son paradis sera un enfer. »

Le vieil homme a quitté son rivage depuis bien longtemps. Bien qu’il sache ce qui va se passer, qu’il connaisse l’issue de la dernière guerre qui s’annonce, il ne peut contenir une expression de tristesse face au sort que réserve aux Humains celui qui refusa de se prosterner devant notre unique ancêtre.
Aux incrédules, le vieil homme murmure des paroles que de toutes manières ils n’entendront pas :
« Bien que l’Illuminati ait choisi de dévoiler, à la face du monde, son opposition à notre Créateur en se  servant de la science, les signes étaient là pour vous prévenir de sa véritable nature. Car ‘’Celui qui s’oppose’’ est la définition, en hébreu, de : Satan. »

Nemo.

dimanche 9 février 2014

La Main qui nourrit.

Le contrôle auquel nos dirigeants, atteints de ‘’sécurite’’ aigue, veulent nous soumettre ne se résume pas par des écoutes téléphoniques, par l’interception de nos textos, sms, e-mail ou autres courriels ; notre surveillance ne se simplifie pas dans le décorticage méticuleux de nos préférences, de nos contacts et de nos amis, ou encore dans le décryptage de nos achats compulsifs en ligne.
L’impressionnante surenchère de technologies, les projets de conception de supercalculateurs capable d’effectuer un milliard de milliard de calculs par seconde, la multiplication gremlinesque des dispositifs de surveillances qui traquent humains, marchandises ou une simple hausse de la température océano-atmosphérique ; toute cette modernité qui permet une hyper modélisation des vivants et de leurs environnements, mis en place pour notre sécurité, ne leur permet pas de définir quel événement et/ou quel humain sera le déclencheur d’une manifestation, d’un soulèvement populaire, d’une révolte.
Comme il est impossible d’anticiper un incendie, un tremblement de terre, un tsunami ou une famine.
Si de minutieuses analyses d’événements passés peuvent permettre de lancer des alertes de vigilances multicolores, l’intensité de l’événement lui-même demeure mystère et réserve souvent de désagréables surprises.

Si le contrôle de l’origine de la ‘’crise’’ (humaine ou environnementale) échappe à nos décideurs, ils savent, par contre, très bien gérer la ‘’réponse’’ à l’événement. Temps de réaction, délai d’intervention, mise en place d’abris de fortune, rétablissement des voies et systèmes de communications et, l’essentiel, distribution ou rationnement de la nourriture.
A petite échelle, ce contrôle des masses, n’est pas flagrant. La solidarité entre ‘’voisins’’ amène une aide efficace de premiers secours qui supplée au rôle des intervenants de l’Etat (pompiers, ambulance, sécurité civile…).
A grande échelle, à un niveau international, on peut s’apercevoir du contrôle des masses dans la gestion de l’après crise. Redistribution de l’argent collecté par les intermédiaires humanitaires officiels ; apparition de risques sanitaires entraînant une vaccination des populations et leur cantonnement; quelles infrastructures seront remises en état, quels services financiers sont recapitalisés, quelles entreprises seront soutenues, quels secteurs de l’économie redémarrera avant les autres, quelles populations recevront des vivres, quel pays fera la ‘’Une’’ du 20 heures.
Les gouvernements des civilisations modernes civilisées affament le reste du monde et choisissent quel Peuple aura l’honneur de recevoir l’aide internationale.
La souffrance des populations birmanes ne sera pas au programme officiel de la Croix-Rouge tant que le monde ultralibéralisé n’aura pas implanté des usines de productions dans le pays en payant la main d’oeuvre locale en crotte de chauve-souris.

