jeudi 10 novembre 2011

Tragédie en Valais.

La double-page du Matin du 8 novembre 2011 n'a pas été sans me rappeler celle de l'édition du 25 juillet de la même année.
Témoignages, photo du tireur derrière son fusil, analyse socio-psychologique du meurtrier, et pas assez de mots pour les victimes.
Les ressemblances s'arrêtent pourtant là. L'un est norvégien et à tuer plus d'une centaine de personnes, l'autre est un valaisan qui a assassiné sa petite-amie, âgée de 21 ans. Le premier aura son portrait affiché en grand dans les pages de tous les journaux, le second aura droit à une "bande noire" sur ses yeux. Peut-être y-a-t'il des visages que l'on montre pas.

Comme le visage d'un meurtrier suisse en terre valaisanne, devenue fief UDC, qui s'est servi de son fusil d'assaut de l'armée suisse. Cela cadre assez mal... D'ailleurs il ne me semble pas que Mister Freysinger se soit déjà exprimé sur cette tragédie humaine et sociétale.
Pratiquement tous ses confrères, et consoeurs, politicien(ne)s mettront en gros cinq jours, pour affuter leurs commentaires, et pour nous faire part de leur avis sur ce drame, en mettant l'accent sur le fait que:
"Anthony (le meurtrier présumé) n'aurait jamais dû être, au vu de son passé de délinquant, en possession de son arme de service."
La polémique est lancée, et tant l'armée que la police risquent de jouer au ping-pong en se renvoyant la "responsabilité" de la possession de l'arme, pendant que des parents vont souffrir au plus profond de leur chair...

Tous les politiciens, sauf un, éviteront de parler de la votation du 13 février 2011. Votation qui demandait au peuple de se prononcer sur une initiative visant à interdire l'entreposage des armes de service "à la maison". Une intiative qui fut rejetée par un poils plus de 56% des votants. Avec un "Non" à 61,8% en...Valais.

L'élu PDC valaisan qui s'est exprimé, 3 ou 4 jours après le drame, dans les colonnes du "Nouvelliste" a dit:
"Au moment où le peuple s'est prononcé, il connaissait l'existence de tels faits d'hivers. Et depuis, des mesures ont été prises. Mais il faudra en analyser l'efficacité."

L'efficacité est toute prouvée: C'est le quatrième cas d'homicide par FASS (en fait trois morts, un blessé et un suicidé) depuis le 13 février 2011...

Sans être membre du fan-club du "Groupement pour une Suisse sans armée", je m'interroge sur l'efficacité de cette Armée. Et j'aimerais bien savoir si l'Armée Suisse a une fois fait des victimes ailleurs que dans ses propres rangs?; Je voudrais bien savoir si des "militaires" suisses ont, ne serait-ce qu'une fois, fait feu avec leur arme d'ordonnance sur d'autres "cibles" (pardonnez-moi l'expression) que des civils, Suisses et innocents?
Et quelle est la mission d'une armée en temps de paix dans un pays neutre..? Fournir à tous les dingos, psychopathes, maris éconduits et autres apprentis racaille armes et munitions gratuites!? Anéantir des familles entières, alors que sa mission est justement de les préserver?
Là je tape sur l'Armée parce qu'elle est, au final, la détentrice de l'arme des crimes.

Cependant, il y a toute une société derrière qui, en prêtant un peu plus d'attention à ses "enfants", pourrait éviter le pire et surtout, il y a plus de 1,395 millions de citoyens suisses qui par leur choix, la veille de la Saint-Valentin, sont devenus les co-responsables du drame de Riaz, de Neuchâtel, de Schafhausen (BE)...

A Saint-Léonard, ce premier week-end de novembre un père a renier son fils devenu meurtrier;
Anthony pourra pleurer autant qu'il le peut, sa partie de "Call of Duty- GTA" est définitivement "Game Over"; Et si Christina n'aura passé que 21 ans sur notre Terre avant de retrouver un "monde meilleur", pour ses parents ce sont bien des heures sombres remplies de larmes, de tristesses et de souffrances qui leurs tendent les bras...

Oui Monsieur Perrin. Une arme à feu, ça tue.

NEMo

mardi 8 novembre 2011

Autogestation.

Il paraît que l'équivalent de trois terrains de foot de terres cultivables sont déclassés et subissent, chaque jour en Suisse, les outrages des pelles mécaniques et des bétonneuses.
D'un point de vue purement "alimentaire", cela revient à dire:
"Moins de productions, plus de consommations."