Notre monde moderne de libre-échange, de libéralisme, a été décidé au milieu du second conflit mondial. La gestion de l’après crise. L’US Army a été accueillie en libératrice, les GI’s se sont comportés en vainqueur, les PUS (President of the United States) qui suivirent ne firent que renforcer l’emprise de l’empire Américain sur le sol européen, et dans le monde ‘’libre’’.
Les accords de libre-échanges régularisant le commerce entre les états a eu comme effet de brider les productions nationales, indigènes ou locales ; les quotas, la centralisation de la grande distribution puis la mondialisation ont servi sur un plateau la gestion de notre alimentation à de grandes sociétés qui n’ont d’agroalimentaire que leur auto-définition.
Avant l’invasion du libéralisme et son essor, chaque hameau avait sa laiterie, sa boulangerie et son épicerie, qui garantissait une certaine indépendance alimentaire. Aujourd’hui l’approvisionnement des rares épiceries ayant survécu au raz de marée de la mondialisation est trop souvent garanti par le cartel des grands distributeurs qui sont de mèche avec des sociétés financières de gangsters cravattés, des multinationales qui chuchotent aux oreilles des dirigeants des organismes supranationaux qui ont inscrit dans leur charte leur attachement aux droits humains.
L’OMC et Bruxelles imposent des règles, des normes, des quotas qui pourrissent la vie des humbles producteurs qui n’ont jamais empoisonné qui que ce soit.
Les quotas limitent les productions tandis que la grande distribution centralisée gère ce que nous mangeons.
Combien y a-t-il de marques différentes de laits, de yaourts, de biscuits, de céréales, de viandes, de chips, de plats préparés, de producteurs de beefsteack déposés sur les rayonnages, sur les gondoles des supermarchés ? La diversité dans les sodas est autant déprimante que celle des desserts proposés dans les congélos.
L’agriculture helvétique décline à vue d’œil. Le prix de ventes de leurs produits aux grands distributeurs baissent, les frais d’exploitations augmentent tandis que le service vétérinaire cantonal ou fédéral impose des normes de plus en plus restrictives avant de verser un quelconque subside qui, de toute façon, tiendra l’exploitant loin de la richesse.
Certains tentent de surfer sur la vague bio-locale en proposant des produits frais directement de la ferme. Mais ce n’est pas gagné d’avance. En cause : les mesures de surveillances et de contrôles instaurées par l’Etat, la Santé publique. Si la législation peine à venir à bout des indépendants à tendance altermondialistes de l’agriculture, une épizootie bien placée viendra à bout de toutes velléités… Permettant au passage de durcir les moyens de contrôles chez les autres producteurs.
Sur un autre continent, c’est l’humble pêcheur africain qui ne peut plus vendre les poissons qu’il pêche, assis dans sa coquille de noix, au marché local, parce que le même poisson, prélevé par les bateaux usines portugais, est vendu moins cher trois étals plus loin. Tout comme les bananes produites ‘’artisanalement’’, qui pourrissent le long des routes, ou le cacao des microproducteurs non standardisés FMI ou même Max Havelaar.
‘’Findus’’ sort du lac un poisson déjà conditionné et congelé, montrait une ancienne pub télé.
La société financière Nestlé, le plus grand racketteurs de denrées alimentaires mondial, le voleur d’eau, le corrupteur, veut se lancer dans l’agriculture et vient d’ouvrir au tout public ses CAN (Centre d’achats Nestlé) jusque là réservés aux serfs et aux laquais de la multinationale.

Vers la fin du XIXe siècle un M’sieur Townsend émit l’idée que n’importe quelle créature sauvage, ou non, pouvait être domptée, apprivoisée, par l’alimentation.
Le contrôle de la population par son alimentation. Cela paraît aberrant ?
Combien d’entre vous connaissent cette expression : « On ne mord pas la main qui nous nourrit » ? Vous pouvez aussi essayer de jeter vos cartes fidélités de supermarchés, de les découper et d’en faire des confettis… Ou encore : Faisons une demande à l’ONU pour qu’elle retire l’embargo de ses pratiques courantes.
Avoir 24 francs en poche pour la semaine n’est pas plus gênant que cela, à condition que le frigo soit plein, qu’il y ait suffisamment de nourriture pour nourrir la famille pendant les jours qui viennent. Fermer un supermarché pendant trois jours, et c’est l’affolement général. Même si votre crapaud bave les billets.

Le 11 septembre 2011 aura été un véritable bonheur pour ceux qui rêvent d’une gouvernance mondiale.
Nous connaissons tous la multiplication des systèmes de surveillances mis en place pour « votre sécurité ».
Si les services de renseignements US disposent de plus d’informations sur les passagers des vols Air France, KLM, Swiss, etc… que les avionneurs eux-mêmes, les douanes américaines, dont les officiers sont présents dans tous les grands ports européens, savent exactement tout de ce qui s’embarque sur un bateau de croisière ou un cargo en partance pour les States ou n’y faisant qu’une simple escale.
Les bases américaines éparpillées à travers le monde ‘’sécurisent’’ divers sites de productions (et pas uniquement des sites de forages pétroliers), tandis que les ‘’flottes’’ numérisées gardent un œil ouvert sur la valse des navires sillonnant les multiples voies navigables de nos océans, traversant des détroits placés sous haute surveillance, traversant le Canal ; des navires oeuvrant pour la grande distribution intercontinentale.
Notre approvisionnement, notre confort, notre sécurité dépendent en grande partie de la bonne volonté des deux-tiers des membres permanents du conseil de sécurité des Nations Unies ; de notre croyance dans le fait qu’ils nous protègent efficacement contre les menaces terroristes.
Notre ‘’liberté’’ de consommer, qui a tué notre indépendance alimentaire, n’est garantie que par le fait que nous laissions quelques sombres marionnettistes manipuler nos gouvernements, et nous-mêmes par la même occasion.

Je me souviendrai toujours de cette réplique d’un Nescafard vautré dans mon véhicule :
« (…) Nous vous nourrissons.»

« On ne mord pas la main qui nous nourrit » disais-je plus haut. Peut-être faudrait-il la couper.

Nemo

lundi 3 février 2014

C'est quoi la nourriture?

Alors qu’il n’y a plus besoin de se rendre sur le continent Africain pour trouver des humains, des parents, des personnes qui éprouvent les plus grandes difficultés à se payer ne serait-ce qu’un seul repas convenable par jour, par semaine voire par mois, nous continuons de jeter trop de nourritures consommables. Parfois encore hermétiquement emballée.
Etaler les chiffres, les pourcentages ou même les tonnages détruits ne servirait à rien. Une statistique n’a jamais nourri son homme. Encore moins un enfants.
Pourtant nous continuons à bourrer nos frigos d’aliments achetés en masse pour profiter des rabais, des offres multipacks ou des biscuits vendus en trois pour deux. Comme bien souvent ces promos alléchantes dissimulent une date de péremption pour le surlendemain du jour d’après, nous allégeons de notre plein gré la section ‘’pertes et profits’’ des grands distributeurs de l’alimentaire.
Et, une fois que l’on ne voit plus le fond du frigo, nous déjeunons ‘’sur le pouce’’ dans la première boulangerie, croissanterie, sandwicherie que nous croisons sur le chemin de notre travail ; une fois que les armoires sont remplies ras bords de denrées alimentaires à cuisiner, on bouffe au Mac Do ou nous nous faisons livrer des pizze.
Des gens, des peuples, des enfants ont vraiment faim et nous traitons nos aliments, notre nourriture sans aucune morale, sans aucun respect, sans gratitude.

Prendre un repas n’est plus l’occasion de se retrouver en famille, de refermer un cercle, pour partager les expériences de la journée, de la semaine ou de la vie ; préparer un repas est devenu une ‘’compétition’’, un spectacle qui n’a, comme unique but, que d’obtenir une salve de félicitation, des congratulations pour la présentation de la table, le choix des produits et leurs préparations, etc…
L’aspect ‘’alimentaire’’ de nos repas a, semble-t-il, disparu puisque nous pouvons bouffer tout et n’importe quoi à n’importe quel moment de la journée.
Mais il faut aller plus loin dans la pseudo-création : le cuistot est un chef, un Master Chef qui à son tour devient un architecte avant de se révéler physicien quantique.
Il faut aller plus loin dans l’indécence, plus loin pour susciter l’envie de consommer des produits dont nous pourrions fort bien nous passer.

Les épicuriens meurent de faim dans les dîners spectacles ; les familles se nourrissent du 19:45, du 20H ou partage leur recueillement avec Darius et The Diva touche mille dollars par jour pour s’empiffrer de tout ce qui peu s’ingurgiter, seule, face à sa webcam.
The Diva, c’est une ogresse Coréenne, adapte et star du ‘’Foodporn’’, une tendance qui a commencé par la photographie de ce qu’on allait manger, pour finir par une mise en scène parfois douteuse de la destruction méthodique d’aliments (comprenez par ‘’destruction’’ : manger sans faim, ni fin).
http://www.7sur7.be/7s7/fr/1517/You/article/detail/1761575/2013/12/20/La-nouvelle-tendance-etrange-le-food-porn.dhtml
Il y a aussi le décryptage de Julia Molkhou sur Canal + qui vaut le coup d’oreille et le clin d’œil sur les pubs érotisées des marchands de glaces, aussi.