S'en inquiète-t-on, hors paysannerie...? Pas trop... Et à ceux qui pourraient s'intéresser au "problème", des experts, qui se veulent rassurants, répondent que: " La Terre peut nourrir jusqu'à 10 milliards d'êtres humains."
O.K.! Mais pendant combien de temps? Combien de temps avant que les terres arables deviennent stériles à force de monocultures intensives, d'OGMs expérimentaux, et autres super-trouvaille-homicides?

Economiquement, c'est la recentralisation des moyens de productions agro-alimentaires, le renforcement des monopoles de distributions et l'absurdité des quotas qui prévalent. Il y a bien la tendance "Bio" qui gagne du terrain dans nos habitudes de consommateurs, mais avec l'apparition des "Bourgeons", un bon nombre de saines petites exploitations "bio-dynamiques" sont passées au tamis financier des "labels" imposés.
Pour les plus "tenaces", elles n'ont peut-être plus les moyens de suivre le matraquage publicitaire des grands distributeurs, qui décident depuis bien longtemps de ce que nous allons manger.
Quant aux médias officiels, ils sont un peu trop souvent les complices de ces grands cartels alimentaires.

Si l'on va plus loin que les risques encourus par nos ressources alimentaires lors de leurs transports, nous pouvons nous interroger sur la "perspicacité" de confier la production, et la gestion, d'une bonne partie de nos denrées alimentaires aux bons soins d'exploitations agro-alimentaires transcontinentales, et/ou localisées dans des Etats parfois instables économiquement et politiquement, et bien souvent soumis à des aléas climatiques devenus bien dévastateurs.

L'encouragement à une production locale confiée à une main-d'oeuvre locale, défendu dans un article précédent, pourrait être les prémices d'une civilisation de l'autogestion, une civilisation qui rendrait à l'homme sa maîtrise de la terre. L'idée n'est ni nouvelle, ni révolutionnaire, et l'expérience fut maintes fois tentées, avec plus ou moins de réussites...
En faisant abstractions des visions utopiques d'un Thomas More, ou d'un Jean-baptiste Godin, nous pouvons trouver, dans un proche passé des expemples que l'"autogestion" fonctionne:
Le Chili et le Pérou dans les années 1970-1980 ont mis en oeuvre la "participation populaire", deux expériences uniques dans le contexte latino-américain, qui disparaîtront avec le coup d'Etat du général Augusto Pinochet en 1973, et la destitution, en 1975, du président péruvien Juan Velasco Alvarado.
Ou encore Longo Maï qui nait, à la même époque en France, de la volonté d'un groupe de jeunes gauchistes au caractère bien trempé.
La communauté connaîtra des débuts difficiles, et sera accusée de bien des maux.
Mais Longo Maï saura résister, s'adapter et se développer: Elle possèdera, fin des années 1990, des coopératives agricoles en France, en Allemagne, en Autriche, en Suisse (le châlet Le Montois, sur les pentes du Jura), une radio, etc... Elles sera reconnue d'utilité publique en 1995 par le canton de Bâle-ville.

Les monts et les campagnes regorgent d'initiatives communautaires et sociales qui, malgré une reconnaissance des pouvoirs publics, doivent se contenter d'agir à l'écart des grandes villes, et surtout de leur "Centre". Un centre dévolu à un tout autre secteur professionnel: le tertiaire, et à la bourgeoisie qui l'accompagne.

Pourtant cette idée d'auto gestion, appliquée dès maintenant pourrait nous offrir une voie alternative, une issue de secours à des population urbaines, régionales, voire nationale; l'autogestion pourrait être l'échappatoire à la situation actuelle qui n'a qu'un seul choix à nous proposer: les crocs des chacals capitalisés néo-libéralistes ou les griffes du Dragon chinois.

Pourtant les emplacements propices au développement de telles initiatives en périphérie de la ville existent. Ne manque que des volontaires. Il y a bon nombre de petites "affaires" familiales qui disparaîssent faute de repreneurs motivés et/ou acceptant de se laver les mains après une journée de travail.
L'épicerie au centre du village de Saint-Légier, sur les hauts de Vevey, est devenue un traiteur thaï...; qu'est devenue la laiterie de Cully qui, aux dernières nouvelles, intéressait plus un bureau de gestion immobilière qu'un laitier-fromager?
Quand un paysan est devenu trop vieux pour exploiter personnellement sa ferme, et sa terre, à la sortie du village de Jongny (toujours sur les hauts de Vevey), les pouvoirs publics en ont vite profiter pour "déclasser" son terrain.
La perpétuation d'une tradition serait-elle devenue un commerce rentable qui doit s'exhiber, ponctuellement au gré d'un calendrier festif, devant les objectifs des touristes russo-sino-japonais?