Où ça devient d’une stupéfaction intersidérale à vous trouer le cul une seconde fois, c’est quand cette ‘’Bouche gourmande’’ de l’orgie alimentaire affirme, le plus sérieusement du monde, qu’elle mange pour celles et ceux qui ne peuvent pas se nourrir et que grâce à son geste les internautes, qui la regardent, n’ont plus faim.
Bel élan de philanthropie, de sacrifice de sa santé pour le bien être de son prochain. A 1'000 dollars par jour on peut bien prendre 10 kilos depuis le début de l’année. Mais le pire, c’est que ça prend ! Une de ses ‘’fans’’ a avoué, lors d’un reportage sur le sujet diffusé dans le 19:45 de Meuh6 fin janvier, qu’elle ressentait du bonheur à regarder son idole se goinfrer.
C’en est à se demander laquelle des deux Corée est la plus dangereuse pour l’humanité ? Ou alors, je n’ai rien compris à l’empathie.

Si ça se trouve The Diva détient la solution miracle pour sauver toutes celles et tous ceux qui souffrent de malnutrition dans le monde. Chacune de ces personnes, qui rêve d'un simple morceau de pain, pourrait recevoir généreusement un smartphone, genre Samsung, et un abonnement Orange illimité pour suivre les exploits de ‘’Larynx profond’’ via le net.
La question est de savoir si Samsung va offrir ses appareils à des miséreux ? Je crois que nous aurons réussi à nous nourrir du soleil avant que cela n’arrive.
Donc il faudrait que cette exapétasse bridée prenne ses plateaux repas et fasse son orgie en ‘’direct live’’ d’un village perdu en Ethiopie, en Somalie, en Inde, en Chine, en Amérique du Sud et je ne sais où encore. Tant qu’elle peut encore lever son cul de son fauteuil.

La suite c’est quoi ? Après avoir mangé pour vous, venez me voir déféquer pour vous ?!? Et la même fan débile de dire : « Quand je la vois, assise sur ses wc, que je la vois ‘’pousser’’ pour expulser cette merde qu’elle a en elle, j’ai l’impression de chier moi aussi. Quand elle se torche, on peut deviner à la texture les grains de maïs ou savoir que la crème était double, c’est un bonheur transcendantal, un plaisir immense… »
Non j’ déconne.
Du coup, au prochain Rom qui me demande « Si vou plè, argent pour manger », je fonce au Mac Do me prendre 14 Royal Cheese Menus et j’reviens m’installer devant lui.
« Là mon gars [ou ma garce] regarde-moi bien manger, ça te fera du bien...»

Si c’est ça prendre soin de son prochain, j’démissionne.

Nemo

samedi 1 février 2014

Nous veillons sur vous

Pour votre sécurité et pour vous empêcher de commettre des actes délictueux ou un geste que vous pourriez regretter, nous vous filmons.
Nous vous filmons pour vous assurez que vous respectez bien le ‘’code de la route’’ ; nous vous filmons pour vous rappeler de mettre le sac de la bonne couleur dans la bonne poubelle ou pour vous empêcher de perdre sur la chaussée des objets dont vous n’avez plus l’usage.
Nous vous filmons pour vous guider, vous montrer que vous êtes sur le bon trottoir, du bon côté de la route, dans la bonne gare et pour vous assurer que vous preniez les bons transports publics.

Pour la sécurité de vos finances, nous vous filmons quand vous utilisez les bancomats. Déjà pour vous garantir que c’est bien vous qui retirez de l’argent de votre compte.
Nous gérons votre compte, nous contrôlons vos dépenses.
A l’aide d’applications intuitives, nous allons aussi vous aider à bien dépenser notre argent en vous faisant profiter des meilleures offres-promotions qui pourraient se trouver le long de votre route. Grâce à nos partenaires, nous allons également pouvoir vous alléger de cette angoisse d’avoir du cash sur vous. Et bientôt vous n’aurez plus besoin d’avoir le moindre centime sur vous pour acheter ce qui nous fait plaisir. Comme nous vous l’avons déjà dit : Nous contrôlons vos dépenses.