Selon plusieurs dire, les paysans subissent des pressions pour qu'ils bradent leurs efforts et les prix de leurs produits. Et, en plus de cela, ils doivent bien souvent passer au compost une partie de leurs productions.
Dès lors, pourquoi ne pas mettre en place des vrais programmes de "participation populaire" dans lesquels chacun participerait, en fonction de ses aptitudes, à la vie de la communauté?
La plus grosse part de la production serait pour la consommation endogène; un pourcentage serait réservé pour des échanges avec d'autres communautés, ou pour du commerce avec la ville.
La technologie actuelle permet la captation, la transformation et le stockage de toutes les énergies "naturelles" à des rendements élevés; les connaissances scientifiques nous permettent de conaître "intimement" le vivant sous toutes ses représentations, et de mieux comprendre la biodiversité qui nous entoure ainsi que les principes de "biodynamique" qui la régissent.
Les villes et communes pourraient également prévoir de mettre généreusement à disposition des Hommes de la Terre un bâtiment, genre hangar, pour qu'ils puissent quotidiennement venir y distribuer leurs marchandises, sans devoir se soumettre au racket des grands cartels alimentaire.

Tout est là, à portée de main...
(à suivre...)
NEMo

120 heures et plus.

On a appris la semaine dernière que tout plein de denrées avariées passaient la frontière du côté de Genève parce que, semble-t-il, les  transporteurs faisaient des économies sur l'entretien des frigos de leur véhicule. Si faire cuire le saumon est nettement moins grave que de faire exploser un apparte du côté d'Yverdon, la conscience professionnelle se perd. Irrémédiablement.
Toutes les prestations sont revues à la "baisse", entraînant dans son sillage la "Qualité" du service. Il y a même certains horodateurs des CFF qui n'ont pas suivi le passage à l'heure d'hivers.

Mais nos politiciens veillent aux grains.
Mme De Quattro part en croisade contre les dealers des rues, la lutte contre la fraude au bancomat se renforce, tous se mobilisent pour garder une pharma en terre vaudoise, et la bataille est lancée à Berne.
"Dans l'intérêt du pays", c'est la ruée sur la truffe: Mme E.W.-S se battra pour rester au Conseil fédéral, et elle prépare une nouvelle taxe sur l'énergie pour la sortie du nucléaire.
Cette attirance pour la Berne fédérale est-elle motivée par la gourmandise du caviar produit localement ou pour soutenir les Indignés persistant à Berne, Zurich et Genève?

La bataille est bien lancée et fait rage autour de la tête de nos enfants. Faut-il légiférer sur le port du casque de nos petits enfants à vélo? Il n'y a que des politiciens pour créer une polémique sur ce sujet. Les parents, eux, n'y réfléchissent pas à deux fois quand il s'agit de la sécurité de leurs bébés chéris gouzi-gouzi.
Quoique... en voyant certaines mamans faire descendre de leur 4X4, côté route, leur enfant qu'elles mènent en garderie, je me pose des questions.

Toujours chez nous, mais en campagne. La passion paysanne, en plus d'être mal rémunérée, est dangereuse: Un paysan de 20 ans meurt au volant de son tracteur, après en avoir perdu le contrôle (?!), un autre de 25 ans péri écrasé par son engin, et un sexagénaire fait des tonneaux avec le sien. Le séxagénaire souffle dans le ballon, et les assureurs paient la remise en état des véhicules. Un autre paysan, de 58 ans, se fait tuer par un taureau. La bête a été immédiatement abattue.
Réglement de compte entre Kosovars dans la Broye, et entre jeunes amants dans le Valais.

Encore chez nous, mais dans quatrième dimension économique:
Le franc fort toujours en tête du Hit-parade des motifs de licenciements et autres restrictions budgétaires.
Ruag licencie et le Lausanne-Palace dégraisse. L'UBS a giclé 600 emplois, le Crédit Suisse plus de 500.
Novartis mais la pression sur 1'100 têtes, Kudelski s'est séparé de 90 collaborateurs et la liste de Schindler comportait un trentaine de noms. Le groupe zougois Petroplus perd 129,6 millions de francs, et les guichets rapportent moins à la Poste. Pas étonnant: en sachant que le temps que passe chaque "client" devant le guichet est chronométré, le pauvre buraliste a vraiment très très peu de temps pour faire son travail d'épicier.
On nous annonce également que les ventes des détaillants chuteront de 25%l lors des fêtes de fin d'année.
Cependant la Migroche, qui a profité de la cherté du franc pour alléger son personnel, nous propose, entre autres:
30% de rabais sur les framboises et les courgettes d'Espagne, et les tortellinis M-classic; 40% sur le ragoût de boeuf Suisse et 50% sur le civet de chevreuil...
Allons-nous apprendre à acheter "lucide"?
Ah j'oubliais: un demi-point de baisse sur les rentes du deuxième pilier...

Vevey va appliquer une politique de rigueur:
Avec un budget 2012 déficitaire estimé à 5 millions de francs, la ville doit faire des sacrifices, et prendre des décisions "qui vont indéniablement entraîner une relative diminution des prestations à la population". Parole de Groucho.
Je ne sais plus combien d'années de majorité socialiste pour en arriver là...
Et si leur cher syndic allait tout simplement "sonner" chez Nestlé pour qu'ils paient, une fois, leurs impôts...?

Comme si cela ne suffisait pas, on nous en remet une couche quelques jours plus tard:
"2012: l'année de tous les dangers pour l'économie suisse", tandis que la "une" du cahier emplois de 24 heures nous propose en lecture: "Bien réussir son départ, sachez démissionner", sur la gauche de la page et sur la droite: "L'incertitude gagne le marché de l'emploi." Ca fait bizarre...
Et à quand une rubrique: "Débauche"?

Cependant, la morosité des marchés n'atteint pas les futurs blancs sommets qui nous cernent. Torgon s'offre trois canons à neige de plus, et toutes les stations de moyenne altitude rêvent de canons à neige obligatoires, en plus d'un soutien financier de la part de la Confédération...
Réchauffement climatique? Cela ne les concerne pas. Les montagnes c'est fait pour être blanc! Quitte à vider des nappes phréatiques qui ne se sont toujours pas remises de la sécheresse 2003..!

Hors frontières: Papandréou s'est transformé en morpion, pendant quelques jours, en irritant les Bourses avec son annonce d'un référendum sur le plan de sauvetage de son pays. Un seisme politico-financier disaient certains... En tous cas, Papandréou est passé au "grill" en "before" du G20 à Cannes. Nicoela Merkozy n'appréciant que très modérément tout ce qui pourrait ressembler, de près ou de loin, à de la démocratie.
Acculée, avant d'être "en", la Grèce finit par renoncer au vote... Et les participants du G20 applaudissent !?!?

Heureusement que chez nous, en Suisse, les valeurs démocratiques sont farouchement défendues: "Qu'une autorité fasse pression sur des citoyens pour empêcher une autre autorité de remplir son rôle n'est pas admissible en démocratie." Parole d'élu valaisan s'exprimant sur l'ordre/conseil donné par un chef de service, à l'un de ses subordonnés, pour lui conseiller de taire une erreur médicale survenue à l'Hôpital du valais.... ET non pas en commentaire sur le comportement des participants du G20 (Un G20 qui n'a pas d'autorité légitime, soit dit en passant).
Ce genre de magouille n'existe pas chez nous. Souvenez-vous d'UBS...

Les fausses bonnes nouvelles:
"Super Mario" a pris les rênes de la BCE, et revu le taux directeur à la baise tandis qu'une petite erreur de calcul allègeait la dette irlandaise de 3,6 milliards. Aucuns liens, mais ça s'enchaîne bien. (Succinctement, le Taux directeur désigne les taux d'intérêts des opérations que pratiquent les banques centrales pour orienter le marché monétaire.)
Remontée extraordinaire de Caterpillar qui a augmenté son bénéfice de +44%. Tant mieux, ils ont pu utiliser les chasses-la-neige pour affronter le tempête de neige précoce qui s'est abattue sur les States.
Et Xamax échappe à la faillite...

En Orient: Le président syrien promet un séisme régional si l'on touche à son pays; Washington et Londres seraient entrain de préparer un raid sur l'Iran et, pendant que la question du bombardement sur l'Iran divise le gouvernement israëlien (dans le doute abstenez-vous), "Charlie Hebdo" explose...

Le président afghan lance un appel à la solidarité et la ministre de l'information pakistanaise annonce:
"Notre gouvernement a approuvé le projet de faire de l'Inde la nation la plus favorisée."
Même en le ré-écrivant, j'ai de la peine à saisir... ou peut-être qu'il faut investir dans l'immobilier en Inde. Vais demander à Myrette ce qu'elle en pense...