Pour mieux assurer votre sécurité dans les espaces privés ouverts au grand public, nous engageons, et engagerons encore, des vigiles qui veilleront à votre confort en vous empêchant de vous asseoir n’importe où et n’importe comment. Une bonne assise sur un siège adapté, vos deux pieds posés sur le sol, est le garant de votre bonne santé.
Nos vigiles sont là pour vous enseignez les règles de bonne conduite en vigueur dans cet espace public (centre commercial, théâtre, cinéma, etc…) qui est, avant tout, notre propriété privée.

Afin que vous ne vous perdiez pas sur votre chemin, nous vous suivons grâce à votre Smartphone ;
Afin que vos pensées ne s’égarent pas, nous veillons sur vos communications. Pour vous assurez que vous que direz par, que vous n’écrirez pas des choses que vous ne pouvez pas penser.
Pour vous garantir que vous fréquentez les bonnes personnes, nous accédons aux contacts de votre répertoire.
Par notre bienveillance vous saurez quels quotidiens, quelles revues, quelles musiques, quels films ou séries télévisées s’adaptent le mieux à votre personnalité, comme vous saurez quels aliments conviennent le mieux à votre régime.

Nous savons à quelle heure vous vous réveillez, à quelle heure vous partez travailler, si vous y allez en bus, en train, en voiture ou à vélo. Nous savons à quelle heure vous prenez votre café à l’emporter et que vous n’aimez pas la salade dans votre sandwich. Nous savons combien de personnes vous croisez durant la journée et lesquelles vous évitez. Nous connaissons tout de vos préférences et quand votre femme est menstruée.
Mieux encore ! Votre état de santé ne vous inquiétera plus parce que nous veillons sur vous ainsi que sur votre dossier médical.
Mieux encore ! Bientôt nous serons capables de prédire votre grippe avant que vous n’en ressentiez les premiers symptômes ; bientôt nous serons capables de vous régénérer, de remplacer le moindre organe de votre corps. Bientôt votre ADN, vos chromosomes nous appartiendrons.

Pour notre bien-être nous contrôlerons votre corps. Nous pourrons le stimuler, le rendre plus performant, augmenter son rendement, le faire travailler sans relâche sans que vous y trouviez quelque chose à redire parce que, grâce à l’interface neuronale entre votre cerveau et votre smartphone, nous pourrons contrôler vos pensées, contrôler vos impulsions, vos sentiments, vos envies…
Vous deviendrez de parfaits petits robots, des robots que nous n’aurons plus besoin de fabriquer puisque vous vous reproduisez tout seul...
Dès lors, et seulement depuis ce moment, nous pourrons mettre un terme au néofascisme actuel qui garanti vos libertés et que nous avons dû réinventer pour votre sécurité.
Dès lors, le mot ‘’Humanité’’ pourra être banni des encyclopédies et ne sera qu’un souvenir fugace que nous nous empresserons d’effacer de votre mémoire, pour notre sécurité.

Réveillons-nous mes amis...

Nemo.

jeudi 30 janvier 2014

Culte au mortel, idole virtuelle et mercredi

Bonne nouvelle pour toutes celles et ceux que le règne de Federer avait laissé patriotiquement indifférent : Stan Wawrinka a remporté l’Open d’Australie, permettant au Suisse timide de faire enfin son ‘’coming out’’ et de crier fièrement sur les réseaux sociaux d’être maintenant fier d’être Suisse.
Du coup on nous vend le Stan comme la représentation de la persévérance, de la réussite par le travail acharné, pas comme le ‘’Rodge’’ qui avait le talent ‘’inné’’ du tennis. En gros Stan c’est le samouraï du tennis, le ‘’warrior’’ des courts, avec 14 pages spéciales personnellement dédiées dans le quotidien orange national au lendemain de sa victoire, ET le poster détachable, attention !!! Et on rajoute trois pages de plus le mercredi suivant pour célébrer le retour de notre héros avec, en prime, la remise du trophée de « Personnalité Suisse de l’année 2013 ».
Bien sûr, certains politicards, fidèles apôtres de l’excellence, ne pouvaient pas rater l’événement. Le très à droite Mister Leuba voit en Wawrinka l’ambassadeur romand de la jeunesse romande, comme son copain de PLR de Derder qui voulait donner à Federer un titre helvétique d’ambassadeur.
Même mon pompiste de restoroute m’avoue, avec un petit éclat de fierté dans le coin de l’œil, le voir de temps en temps au volant de sa Mercedes GL 500. Help wanted…………………………………
Bon je reconnais que question chauvinisme et culte voué à un mortel, le Suisse n’est pas encore au stade du Portugais, qui idolâtre un joueur de foot dans un pays en crise qui voit de plus en plus de mère de famille abandonner leur nouveau-né à l’hôpital, ou recourir à l’IVG. Mais le Suisse est sur la bonne voie.