Un petit moment d'indignation en apprenant que les "Liquidateurs" de Tchernobyl, enfin ceux qui ont survécu, ont violemment manifesté contre une loi visant à supprimer leurs avantages sociaux. Ils seront bientôt rejoints par leurs homologues japonais : un réacteur de Fukushima serait entré en fission.

Croisement d'infos: "Trop de porno rendrait impuissant" et entre 2005 et 2010 un jurassien a vendu 12'000 pilules contre l'impuissance. Ceci expliquant peut-être cela, les cabinets de chirurgie esthétique se recyclent: Bistouri pour chiens coquets et implants en silicone pour les testicules de Médor. Benoît, tu sais ce qu'il te reste à faire...

Confidence: Un boeing sur le ventre: "J'ai eu très peur." Je suis perplexe...

Les sorties détentes (passées):
Il y avait soirée celtique à Bercher, course en forêt du côté d'Echallens, des effeuilleuse au "Rocking Chair" de Vevey (restrictions budgétaires, petites tenues) et spectacle de marionnettes à Monthey.
Par contre sur La Côte c'était: Récolte de cacahuètes à Bursins ou manif de soutien aux ouvriers de Novartis, avec quatre ministres en "Guests-stars"...

Deux bons conseils:
Allez voir "Intouchables" et écouter Linda Lemay, son concert est magnifique (parole d'Anémone).

Sur ce, j'vais m'coucher.
NEMo

samedi 5 novembre 2011

Le Slow down du Fair Play.

Le "Fair-Play": un joli slogan utilisé par les milieux sportifs pour tenter de calmer les esprits des "joueurs" et des supporters, puis repris par divers organes de sécurité routière qui ont placardés ce message "pacificateur" le long des chemins de goudron.
Ca, c'était quand j'étais jeune...
De nos jours, la mission visant à modérer nos ardeurs motorisées a été confiée à un clone de Zucchero et son équipe de Grass band.

Je souhaite que le message "Slown down, ticket assis" passe bien en zone péri-urbaine parce qu'en ville, c'est quand même un peu loupé!

Mais avant de taper sur les automobilistes, tous ce a qui deux roues, motorisé ou non, et au passage: les piétons, je dis un grand "MERCI" à tous ceux, et celles bien entendu, qui arrêtent leur moteur au feu rouge, et qui ne confondent pas circulation routière avec un lâché de taureaux en Estremadura.
Si,si, cela existe...

Pour les autres, je ne sais vraiment pas par quel bout commencer. Jeunes, vieux, riches, moins riches, pâles, brunis, rosés ou verdâtres, Nescafards ou RMistes, hommes ou femmes, c'est le même combat:
Tracer le plus rapidement possible du point "A" au point "B".
(Nestlé a provisoirement installé un de ces radars "passif" dans son enceinte privée... Le radar qui vous informe à quelle vitesse vous roulez.)

La route semble être devenue l'arêne dans laquelle s'affrontent les "classes" sociales. Et dans cette confrontation quotidienne, la plus grosse carrosserie, et cylindrée, l'emporte...
Excepté pour les cyclistes qui eux misent justement sur leur "faiblesse" pour forcer le passage, et faire toutes les crasses possibles aux automobilistes et aux piétons...

Comme il faut bien commencer par quelqus uns, prenons notre jeunesse.
Tant qu'ils ne se seront pas fait ZE grosse frayeur (sans suites graves), que les lois incontournables de la physique ne les auront pas rappelé à l'ordre, et que papa continue de payer essence et pneus, c'est franchement pas Top. Le pire de la jeunesse..? Elle n'est pas autochtone (n'en déplaise à mes convictions), et roule "Allemande". Avec une mention spéciale, sur la Riviera vaudoise, pour les étudiants des Ecoles hôtelière sise sur les hauts de Montreux.

Nos retraités? Ils sont quasiment tous dépassés par l'intensité et la folie de la circulation. Et certains ne se rendent même plus compte quand leur véhicule heurte un obstacle...

Entre deux: c'est la gabegie presque totale et l'on foule de l'accélérateur pratiquement l'intégralité du Code de la route sans se soucier de la gêne, ou des risques encourus par les autres usagers qui utilisent le domaine public. Le partage sur les artères d'un centre-ville? Il est forcé!
Chaque automobiliste a les yeux rivés sur le capot de sa voiture. Normal me direz-vous.
Celui qui forcera sa priorité pour se retrouver coincé, au beau milieu d'un carrefour, sortira de sa poche revolver une paire d'oeillères invisibles, tandis que la nescafarde, du haut de son SUV 4X4, relèvera son menton. Klaxons, énervements, insultes et prises de mains.