Dans tout ça, y a un truc qui m’interpelle : Il est de moins en moins question de remettre le talent du, ou des vainqueur-s en question. On zappe la blessure au dos de Nadal ; on relève à peine que la victoire de Stan ait pu être facilitée par la fatigue accumulée par Nadal lors du match qui l’opposait à Federer (selon les journalistes sportifs amateurs de FB) ; ou encore ce consultant sportif  de je ne sais plus quelle chaîne télé, qui faisait l’éloge des handballeurs français. Pour qui il était hors de propos que l’on parle de la forme physique, des misères, des contretemps, des absences de joueurs ou même un blessure de l’adversaire. « Ils étaient sur le terrain, nous étions les plus fort ». En gros : « Ils » sont venus, « ils » nous ont vu, « « ils » l’ont eu dans l’cul. Point barre.
Dans 15 ans ce sera quoi ?!? Les vainqueurs urineront sur les perdants et dans 20 ans ceux qui resteront ‘’debout’’ extermineront à coup de glaive les vaincus, à la demande du public ?

Le lendemain, soit mardi, on nous a bassiné avec le paiement électronique. Parce que c’est moderne, parce que l’argent physique c’est médiéval et que pour le bien de l’économie il faut arrêter de perdre son temps avec la ‘’friction’’ que représente le fait de sortir son crapaud pour payer en pièces et billets vos emplettes.
Le truc est pas nouveau, mais il nous en remette une couche régulièrement pour nous encourager à utiliser nos smartphones ou autres cartes de paiements sans contacts. Parce que ça fait gagner du temps à tous le monde, parce que c’est moderne, parce que l’argent c’est médiéval et bientôt parce qu’avoir du ‘’cash’’ sur soi signifiera que cet argent provient d’une activité douteuse ou pas forcément légale. Y sont retors c't'équipe de picsous….
Alors Google sera la banque du futur et FB ou Twitter seront nos conseillés en petite consommation de masse. Il y a même un système qui peut se passer de votre carte de crédit : Vous la présentez une fois au terminal, et après le système vous localise, vous reconnaît quand vous êtes dans la bonne boutique, le bon magasin, le bon tea-room ou tout bêtement dans le taxi. La prestation consommée est directement prélevée sur votre compte, sans vous que n’ayez à faire quoi que ce soit. C’est pas magnifique ?!?
Comme ceux qui pensent, à ces moyens de prendre notre argent, savent très bien que nous avons, pour une forte majorité des consommateurs, une mémoire de poisson rouge, les surprises et grimaces seront nombreuses lors des décomptes mensuels.
Plus fort : Comme le moindre de vos déplacements, le moindre de vos achats sera compilé, analysé, décrypté et stocké, quand vous rentrerez dans un ‘’Starbuck’’ (exemple au hasard), l’informatique saura que vous avez poussé la porte de l’établissement pour la 34ème fois du mois, alors que vous l’aurez certainement oublié, et l’informatique vous fera une ristourne sur votre boisson.
Sans en avoir conscience vous en êtes à presque 350 balles de café caramel longo macchiatto avec pastèque de chocolat, mais comme les suivants sont moins chers, pourquoi se priver ???

Les CFF rêvent de gares sans guichets et la Poste impose de plus en plus les paiements avec l’appareillage électronique.
Il y a déjà des bureaux de Poste, dans le canton de Genève, qui n’acceptent plus les paiements en ‘’liquide’’. Pour des raisons de sécurité ! Alors la pauvre grand-mère de 80 balais, qui n’a aucune idée du fonctionnement d’un ordinateur, donc encore moins de l’internet, se retrouve coincée dans son bled pourri à ne plus pouvoir faire ses paiements…
Tandis que dans mon patelin, la Poste de quartier ferme ses portes et transfère une partie de ses activités dans la pharmacie du même quartier. Et là aussi, pas de paiements en cash. L’avis du consommateur ? On s’en fout puisqu’il sera obligé d’avoir recourt aux prestations de la Poste, un jour ou l’autre.

Mercredi :
Journée d’anniversaires. Donc Zappage de masse. Me fous de savoir que Dieudo sera surveillé pendant ses spectacles nyonnais (des représentations en salle comble !) ; me fous de savoir que les poulets sont exterminés en masse pour enrayer une épidémie de grippe aviaire, que le salaire minimum américain sera un chouillas plus élevé que le minimum allemand. Oubliés les soucis submersibles des Français, la glaciation des Etats-Unis, les 50 milliards de Sotchi, les orgies alimentaires des Sud-coréens (pour l’instant) et que sais-je encore que j’ai déjà oublié… Mercredi c’est gonflage de ballons, décoration de l’apparte, paillettes et p’tites serviettes « Happy birthday » pour mon ti gaillard de 6 ans.
Un grand moment de plaisir et d’intenses nettoyages après…

P’tite suggestion entre potes parents : Si vous invitez Guillaume, attachez-lui les jambes ou bourrez-le de Valium.

Nemo.

samedi 25 janvier 2014

Un choix, parmi d'autres, à faire.

Dans ma période ado, il y avait une personne qui me scotchait à chaque fois que je traînais dans son magasin. C’était le disquaire.
Un ti bonhomme, juste pas rouquin, d’une trentaine d’années, sympa, serviable, patient, mais surtout incollable dans son domaine.
De Haydn à Samantha Fox, en passant par Iron Maiden, Mezzoforte, ou Chaz Jankel, il connaissait pratiquement tout ce qu’il y avait à savoir pour trouver le bon disque, quasiment du premier coup. Le Google Man du vinyle. Tu lui donnais un titre original anglo-saxon dans un anglais des Alpes bernoise, il te donnait la bonne galette ; tu lui fredonnais timidement un refrain approximatif, il te trouvait le bon morceau…
Mais comme rien ne dure vraiment…
City Disc est arrivé dans le centre comm’ et Disco Panorama a fini par fermer la porte.

Les premiers vendeurs City Disc avaient quelques connaissances liées aux produits qu’ils vendaient, mais ils n’avaient plus grand-chose de mélomane. Et le peu de savoir qui subsistait derrière le desk s’est vite évaporé, au rythme des engagements des nouvelles ‘’vendeuses’’.
Orange a racheté City Disc, puis City Disc a disparu du centre comm’ en même temps que le revendeur de musiques ou de films ouvrait son site internet pour les commandes ‘’en ligne’’.
Il reste encore la FNAC à Lausanne, plus gros, plus monstrueux, plus commercial, plus impersonnel…
Comme la FNAC vend aussi des livres manuscrits et imagés, je peux parler de la petite librairie ‘’C’est écrit’’, encrée sur la Place de la Gare, qui se bat depuis une décennie contre les ogres de la distribution postale sous 48 heures.