Les scooters sont des catas ambulantes (dépassements bilatéraux et slalom spécial traffic), la qualité des motards est quand même à la baisse, et trop de piétons abusent de leur priorité absolue, en croyant qu'il suffit d'appuyer sur "Pause" pour stopper un véhicule d'une tonne et demi minimum, ou n'importe quels autres engins motorisés ou non.

Quant à espérer que les forces de l'ordre viennent mettre un peu d'ordre dans ce tohu-bohu, autant attendre de voir le reflet de la Vierge sur le miroir de la salle d'eau.
Quand les "Bleus" débarquent à la Gare de Vevey, ce n'est pas pour disperser les voitures stationnées sur les trottoirs, sur la piste cyclable ou encore sur le passage à piéton, mais pour se la péter pouces au ceinturon et aller faire les "jolis-coeurs" auprès des vendeuses de sandwiches dans le hall principal...

Non. Là j'éxagère un peu. Hier soir un agent de police a demandé à une voiture mal stationnée de se déplacer, pour pouvoir sortir la voiture de patrouille.
La dame a mis sa voiture sur le trottoir-terrasse de l'Astra, sous les yeux du flic, qui est parti sans rien dire...

Welcome to Nestlé-City, ville d'image.

NEMo
(qui va encore prendre des bûches pour avoir râlé...)

jeudi 3 novembre 2011

Un réseau serré d'amitiés haut placées.

"Ex-directeur de Goldman Sachs, M. Robert Rubin dirigea le conseil économique national créé par M. William Clinton (1993-1995), avant de devenir son ministre des finances (1995-1999). Il a contribuer à "rassurer" les milieux financiers ens e faisant notamment l'apôtre fervent de la déréglementation.

Sous la présidence de M. George W. Bush, deux autres ex-patrons de la banque d'affaires ont joué un rôle politique important, dans différentes branches du gouvernement et, pragmatisme oblige, au sein des deux grands partis.
M. Henry Paulson fut de 2006 à 2009 ministre des finances (et principal architecte du sauvetage du système bancaire), tandis que M. Jon Corzine fur élu sénateur (démocrate) du New Jersey en 2000 - après avoir dépensé 62 millions de dollars de ses propres deniers dans ce qui constitua alors la campagne sénatoriale la plus coûteuse de l'histoire américaine -, puis gouverneur de cet Etat entre 2006 et 2010.

D'autres hauts responsables de Goldman Sachs, moins en vue, ont exercé une influence politique non moins considérable, en particulier lors de la récente débâcle financière. M. Neel Kashkari fut un protégé de M. Paulson chez Goldman Sachs avant de le suivre au Trésor, où il devint, à 35 ans, le grand ordonnateur du programme TARP (Troubled Asset Relief Program), qui lui permit de distribuer 700 milliards de dollars aux institutions financières en quête de recapitalisation.
Quant à M. Stephen Friedman, ancien patron de la banque, il arborait au moment de la crise financière trois casquettes: administrateur de Goldman Sachs, président de la Commission présidentielle sur le renseignement et président de la Réserve fédérale de New-York, l'organisme de tutelle de Goldman Sachs.

Au vu de ce système d'influence, les médias ont souvent surnommé la banque d'affaires "la Firme", voire "Government Sachs". Toutefois, il n'y apas qu'aux Etats-Unis que l'entreprise fait office d'antichambre du pouvoir. Les italiens Romano Prodi (ancien premier ministre) et Mario Draghi (président de la banque centrale italienne, et désigné pour gouverner la Banque centrale européenne à la suite de M. Jean-Claude Trichet, à partir de ce mois de novembre 2011) avaient été auparavant conseiller et vice-président pour l'Europe de Goldman Sachs.

Naquère directeur général de la banque à Londres, le Nigérian Olusegun Aganga est aujourd'hui "tsar économique" de son pays. Parfois de belles carrières politiques sont couronnées par un pantouflage. C'est le cas de M. Peter Sutherland: ministre de la justice d'Irlande, puis commissaire européen à la concurrence et directeur général de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), il préside à Londres Goldman Sachs international.

De Ibrahim Warde.
N.

mercredi 2 novembre 2011

Bâtisseurs de ruines.

Article de Pierre Rimbert, Manière de voir N° 119,
en partage avec vous.

Avec trois décennies de recul, l'assujettissement des économies au pouvoir des banquiers paraît limpide. Il procède d'une triple automutilation des Etats. La première intervient à partir des années 1970 lorsque les puissances publiques s'interdisent d'emprunter directement à leur banque centrale; il leur faudra donc se tourner, à grands frais, vers les marchés. La deuxième découle de l'amputation des recettes fiscales. La troisième dérive de la déréglementaion du commerce de l'argent. Dès lors, les institutions de crédits prennent la barre. Au début des années 1990, les profits des banques américaines dépassent ceux de l'industrie manufacturière.

Ce mouvement n'est pas inédit. Analysant la financiarisation de l'économie britannique à la fin du XIXè siècle, l'économiste John Hobson notait que l'univers de la banque et de la Bourse "forme le ganglion central du capitalisme international". La City prenait le pas sur l'industrie. Mais cette évolution annoncait l'automne de la domination anglaise: le centre du capitalisme se déplacait vers l'Amérique. Pour le sociologue Giovanni Arrighi, chacun des cycles d'accumulation qui se succèdent depuis la fin du Moyen-Age se compose ainsi de deux phases d'expansion, l'une matérielle et l'autre financière. Cette dernière prélude au déclin et au basculement d'un centre vers un autre: de Gênes (XVè-XVIè siècles) aux Pays-Bas (XVIIè-XVIIIè), à la Grande-Bretagne (XIXè), aux Etats-Unis (XXè). Et, cette fois, de Wall Street à Shangaï?

En attendant, les gouvernements occidentaux héritent d'une même équation: moins de recettes, plus de besoins, une dépendance accrue vis-à-vis des créanciers. La plupart acceptent comme une fatalité que le système fonctionne à l'envers. En théorie, les banques conçues comme des pompes à crédit financent l'économie; en pratique, l'économie finance des conglomérats bancaires actifs dans tous les métiers du capital: dépôt, investissement, ingénierie financière, assurance. L'emprise qu'ils excercent sur notre quotidien - vivre sans compte en banque, chose courante il y a seulement quarante ans, n'est plus guère envisageable - se transpose à chaque échelon de l'activité économique. Ce renversement ne fut pas immédiatement perceptible. Longtemps on mit sur le compte des "excès" de l'innovation le surgissement de crises apparemment sans lien: faillite des caisses d'épargne américaines à la fin des années 1980, naufrage de la banque Barings en 1995, effondrement frauduleux en 2001 de l'électricien Enron devenu courtier en produits dérivés. Par son ampleur et sa violence, la crise des subprime a fait apparaître depuis 2007 le fil rouge qui relie ces jalons. Elle révèle à l'échelle planétaire l'état du système financier: "Un pur et colossal système de jeu et de tripotages", d'après le mot de Marx.

Aux Etats-Unis, en Espagne, en Irlande, les banques avaient spéculé sur la hausse infinie de l'immobilier. Elles ont perdu. Lestées par leurs dettes irrécouvrables, mais jugées trop centrales pour couler sans entraîner avec elles l'ensemble de l'économie, elles ont transféré leurs pertes aux Etats. Lesquels, plombés à leur tour, présentent la note aux populations sous la forme de plans d'austérité. C'est que la spéculation n'est pas un jeu d'esprit. A la base des montages les plus entortillés se trouve toujours un actif réel (un "sous-jacent", disent les courtiers): une valeur, c'est-à-dire du travail humain. Quand la pyramide s'écroule, quelqu'un doit payer. Faire travailler les peuples pour rembourser les banques, tel est le sens de la rigueur décrétée par les gouvernements.

En Août dernier, la Banque centrale européenne (BCE) détaille les conditions de son aide à l'Italie. "En premier lieu, raconte Le Figaro, elle demande à M. Silvio Berlusconi de procéder par décret, d'application immédiate, et non par projet de loi, que le Parlement met toujours du temps à approuver." Court-circuiter les Parlements ne suffit pas. "S'agissant du code du travail en vigueur depuis 1970, la BCE  demande de rendre plus flexibles les procédures de licenciement et de privilégier les accords au sein des entreprises aux conventions sectorielles négociées à l'échelon national. C'est un point capital: M. Sergio Marchionne, le patron de Fiat, ne cesse de dénoncer la rigidité de l'embauche et des licenciements." Que des banquiers centraux somment M. Berlusconi, troisième fortune d'Italie, d'accéder aux requête du patronat ne comporte au fond rien de très surprenant. Les classes dirigeantes de Dublin, Athènes, Madrid, Lisbonne ont elles aussi accepté sans trop rechigner leur mise sous tutelle. Leurs intérêts n'en pâtiront pas... Aussi, l'erreur serait de considérer la puissance dévastatrice des banques hors de la configuration sociale qui l'engendre.