Simple, souriante et bourrée de charisme la proprio s’investit beaucoup pour maintenir sa boutique à flot. Normal me direz-vous. Ses connaissances en matière de bouquin sont également impressionnantes, sauf si vous cherchez une édition ‘’collector’’ des Schtroumpfs éditée en Mongolie.
Quand chez Payot, le mini géant concurrent local, une gentille vendeuse (ou gentil vendeur) vous indique dans quel rayonnage trouver un ouvrage, la tite libraire vous le sort. Et si elle n’a pas le livre sous la main, elle vous le commande. Le délai de livraison peut dépasser les 48 heures, mais ce n’est qu’un détail parce que si par hasard le livre ne correspondrait pas à vos attentes, elle se charge des formalités ‘’retour’’, ou l’intègre dans sa vitrine sans rechigner.
On pourrait aussi penser que les prix sont plus chers dans la petite boutique. Et bien, comparé à la FNAC Lausanne, elle peut allègrement majorer ses prix de 10% au moins. Main tenant c’est clair que si vous êtes l’heureux possesseur de la carte fidélité FNAC, les prix deviennent sans concurrences, aucune.
Par contre, et c’est là une différence plus qu’importante, au bout d’un certain nombre de visites, c’est la proprio qui vous fera d’elle-même un ti rabais, genre 10 % arrondi vers le bas.
Et là, si vous n’êtes pas trop coincé du citron, vous comprenez la générosité du geste, vous comprenez que c’est une partie de son beurre, qu’elle ne mettra pas dans ses épinards, qu’elle vient de vous offrir.
A la FNAC, les offres de prix, rabais et autres remises ne lèsent en rien le Big Boss du groupe, ce seront plutôt des ouvriers, suant dans la chaîne de distribution, qui devront se mettre au régime.
Et il n’y a pas que le FNAC qui menace les petits travailleurs indépendants du livre, ou de la musique, locaux. Il y a Amazon, par exemple. Là ce n’est plus David contre Goliath mais un truc genre la puce contre un Titan en armure.

Un Titan qui a fait 62 milliards de dollars de chiffre d’affaire depuis son entrée en bourse en 1997 ; un employeur qui fait passer au portique de sécurité et à la fouille corporelle tout son personnel sortant de ses dépôts, parce qu’il voit en chacun de ses ouvriers un voleur potentiel, et bien sûr les ‘’vigiles’’ sont placées entre la timbreuse et la sortie (ou le réfectoire ! ce qui fait perdre un temps considérable de ‘’pause’’ aux ouvriers) ; une société qui sous-paye ouvertement sa main d’œuvre et la conditionne scandaleusement pour augmenter le ‘’rendement’’.
Au Japon, Amazon a recruté des chèvres pour brouter le gazon aux abords d’un entrepôt. Des chèvres qui portent à leur cou un badge avec photo, nom et code barre, comme n’importe quel ouvrier humain.
On pourrait essayer de défendre Amazon en se disant qu’il fournit du boulot dans une Europe en crise ; que les habitants de Bad Hersfeld (Land de Hesse) ont de la chance qu’Amazon ait choisi l’Allemagne comme tête de pont européenne (huit usines logistiques implantées, plus une neuvième en construction). On pourrait...

Lors de la période des Fêtes, des équipes de nuits sont constituées et des intérimaires engagés. Dans les dépôts de Bad Hersfeld, le nombre d’employés est presque triplé ! Mais ce ne sont pas des ouvriers allemands qui sont engagés. « Chômeurs espagnols, grecs, polonais, ukrainiens, portugais convergent en autocar des quatre coins de l’Europe, enrôlés par des agences d’intérim. »
Si Amazon n’a pas encore remplacé sa main d’œuvre ‘’low cost’’ par des robots, c’est que les robots coûtent encore plus cher que les ‘’Hands’’ trieuses, empaqueteuses.
Pour pallier à ce problème, Amazon aurait déboursé 775 millions de dollars en 2012 pour racheter la société de robotique Kiva Systems.

Alors posons-nous la question de savoir QUI voulons-nous enrichir lors de nos achats ? Une humble travailleuse qui ouvre sa boutique tous les matins, et la referme tous les soirs, ou un arrogant personnage qui s’est retrouvé catapulté au 19e rang des milliardaires de la planète (Jeffrey Preston BEZOS, en l’occurrence) ?
Qui voulons-nous soutenir ? Le patron indépendant qui réinvestit la presque totalité de ses bénefs dans le recrutement d’un-e employé-e pour faire tourner sa boutique et lui permettre de prendre un peu de repos ou de grands distributeurs, qui font miroiter le spectre du chômage à leurs employé-e-s, pour les transformer en esclaves ?

Les grandes multinationales sont organisées « selon une idéologie bien définie », pour reprendre le journaliste allemand Günter Wallraf, qui clôt l’article de Jean-Baptiste Malet « Amazon, l’envers de l’écran », dans lequel j’ai pioché les passages concernant l’expéditeur international de marchandises, ainsi :
« Son système ne nous pose pas la simple question, neutre, de savoir si nous voulons ou non consommer sur son site internet ; il nous pose des questions politiques : celles de notre choix de société.»

Nemo.