Comme l'alchimie, le commerce débridé de l'argent repose sur le mythe de la création de richesse ex nihilo. Il ne s'amende pas, il ne se régule pas. Il s'effondre.

N.

Travailler plus pour... quoi au fait?

Au début de l'avénement "internet" je connaissais un type très sympa qui bossait pour IBM, une callure en informatique, qui nous réglait tous nos petits soucis que nos vieilles gimbardes à puces multitransistorisées nous causaient, au père et à moi.
Il avait beaucoup de choses pour être heureux: le job, une femme adorable et deux bambins mâles...
Petit "hic", il passait son temps en déplacements, de court déplacements de 1 à 3 jours en zone euro, et vivait à fond la "révolution" informatique qui s'annoncait.

De mon côté j'étais plutôt sceptique à l'égard de cet "outil" qui permettrait de "travailler plus vite", "travailler à distance", et surtout de "gagner du temps". Je voyais dans cet appareil la fin du lien "Humain", et l'emprisonnement de l'homme dans le "travailler plusssss".
D'ailleurs je lui ai posé, un jour, la question suivante:
"Si grâce à toute cette informatique tu peux faire en trois jours la même quantité de travail que tu ferais en une semaine, est-ce que les deux jours que tu as "gagné" tu vas les consacrer à ta famille...?"
Sa réponse fut négative.

Il quittât IBM pour signer à LA banque allemande, et l'on s'est perdu de vue. Non pas qu'il ait déménagé, mais ses déplacements professionnels s'allongèrent, tandis que ses fils, sa fierté, grandissaient.
Cela n'a pas raté. Trois ans plus tard, la famille joyeuse se séparait puis, divorçât.

Voilà pour la petite histoire triste.

Travailler plus pour le même salaire, le truc qui fait grimper les murs aux syndicalistes, est une réalité effective pour tous ceux et celles qui ont, comme outil de travail, un ordinateur et tous les "accessoires" qui sont soudés avec.

Sans rentrer dans le détail du "pouquoi du comment", une part sans cesse croissante des employées de commerce et des secrétaires, pour ne parler que d'elles, ramènent au domicile et sur leur compiouteur la part de travail qu'elles n'ont pu achever pendant les heures de bureau.
Ce temps consacré à: "finir les plannings de la semaine", à "une mise jour de la compta", à "finir d'installer de nouveau programme..." ou "écrire la lettre de la dernière minute du boss qui l'avait oublié sur le coin de son bureau", ce temps là est gracieusement offert sans aucunes compensations, ni contre-parties.
Les heures de travail à domicile sont à la gloire de l'entreprise...

L'autre aspect pervers de cette informatisation excessive du monde professionnel se cache derrière la "rapidité" de transfert des données et des courriers.
Pour la plupart d'entre-nous, les consommateurs, le fait de "cliquer" sur "envoyer", et de lire le petit message qui s'affiche sur notre écran d'ordinateur:
"Votre message a bien été envoyé."
signifie pour nous: "Lu", par le destinataire.
Cela demande, à défaut d'une réponse immédiate, un accusé de réception, ou une confirmation de commande assortie d'un "délai de livraison" et, petite kirsch sur la Forêt Noire, un petit "mail" matinal nous informant que l'article sera posté "aujourd'hui".

Cette immédiateté dans la correspondance déborde et influe aussi sur notre vie privée. Si nous acceptons que nous ne puissions tous être "rivé" sur notre boîte à miel, les réponses tardives à nos SMS, textos & co sont assez mal perçus et peuvent parfois provoquer de sacrée crise diplomatique...

Ramené en milieu "commercial", ce "tout, tout de suite" nourrit notre insatiable frustration; transforme un épicurien en ogre vorace, un hédoniste en un irrésponsable inconscient et fait de nous une bande de gamins capricieux.

Et c'est dans cette intenable "impatience" que réside la perversité de ce système:
Parce que sans cesse soumis aux éxigences grandissantes des consommateurs qui souhaitent une satisfaction instantanée, et sachant qu'il est devenu extrêmement facile de faire parvenir des courriels à la "Direction", les employés (travailleurs-consommateurs) n'ont d'autres choix que de tout faire pour combler nos désirs. Ainsi les patrons n'ont plus besoin de "stresser" leurs employés, car les clients (consommateurs-travailleurs) s'en chargent.
Nous nous en chargeons, et parfois même très bien...

NEMo